Déjà lauréate en 2016 dans la catégorie des grandes entreprises liégeoises, PhysIOL est à nouveau couronnée cette année. Un titre d'ambassadrice qu'elle pourra conserver pour les trois ans qui viennent mais qu'elle ne pourra plus revendiquer dans l'avenir, étant passée sous bannière américaine en décembre dernier. La pépite liégeoise a, en effet, été acquise par la société Beaver-Visitec International (BVI). Cette dernière est basée dans le Massachusetts dans la ville de Waltham, à une quinzaine de kilomètres de Boston, l'un des plus importants pôles de biotechnologie au monde. BVI conçoit, développe, fabrique et distribue des dispositifs chirurgicaux spécialisés et des packs opératoires customisés pour le secteur ophtalmologique. La transaction sera finalisée au premier trimestre de cette année. L'actuel CEO de PhysIOL, Marc Nolet, conserve son poste et rejoindra le CA de BVI à la clôture de la transaction.

"Success story"

C'est un nouveau chapitre qui s'ouvre dans l'histoire de cette spin-off de l'ULiège fondée en 1986 par le professeur Michel Delmelle. En collaboration avec le CHU, elle va développer ses premiers implants intraoculaires qui s'adressent aux personnes souffrant de cataracte. Il s'agit de l'opacification du cristallin qui sera remplacé par ces implants. C'est une affection dont la prévalence augmente avec l'âge. On estime qu'une personne sur trois sera concernée au-delà de 75 ans. La jeune entreprise va se développer essentiellement sur le marché local durant une dizaine d'années. En 1997, elle est reprise par Marc Nolet qui la dirige toujours aujourd'hui. A cette époque, elle réalisait un chiffre d'affaires de 800.000 euros et employait une douzaine de collaborateurs. Pour se différencier sur le marché, PhysIOL a misé plus que jamais sur la R&D et l'innovation. Sous la houlette de Christophe Pagnoulle qui a rejoint la société en tant que responsable de la R&D, la recherche a été dynamisée et a permis d'accumuler inventions et brevets. Elle a pu s'appuyer pour le développement de nouveaux produits sur des partenaires locaux tels que le Centre spatial liégeois, Lambda-X ou encore le Sirris.

Une étape importante est franchie en 2010 avec le lancement d'un implant trifocal qui permet non seulement de voir de loin et de près mais également à une distance intermédiaire (entre 60 et 80 cm). Cette première mondiale dans le monde de la lentille intraoculaire a fait du bruit et dopé la croissance de PhysIOL. L'année 2017 a été une année record. Le chiffre d'affaires s'est élevé à 45,8 millions d'euros, soit près de 30% de croissance par rapport à 2016 (35,5 millions) et plus du double par rapport à 2013 (18 millions). Le bénéfice d'exploitation a atteint le montant de 22,7 millions d'euros en hausse de 34% par rapport à l'exercice précédent (16,9 millions). On retrouve ses lentilles intraoculaires dans une soixantaine de pays à travers le monde. Parallèlement à sa croissance organique, PhysIOL, dans le capital de laquelle est entré en 2015 TA Associates, un fonds d'investissement américain, a acquis fin 2016 la société suédoise Alyko Medical AB, qui distribuait déjà sa gamme d'implants ophtalmologiques en Scandinavie depuis 2011. Et en 2017, c'est l'entreprise italienne Optikon, spécialisée dans la fabrication d'équipements médicaux haut de gamme dans le domaine de l'ophtalmologie, qui a été reprise. Dorénavant intégrée à BVI, PhysIOL offre encore de belles perspectives de développement dans les années qui viennent. D'autant qu'avec le vieillissement de la population, son marché ne va que croître.