Solarec est à la fois un acteur local et global. Local, car l'essentiel de sa matière première provient de Wallonie. Basée au coeur du Luxembourg, c'est une filiale à 86% de la Laiterie des Ardennes (LDA Coop), une coopérative qui regroupe quelque 2.000 coopérateurs-producteurs. Le solde du capital se répartit entre Avesnois-Lait, Hochwald, Luxlait et Laitnaa. Et global, car elle se développe de plus en plus à la grande exportation, notamment en Asie où les produits laitiers rencontrent de plus en plus de succès. Les chiffres témoignent de la belle progression de Solarec, déjà lauréate en 2012 et 2016. Entre 2013 et 2017, le chiffre d'affaires a bien grimpé passant de quelque 340 à 504 millions d'euros. "Nous devrions tourner autour d'un montant similaire en 2018, précise Jean-Marie Thomas, responsable commercial et communication. En termes d'emplois, on compte actuellement 400 collaborateurs pour l'ensemble du groupe, qui reprend, outre Solarec, les autres sociétés filiales de la coopérative LDA Coop."

Nouveau directeur et nouveau site

Le début de cette année a vu arriver chez Solarec un nouveau directeur général, Louis Ska, qui connaissait déjà la maison par laquelle il était passé à l'aube de sa carrière. Ingénieur chimiste de formation, il est tombé dans le lait étant petit. "Je suis originaire du Hainaut et j'ai grandi dans une ferme, explique-t-il. Mon parcours professionnel s'est déroulé exclusivement dans l'agroalimentaire. J'ai notamment travaillé dans deux sites industriels de poudres de lait entre 2008 et 2011, ensuite aux Fromagers de Thiérache et de 2013 à 2018 chez Corman en tant que directeur général. Revenir dans la filière amont chez Solarec me tentait, d'autant que l'entreprise nourrit encore de belles perspectives de développement." Entre 2013 et aujourd'hui, le site de Recogne est passé de 850 millions de litres traités annuellement à plus de 1,25 milliard. Ce qui place la Gazelle luxembourgeoise à la deuxième place en Belgique derrière Milcobel. Au départ du lait, Solarec produit des poudres de lait, du lait UHT et du beurre. Auxquels vont bientôt s'ajouter une fromagerie à Baudour.

"Ce nouveau site nous permet de prétraiter le lait et de le 'préconcentrer', diminuant ainsi le nombre de camions nécessaires à son acheminement vers Recogne, précise le directeur général. En outre, il accueillera un nouvel outil de production de mozzarella. Dans ce cadre, une cinquantaine de postes seront créés." Cette mozzarella n'est pas celle que l'on imagine de prime abord, il s'agit en fait de pasta filata. "Ce type de mozzarella intervient dans la préparation des pizzas et de paninis, ajoute Jean-Marie Thomas. Nous nous adressons donc au marché B to B. L'idée est en fait de commercialiser soit des blocs d'une dizaine de kilos soit du râpé prêt à l'emploi, sur un marché en pleine croissance notamment en Europe ou dans les pays asiatiques, principalement le sud-est asiatique qui représente d'ailleurs aujourd'hui 80% de nos exportations de poudres de lait hors Europe." Si la consommation de lait faiblit en Belgique, ce n'est pas le cas sur les marchés émergents où le potentiel de croissance pour les produits à plus haute valeur ajoutée demeurera important dans les années qui viennent. Autrement dit, ce n'est pas prochainement que Solarec va être délogée du podium des Gazelles.