Je rappelle que Franco Dragone était issu d'un milieu populaire de Wallonie. Il avait rendu sa ville natale La Louvière mondialement connue, car c'est au départ de cette ville ouvrière qu'il concevait la mise en scène de ses spectacles que des visiteurs du monde entier pouvaient voir à Las Vegas ou à Dubaï.

Les médias avaient beaucoup parlé de Franco Dragone lorsque la justice s'était intéressée à lui pour un dossier de fraude fiscale. Ce créateur hors pair est mort le 30 septembre dernier, mais hélas pour lui, sans savoir qu'il serait blanchi par la justice de son pays 3 mois plus tard, soit le vendredi 13 janvier ! Une date symbolique.

Or, si vous aviez épluché la presse, ce non-lieu - un non-lieu qui n'est pas uniquement lié au décès de Franco Dragone, mais au fond de l'affaire - n'a fait l'objet que de quelques articles riquiqui et encore en pages 7, 11, 13 ou 14 des quotidiens.

Et je n'évoque pas l'audiovisuel qui a passé sous silence l'information. J'évoque ce sujet par correction envers la mémoire de Franco Dragone, mais aussi par souci de rappeler que nous vivons dans un monde où notre attention est fragmentée, ultra sollicitée à chaque instant. Et comme nous avons une mémoire de poisson rouge - ce n'est pas une critique, je subis le même syndrome, j'en profite pour rappeler que le business des médias est fabriqué de sorte qu'une information chasse l'autre.

Mais le problème, c'est le recul. Le "hic", c'est qu'on en a plus. Tout se vaut à la grande braderie de l'information, alors que c'est faux. Des exemples ? Le 31 décembre dernier la presse fait état d'une étude de Graydon selon laquelle les faillites risquent de s'accélérer en 2023. Première réaction : oui, c'est possible et plausible. Mais la même société avait dit la même chose en 2020 et 2021 et les faits l'ont démenti. Mais qui nuance l'étude ? Personne ou presque. Autre titre d'article : "une PME sur six envisage de licencier au premier trimestre 2023" nous dit une étude de SD Worx, un secrétariat social. Pourquoi pas, sauf que 5 jours plus tôt, le même média se basant sur la même étude affirmait que les PME veulent éviter les licenciements et notamment parce qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre.

En fait, comme toujours, c'est une question de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Faut-il titrer sur le fait qu'une PME sur six veut licencier ou plutôt - ce qui serait mon cas - sur le fait que malgré les difficultés 5 PME sur 6 ne veulent pas le faire ? Choisis ton camp camarade !

Autre exemple, on sait ce que valent les prévisions des grandes institutions économiques mondiales. Prenons le cas du FMI. Que dit sa directrice générale le 3 janvier dernier ? Que la moitié de l'Union européenne sera en récession en 2023. Et puis, qu'est-ce que je lis ce lundi 16 janvier dans Le Figaro ? Que l'économie européenne résiste mieux que prévu ! Que la récession maintes fois annoncée risque de ne pas arriver. Motif ? Parce que la première économie du continent - l'Allemagne - vient d'éviter la récession au grand étonnement de son propre gouvernement.

Même chose pour les autres grands pays de notre Vieux Continent. Bien entendu, il y a plusieurs raisons à cela. D'abord, le prix du gaz est retombé au niveau d'avant l'invasion de l'Ukraine, ensuite les réserves européennes étaient remplies au maximum et l'hiver doux a permis de ne pas les vider. De plus, la consommation a baissé de 20%. Bien sûr, il ne faudrait pas l'oublier, les gouvernements européens ont mis 700 milliards sur la table pour soutenir les ménages et les entreprises. Que retenir de mon modeste propos ? Je ne dis pas que tout va bien - se serait se mentir - non, l'idée est de montrer que l'économie ne peut pas se résumer à des titres de média. Non pas que ces médias inventent des choses qui n'existent pas, ce serait faux et injuste de le dire, mais le rôle des médias sérieux n'est pas d'amplifier le bruit ambiant, mais de hiérarchiser l'information. Hélas, comme le fait remarquer l'excellent éditorialiste Eric Le Boucher des Echos, cette fonction d'instruction publique de la hiérarchie des événements a été abandonnée souvent faute de moyens financiers et humains de la part de certains médias. Mais bon, je vous rassure la presse de qualité existe encore. Vous êtes en train de la lire en ce moment. Enfin, je l'espère.

Je rappelle que Franco Dragone était issu d'un milieu populaire de Wallonie. Il avait rendu sa ville natale La Louvière mondialement connue, car c'est au départ de cette ville ouvrière qu'il concevait la mise en scène de ses spectacles que des visiteurs du monde entier pouvaient voir à Las Vegas ou à Dubaï. Les médias avaient beaucoup parlé de Franco Dragone lorsque la justice s'était intéressée à lui pour un dossier de fraude fiscale. Ce créateur hors pair est mort le 30 septembre dernier, mais hélas pour lui, sans savoir qu'il serait blanchi par la justice de son pays 3 mois plus tard, soit le vendredi 13 janvier ! Une date symbolique. Or, si vous aviez épluché la presse, ce non-lieu - un non-lieu qui n'est pas uniquement lié au décès de Franco Dragone, mais au fond de l'affaire - n'a fait l'objet que de quelques articles riquiqui et encore en pages 7, 11, 13 ou 14 des quotidiens. Et je n'évoque pas l'audiovisuel qui a passé sous silence l'information. J'évoque ce sujet par correction envers la mémoire de Franco Dragone, mais aussi par souci de rappeler que nous vivons dans un monde où notre attention est fragmentée, ultra sollicitée à chaque instant. Et comme nous avons une mémoire de poisson rouge - ce n'est pas une critique, je subis le même syndrome, j'en profite pour rappeler que le business des médias est fabriqué de sorte qu'une information chasse l'autre. Mais le problème, c'est le recul. Le "hic", c'est qu'on en a plus. Tout se vaut à la grande braderie de l'information, alors que c'est faux. Des exemples ? Le 31 décembre dernier la presse fait état d'une étude de Graydon selon laquelle les faillites risquent de s'accélérer en 2023. Première réaction : oui, c'est possible et plausible. Mais la même société avait dit la même chose en 2020 et 2021 et les faits l'ont démenti. Mais qui nuance l'étude ? Personne ou presque. Autre titre d'article : "une PME sur six envisage de licencier au premier trimestre 2023" nous dit une étude de SD Worx, un secrétariat social. Pourquoi pas, sauf que 5 jours plus tôt, le même média se basant sur la même étude affirmait que les PME veulent éviter les licenciements et notamment parce qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre. En fait, comme toujours, c'est une question de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Faut-il titrer sur le fait qu'une PME sur six veut licencier ou plutôt - ce qui serait mon cas - sur le fait que malgré les difficultés 5 PME sur 6 ne veulent pas le faire ? Choisis ton camp camarade ! Autre exemple, on sait ce que valent les prévisions des grandes institutions économiques mondiales. Prenons le cas du FMI. Que dit sa directrice générale le 3 janvier dernier ? Que la moitié de l'Union européenne sera en récession en 2023. Et puis, qu'est-ce que je lis ce lundi 16 janvier dans Le Figaro ? Que l'économie européenne résiste mieux que prévu ! Que la récession maintes fois annoncée risque de ne pas arriver. Motif ? Parce que la première économie du continent - l'Allemagne - vient d'éviter la récession au grand étonnement de son propre gouvernement. Même chose pour les autres grands pays de notre Vieux Continent. Bien entendu, il y a plusieurs raisons à cela. D'abord, le prix du gaz est retombé au niveau d'avant l'invasion de l'Ukraine, ensuite les réserves européennes étaient remplies au maximum et l'hiver doux a permis de ne pas les vider. De plus, la consommation a baissé de 20%. Bien sûr, il ne faudrait pas l'oublier, les gouvernements européens ont mis 700 milliards sur la table pour soutenir les ménages et les entreprises. Que retenir de mon modeste propos ? Je ne dis pas que tout va bien - se serait se mentir - non, l'idée est de montrer que l'économie ne peut pas se résumer à des titres de média. Non pas que ces médias inventent des choses qui n'existent pas, ce serait faux et injuste de le dire, mais le rôle des médias sérieux n'est pas d'amplifier le bruit ambiant, mais de hiérarchiser l'information. Hélas, comme le fait remarquer l'excellent éditorialiste Eric Le Boucher des Echos, cette fonction d'instruction publique de la hiérarchie des événements a été abandonnée souvent faute de moyens financiers et humains de la part de certains médias. Mais bon, je vous rassure la presse de qualité existe encore. Vous êtes en train de la lire en ce moment. Enfin, je l'espère.