"Jamais dans l'histoire de l'Hexagone une poignée de milliardaires n'a eu une emprise aussi forte sur les chaînes de télévision, radio, journaux et magazines et, ce en pleine campagne présidentielle", souligne l'historien des médias Alexis Lévrier, maître de conférences à l'université de Reims (est), dans un entretien à l'AFP.

Le plus emblématique d'entre eux, Vincent Bolloré, premier actionnaire de Canal+, de deux grands groupes d'édition (Editis, Hachette), de nombreux journaux (magazines de Prisma Media, JDD, Paris Match) et de la radio Europe 1, sera auditionné mercredi par la commission d'enquête du Sénat sur la concentration des médias.

C'est sur sa chaîne d'information CNews que le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour a pris son envol pour devenir candidat à la présidentielle.

"Bolloré n'a ni tenu compte des injonctions du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA, autorité publique française de régulation), ni de la justice sur Zemmour. Là, il est rappelé à l'ordre par l'autorité parlementaire, il va devoir rendre des comptes", estime M. Lévrier.

"Que l'on soit puissant ou pas, quel que soit son pedigree, on doit répondre aux convocations et venir répondre aux questions des parlementaires", a rappelé David Assouline, sénateur socialiste et rapporteur de la commission d'enquête sur la concentration des médias.

Menace des Gafa

Tout comme Bernard Arnault, troisième fortune mondiale avec 131 milliards d'euros selon le magazine Forbes et président directeur-général de LVMH, à la tête des quotidiens Les Echos, Le Parisien et de Radio Classique auditionné jeudi, Patrick Drahi, patron du groupe télécom Altice (BFMTV, RMC) prévu pour le 2 février et le roi du bâtiment et des travaux publics Martin Bouygues (dont le groupe de télévisions TF1 projette de fusionner avec M6), attendu pour le 9 février, pour ne citer que trois des plus puissants patrons auditionnés.

Or, pour l'ex-journaliste d'investigation de Canal+ Jean-Baptiste Rivoire, auteur de "L'Élysée (et les oligarques) contre l'info", "ces industriels ont atteint une telle position de puissance dans les médias privés qu'un politique qui voudrait revenir en arrière serait probablement piégé".

"L'abonnement à des médias indépendants, comme Mediapart, Les Jours ou Disclose, est le levier qui fera changer le système", estime cet expert, co-fondateur du média "Off investigation".

En outre, il doute que le Parlement français ait "les moyens ou la volonté de travailler comme une commission d'enquête américaine".

Le Sénat compte remettre fin mars son rapport pour faire la lumière sur les conséquences économiques et démocratiques d'une telle concentration.

Reste à savoir ce que le président ou la présidente sorti(e) des urnes en fera après l'élection présidentielle de mai. Beaucoup jugent obsolète la loi de 1986 relative à la liberté de communication.

Dans une tribune du quotidien Le Monde publiée mi-décembre, plus de 250 journalistes et professionnels des médias, dont Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, appelaient les candidats à la présidentielle à prendre des engagements pour s'opposer au "fléau" de l'hyperconcentration dans les médias.

La montée en puissance de mastodontes internationaux, comme les plateformes américaines Netflix et Amazon Prime Video, a toutefois bouleversé les équilibres du paysage audiovisuel français. Et certains ne voient d'autre salut que dans le regroupement des chaînes.

C'est d'ailleurs l'un des arguments avancés pour la fusion des chaînes de télévision TF1 et M6 en cours d'examen.

"En un temps de quasi monopole des Gafa, l'heure n'est pas à s'inquiéter de la concentration dans le secteur de la TV en France", jugeait récemment à ce sujet auprès de l'AFP l'un des spécialistes du secteur, Patrick-Yves Badillo, directeur de Medi@Lab à l'Université de Genève.

La présidente du groupe de télévision public France Télévisions, Delphine Ernotte, est elle-même d'accord, mais à une condition: "avoir un service public fort".

"Jamais dans l'histoire de l'Hexagone une poignée de milliardaires n'a eu une emprise aussi forte sur les chaînes de télévision, radio, journaux et magazines et, ce en pleine campagne présidentielle", souligne l'historien des médias Alexis Lévrier, maître de conférences à l'université de Reims (est), dans un entretien à l'AFP.Le plus emblématique d'entre eux, Vincent Bolloré, premier actionnaire de Canal+, de deux grands groupes d'édition (Editis, Hachette), de nombreux journaux (magazines de Prisma Media, JDD, Paris Match) et de la radio Europe 1, sera auditionné mercredi par la commission d'enquête du Sénat sur la concentration des médias.C'est sur sa chaîne d'information CNews que le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour a pris son envol pour devenir candidat à la présidentielle."Bolloré n'a ni tenu compte des injonctions du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA, autorité publique française de régulation), ni de la justice sur Zemmour. Là, il est rappelé à l'ordre par l'autorité parlementaire, il va devoir rendre des comptes", estime M. Lévrier."Que l'on soit puissant ou pas, quel que soit son pedigree, on doit répondre aux convocations et venir répondre aux questions des parlementaires", a rappelé David Assouline, sénateur socialiste et rapporteur de la commission d'enquête sur la concentration des médias.Tout comme Bernard Arnault, troisième fortune mondiale avec 131 milliards d'euros selon le magazine Forbes et président directeur-général de LVMH, à la tête des quotidiens Les Echos, Le Parisien et de Radio Classique auditionné jeudi, Patrick Drahi, patron du groupe télécom Altice (BFMTV, RMC) prévu pour le 2 février et le roi du bâtiment et des travaux publics Martin Bouygues (dont le groupe de télévisions TF1 projette de fusionner avec M6), attendu pour le 9 février, pour ne citer que trois des plus puissants patrons auditionnés.Or, pour l'ex-journaliste d'investigation de Canal+ Jean-Baptiste Rivoire, auteur de "L'Élysée (et les oligarques) contre l'info", "ces industriels ont atteint une telle position de puissance dans les médias privés qu'un politique qui voudrait revenir en arrière serait probablement piégé"."L'abonnement à des médias indépendants, comme Mediapart, Les Jours ou Disclose, est le levier qui fera changer le système", estime cet expert, co-fondateur du média "Off investigation".En outre, il doute que le Parlement français ait "les moyens ou la volonté de travailler comme une commission d'enquête américaine".Le Sénat compte remettre fin mars son rapport pour faire la lumière sur les conséquences économiques et démocratiques d'une telle concentration.Reste à savoir ce que le président ou la présidente sorti(e) des urnes en fera après l'élection présidentielle de mai. Beaucoup jugent obsolète la loi de 1986 relative à la liberté de communication. Dans une tribune du quotidien Le Monde publiée mi-décembre, plus de 250 journalistes et professionnels des médias, dont Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, appelaient les candidats à la présidentielle à prendre des engagements pour s'opposer au "fléau" de l'hyperconcentration dans les médias.La montée en puissance de mastodontes internationaux, comme les plateformes américaines Netflix et Amazon Prime Video, a toutefois bouleversé les équilibres du paysage audiovisuel français. Et certains ne voient d'autre salut que dans le regroupement des chaînes. C'est d'ailleurs l'un des arguments avancés pour la fusion des chaînes de télévision TF1 et M6 en cours d'examen."En un temps de quasi monopole des Gafa, l'heure n'est pas à s'inquiéter de la concentration dans le secteur de la TV en France", jugeait récemment à ce sujet auprès de l'AFP l'un des spécialistes du secteur, Patrick-Yves Badillo, directeur de Medi@Lab à l'Université de Genève. La présidente du groupe de télévision public France Télévisions, Delphine Ernotte, est elle-même d'accord, mais à une condition: "avoir un service public fort".