Un tiers de la production alimentaire mondiale n'est pas consommé. En Belgique, chaque habitant jette en moyenne 345 kg de nourriture par an. Un gaspillage présent à toutes les étapes de la chaîne : de la production à l'achat et la consommation des aliments, en passant pas leur transformation et leur distribution.
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Un tiers de la production alimentaire mondiale n'est pas consommé. En Belgique, chaque habitant jette en moyenne 345 kg de nourriture par an. Un gaspillage présent à toutes les étapes de la chaîne : de la production à l'achat et la consommation des aliments, en passant pas leur transformation et leur distribution. Ce constat, Ludovic Libert et Aurélien Marino l'on tiré après avoir entamé leur carrière dans la chimie et de la pharmacie. " Des domaines dans lesquels le gaspillage est aussi très important, témoigne Aurélien Marino. Cela nous a incités à nous renseigner davantage et permis de découvrir que l'agroalimentaire était un des secteurs les plus touchés par ce problème. "Le duo décide alors d'y remédier à son niveau en créant Happy Hours Market, un marché 2.0 " anti-gaspi ". Hébergée dans le Start.LAB de l'ULB depuis avril 2018, cette start-up lance une phase test dès août dernier, puis inaugure son premier service le 18 février dernier, dans la Région bruxelloise. Marketing ciblé Le principe est simple. Du lundi au vendredi, en fin de journée, les deux entrepreneurs récupèrent les invendus d'un supermarché, d'une boucherie, et d'un restaurant-épicerie fine situés dans le quartier du cimetière d'Ixelles. Proches de leur date officielle de péremption (le jour même ou le lendemain), les produits sont ensuite mis en ligne sur le site internet www.happyhours.be à partir de 20 h où ils sont vendus à moitié prix. Chacun a alors le loisir de les réserver, puis de venir les chercher jusqu'à 22 h au point de dépôt (un camion) situé sur le campus de l'ULB. Quant aux aliments qui n'ont pas trouvé preneur, ils sont offerts aux " frigos partagés " d'Ixelles et de l'ULB. Puisque les produits sont cédés gratuitement par les commerçants, la totalité des revenus tirés de leur vente revient à Happy Hours Market. " Mais une partie est utilisée pour faire du marketing ultra-ciblé en faveur des magasins participants, pour mettre en avant leur initiative 'zéro gaspi' ", explique Aurélien Marino. Autour du camion, sur les réseaux sociaux, une communauté est en effet en train de grandir. En participant à cette action, les magasins peuvent donc espérer séduire ou fidéliser des habitants du quartier. " Nous commençons aussi à mettre en place une analyse des invendus des magasins ", poursuit Aurélien Marino. Objectif : détailler aux commerçants les produits qu'ils cèdent le plus afin qu'ils en commandent moins. " Pour qu'un jour, Happy Hours Market ne soit plus qu'un système de conseils aux magasins pour éviter le gaspillage ", avance le cofondateur de la start-up. Bientôt Flagey Développée en fonds propres, la start-up devrait lancer un crowdfunding dans quelques semaines pour acheter un second véhicule et poursuivre son développement. Ce service sera ainsi très bientôt disponible près de la place Flagey, toujours à Ixelles. L'idée est de reproduire le même circuit court : parcourir le moins de kilomètres possibles pour récupérer les invendus, les revendre aux riverains ou les céder aux associations du quartier, tout en assurant un marketing local aux magasins partenaires. Mais si son succès va croissant, la start-up ne risque-t-elle, in fine, de priver ces associations de tous ces invendus ? " En Belgique, 10.400 tonnes de nourriture sont jetées par jour, explique Aurélien Marino. Le milieu associatif en récupère à peine plus de 10.000 par an... Il y a donc encore une marge importante. "