"Pour vivre heureux, vivons cachés, lance Fabrice Brion, CEO de la pépite wallonne I-Care. L'essentiel est que nous soyons très fortement connus dans les milieux de nos clients, à savoir les milieux industriels." Et pour être connue, l'entreprise est connue ! Celle qui réalisait l'an dernier un chiffre d'affaire de 34 millions d'euros et emploie 325 personnes (dont 200 en Belgique) est ni plus ni moins leader de son secteur en Belgique et en Europe, et se classe dans le top 5 mondial des spécialistes de la maintenance prédictive des machines industrielles.

De quoi s'agit-il exactement ? Grâce à des capteurs installés sur les machines (ses propres capteurs ou les capteurs de concurrents), I-Care surveille différents paramètres tels que les vibrations, les bruits émis, les lubrifiants, les dégagements de chaleur, etc., et prédit avec le plus de précision possible le moment où il va falloir remplacer telle ou telle pièce. "En fonction des équipements, les prévisions peuvent aller de quelques semaines à 18 mois dans certains cas", précise le CEO.

40 clients à l'étranger

Rien qu'en Belgique, l'entreprise compte plus de 200 clients : de Delhaize à Lutosa en passant par tous les producteurs d'énergie et les "big pharma" que sont GSK, Takeda ou encore Sanofi. Si I-Care travaille pour tous les secteurs, certains sont particulièrement porteurs. C'est le cas des secteurs dits du process (pharma, agro-alimentaire, chimie et pétrochimie), de l'énergie (de l'éolien jusqu'au nucléaire) et de l'extraction (mines, carrières, etc.). "Ces secteurs sont très intéressants pour nous car ils ont tous un intérêt à réduire soit leurs coûts d'entretien, soit les problèmes de qualité, soit encore les risques pour l'environnement ou la sécurité", explique le responsable.

Pour toucher des multinationales lui permettant d'entrer dans plusieurs marchés en même temps, I-Care a multiplié les filiales. Elle en compte aujourd'hui huit en Europe (Belgique, Italie, Pologne, France, Allemagne, Suisse, Espagne, Pays-Bas) et trois hors d'Europe (Corée du Sud, Etats-Unis, Australie). "Nous avons dans chacun de ces pays un bureau, une entité juridique et du personnel, précise le patron. Celui-ci installe les capteurs et intervient en cas d'urgence. Le lien commercial doit, je pense, toujours être établi localement ; le travail d'analyse des données pouvant quant à lui être effectué à distance, depuis Mons." L'entreprise travaille déjà avec 40 clients en dehors de Belgique. En début d'année, elle signait le plus gros contrat de son histoire aux Etats-Unis. D'un montant de 4 millions de dollars, celui-ci concerne les 46 usines d'un important fournisseur d'énergie, réparties sur quatre Etats américains.

J.L.