93% des jeunes de moins de 30 ans sont favorables à l'entrepreneuriat et 43% d'entre eux envisagent de créer une société. Mais ils sont à peine 3% à passer à l'acte au terme de leurs études. "La mission des écoles et des universités ne comprend pas l'encadrement des étudiants-entrepreneurs. Une fois formés, ceux-ci se sentent souvent esseulés au moment de franchir le pas", souligne Sophie Joris, directrice du VentureLab.
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93% des jeunes de moins de 30 ans sont favorables à l'entrepreneuriat et 43% d'entre eux envisagent de créer une société. Mais ils sont à peine 3% à passer à l'acte au terme de leurs études. "La mission des écoles et des universités ne comprend pas l'encadrement des étudiants-entrepreneurs. Une fois formés, ceux-ci se sentent souvent esseulés au moment de franchir le pas", souligne Sophie Joris, directrice du VentureLab.Le VentureLab, le chaînon manquantLe VentureLab est un incubateur destiné aux étudiants et aux diplômés depuis moins de deux ans de l'enseignement supérieur des provinces de Liège et de Luxembourg. Initié par l'université de Liège en 2014, il a engendré jusqu'à présent 73 entreprises (dont 82% sont toujours actives) et 171 équivalents temps plein à grand renfort de 17 coachs en résidence et de 157 experts qui viennent y partager leurs expériences. "L'individu est au centre de notre culture d'entreprise", poursuit Sophie Joris.Le VentureLab constitue le chaînon manquant qui permet aux jeunes de prendre les commandes de leur avenir, de créer leur propre emploi et celui d'autres personnes, et de redynamiser le tissu économique. "Il existe deux statuts mis en place respectivement par les établissements scolaires et le gouvernement grâce auxquels les étudiants peuvent aménager leurs sessions d'examens et bénéficier d'un régime avantageux de cotisations sociales. Au VentureLab, ils participent à des formations ou événements spécialement conçus pour les guider dans les différentes démarches de la création d'entreprise. Un coach personnel et une équipe pluridisciplinaire d'experts les entourent. Enfin, un espace de coworking est mis à leur disposition au sein de notre incubateur situé au centre de Liège", détaille Sophie Joris. "Le VentureLab nous a donné accès à des outils pour élaborer notre business model. En plus de renforcer notre crédibilité pour trouver des partenaires et des financements, il nous a permis de profiter de conseils avisés, de développer notre réseau et d'aiguiser nos soft skills", ajoute Antoine Dessart, cofondateur de l'application Hytchers qui vole aujourd'hui de ses propres ailes.Hytchers, le covoiturage de colisFondée en 2016 au sein du VentureLab par Antoine Dessart et Jonas Douin, Hytchers est une solution de livraison qui s'inscrit dans l'économie collaborative. Animés par le boom de l'e-commerce (nombre croissant d'e-shops, de colis et de camionnettes sur nos routes), les deux entrepreneurs sont également partis du faible taux d'occupation des voitures pour faire germer l'idée d'optimiser les flux existants en vue de transporter des colis. En collaboration avec les géants Total et Europcar, Hytchers (de l'anglais hitchhiking qui signifie "autostop") propose une solution win-win-win pour le vendeur, l'acheteur et l'automobiliste. Concrètement, le commerçant dépose un colis - à expédier à la suite d'une commande passée sur sa boutique en ligne - dans une station-service ou une agence de location de voitures partenaire. Le paquet est ensuite pris en charge par un livreur, qui fait un détour de six minutes maximum par rapport à son itinéraire initial préalablement encodé dans l'appli. Quant au client, il suit sa commande en temps réel et récupère son colis dans un point-relais Hytchers proche de son domicile ou de son lieu de travail. "L'idée est d'encourager les automobilistes à rentabiliser leurs trajets, il ne s'agit pas de les inciter à rouler davantage. Nous ne les rémunérons donc pas en espèces sonnantes et trébuchantes. Pour chaque colis livré, ils accumulent des points à échanger contre du carburant par exemple", explique Antoine Dessart. Économique pour les trois parties, Hytchers se veut aussi écologique. "Nous calculons le nombre de kilomètres parcourus et la quantité de CO2 émise par nos utilisateurs. Sur cette base, nous finançons des projets environnementaux pour compenser 100% de ces émissions."Un système de livraison moins rapide ? "Il faut compter un délai de 1,7 jour en moyenne et de 4 jours maximum", précise Antoine Dessart. Or cette pression du délai est moins forte sur le marché du retour de colis auquel Hytchers a récemment décidé de répondre. "Quand un client passe une commande, il veut en disposer le lendemain, surtout dans l'industrie de la mode. Dans le cas d'un renvoi, la rapidité est un paramètre moins sensible", indique Antoine Dessart.Aujourd'hui Hytchers compte 9.000 utilisateurs en Belgique. Grâce à l'appui d'investisseurs, Antoine Dessart et Jonas Douin ont pu engager trois collaborateurs. Une success story qu'on leur souhaite de pouvoir poursuivre au-delà de nos frontières.