C'est Colruyt qui a sorti la première mesure de contingentement. Depuis le 18 mars, la chaîne de supermarchés (enseignes Colruyt et Okay) limite les quantités pour les achats de farine et d'huile à deux articles par catégorie. Objectif: éviter les phénomènes de stockage qui avaient vidé les rayons au début de la pandémie, en 2020. Aldi et Carrefour ont suivi. Lidl aussi, dans des proportions différentes: l'enseigne a ajouté à la liste des articles rationnés le papier WC et les légumes en conserve.

La guerre en Ukraine a créé une incertitude sur certains approvisionnements, à tout le moins une perspective de hausse des prix. La Russie et l'Ukraine représentent en effet plus de 25% du marché du blé, et sont d'importants producteur d'huile de tournesol. Depuis le début du conflit, le cours du blé sur la place de Chicago, la référence du marché, a doublé. Il est devenu impossible à l'Ukraine d'exporter ses céréales, et acheter à la Russie est difficile à cause des sanctions sur les systèmes de paiement (Swift). La hausse des tarifs de l'énergie pèse aussi sur le secteur agroalimentaire.

"Un élément dont on parle moins est que la Russie est un énorme producteur d'engrais azotés", relève Pierre Alexandre Billiet , CEO de la revue Gondola, qui couvre le secteur de la distribution belge. Leur coût a fortement augmenté et la Russie, qui représente 40% des exportations d'engrais azotés, menace d'arrêter ses exportations. Sans engrais, il est difficile d'atteindre les niveaux de productivité agricole actuels. Tout cela perturbe la filière.

Delhaize en retrait

L'inflation touche aussi les produits de substitution. "Par exemple, le prix de l'huile de colza a été multiplié par quatre ces deux derniers mois", note Pierre Alexandre Billiet , qui anticipe surtout une hausse des prix, pas une pénurie pour le marché belge. "Il faut relativiser. Des pays comme l'Egypte sont dans des situations plus difficiles, ils dépendent parfois à 90% du blé russe et ukrainien."

Certains distributeurs sont mal à l'aise avec ces mesures de rationnement prises par certains concurrents. "En fait, il y a très peu de produits manquants, déclare Roel Dekelver, directeur de la communication chez Delhaize. Nous n'avons donc pas pris de mesure. Nous sommes convaincus que ces décisions de limitation risquent plutôt d'inspirer une certaine incertitude. Nous voulons éviter une psychose. Il faut rester solidaire, et ne pas commencer à stocker. Nous discutons avec les fournisseurs. Il y a des alternatives. Les producteurs d'huile de tournesol peuvent par exemple changer la recette. Mais on n'en est pas encore là."

Reste que les prix augmentent, ou vont le faire. "En Belgique, les prix dans la distribution n'augmentent pas autant qu'ailleurs", note toutefois Pierre Alexandre Billiet , qui y voit l'effet d'une forte concurrence, en particulier dans le nord du pays. "Albert Heijn fait pression sur le marché en maintenant ses prix. Il est quasiment impossible pour la concurrence de suivre, sauf à vendre à perte", observe-t-il.

C'est Colruyt qui a sorti la première mesure de contingentement. Depuis le 18 mars, la chaîne de supermarchés (enseignes Colruyt et Okay) limite les quantités pour les achats de farine et d'huile à deux articles par catégorie. Objectif: éviter les phénomènes de stockage qui avaient vidé les rayons au début de la pandémie, en 2020. Aldi et Carrefour ont suivi. Lidl aussi, dans des proportions différentes: l'enseigne a ajouté à la liste des articles rationnés le papier WC et les légumes en conserve.La guerre en Ukraine a créé une incertitude sur certains approvisionnements, à tout le moins une perspective de hausse des prix. La Russie et l'Ukraine représentent en effet plus de 25% du marché du blé, et sont d'importants producteur d'huile de tournesol. Depuis le début du conflit, le cours du blé sur la place de Chicago, la référence du marché, a doublé. Il est devenu impossible à l'Ukraine d'exporter ses céréales, et acheter à la Russie est difficile à cause des sanctions sur les systèmes de paiement (Swift). La hausse des tarifs de l'énergie pèse aussi sur le secteur agroalimentaire."Un élément dont on parle moins est que la Russie est un énorme producteur d'engrais azotés", relève Pierre Alexandre Billiet , CEO de la revue Gondola, qui couvre le secteur de la distribution belge. Leur coût a fortement augmenté et la Russie, qui représente 40% des exportations d'engrais azotés, menace d'arrêter ses exportations. Sans engrais, il est difficile d'atteindre les niveaux de productivité agricole actuels. Tout cela perturbe la filière.L'inflation touche aussi les produits de substitution. "Par exemple, le prix de l'huile de colza a été multiplié par quatre ces deux derniers mois", note Pierre Alexandre Billiet , qui anticipe surtout une hausse des prix, pas une pénurie pour le marché belge. "Il faut relativiser. Des pays comme l'Egypte sont dans des situations plus difficiles, ils dépendent parfois à 90% du blé russe et ukrainien."Certains distributeurs sont mal à l'aise avec ces mesures de rationnement prises par certains concurrents. "En fait, il y a très peu de produits manquants, déclare Roel Dekelver, directeur de la communication chez Delhaize. Nous n'avons donc pas pris de mesure. Nous sommes convaincus que ces décisions de limitation risquent plutôt d'inspirer une certaine incertitude. Nous voulons éviter une psychose. Il faut rester solidaire, et ne pas commencer à stocker. Nous discutons avec les fournisseurs. Il y a des alternatives. Les producteurs d'huile de tournesol peuvent par exemple changer la recette. Mais on n'en est pas encore là."Reste que les prix augmentent, ou vont le faire. "En Belgique, les prix dans la distribution n'augmentent pas autant qu'ailleurs", note toutefois Pierre Alexandre Billiet , qui y voit l'effet d'une forte concurrence, en particulier dans le nord du pays. "Albert Heijn fait pression sur le marché en maintenant ses prix. Il est quasiment impossible pour la concurrence de suivre, sauf à vendre à perte", observe-t-il.