1. Pourquoi Noshaq a-t-il procédé à une telle levée de fonds?
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1. Pourquoi Noshaq a-t-il procédé à une telle levée de fonds? Ces dernières années, nous avons investi plus de 100 millions d'euros par an. Si nous voulons poursuivre à ce rythme, nous devons chercher d'autres sources de financement, en dehors de notre actionnaire historique qu'est la Région wallonne. C'est un vrai changement de paradigme de l'invest, nous fonctionnons de plus en plus comme un fonds de private equity. Nous pouvions très bien nous satisfaire de gérer nos 470 participations, de faire remonter 60 millions et de les réinvestir. Ce n'est pas l'option retenue par notre conseil d'administration qui a voulu poursuivre notre politique d'audace et de croissance. 2. Si vous vous profilez en "private equity", pourquoi avoir conservé un actionnariat essentiellement public? La question n'est pas dans la nature publique de l'actionnariat mais dans le fonctionnement. Notre philosophie de fonctionnement est celle d'un fonds de private equity, comme c'est le cas chez Ethias, Nethys ou Belfius (tous trois actionnaires de Noshaq, comme la Sowalfin, qui détient 48% des parts, Ndlr). L'Institut des comptes nationaux nous classe parmi les organisations financières privées à capitaux publics et nous revendiquons cela. Cela signifie notamment que dès l'année prochaine, nous essaierons de verser un dividende de 4% à nos actionnaires, ce qui n'a jamais été le cas jusqu'à présent. 3. Votre philosophie d'investissement va-t-elle vous porter à sortir plus régulièrement du territoire de la province de Liège? Oui. Notre objet social est le développement de l'économie liégeoise ; cela ne signifie pas nécessairement investir dans des sociétés liégeoises. Nos actionnaires sont très attentifs à ce que les investissements hors de la province soient bien réfléchis dans le cadre d'un retour sur l'économie liégeoise. Et ce retour fait ensuite l'objet d'un monitoring. Quand nous investissons dans un fonds international spécialisé dans les biotechs, nous renforçons l'écosystème, nous rendons nos incubateurs plus attractifs aux yeux des entreprises internationales. Quand nous investissons dans Bloomlife, dans la Silicon Valley, c'est parce que les essais cliniques se feront au CHU de Liège et que la start-up a été créée par un ingénieur liégeois. C'est un role model pour tous les jeunes qui sortent des facultés. Et nous continuerons à investir dans des sociétés comme Odoo ou Aerospacelab, même si elles ne sont pas liégeoises, car elles peuvent en inspirer d'autres dans leurs secteurs. J'ajoute enfin que ce sont ces entreprises qui ont choisi de travailler avec Noshaq, ce n'est pas le plan quinquennal de Moscou qui l'a imposé!