Un moment de réflexion d'ici 2030, c'est la demande du secteur automobile, après le vote du Parlement européen qui "tue" les autos à carburant et les camionnettes, rendant obligatoire la vente de voitures zéro émission à partir de 2035 dans l'UE.
...

Un moment de réflexion d'ici 2030, c'est la demande du secteur automobile, après le vote du Parlement européen qui "tue" les autos à carburant et les camionnettes, rendant obligatoire la vente de voitures zéro émission à partir de 2035 dans l'UE. "La transformation du secteur est dépendante de beaucoup de facteurs extérieurs qui ne sont pas totalement sous contrôle " indique un communiqué de l'ACEA, la fédération européenne des constructeurs de voitures. "Toute réglementation allant au-delà de la décennie est prématurée""Vu la volatilité et l'incertitude qui nous vivons globalement jour après jour, toute réglementation à long terme allant au-delà de la décennie est prématurée à ce stade" argumente Oliver Zipse, président de l'ACEA, et CEO de BMW. "Un examen (review) transparent, à mi-chemin, devait être réalisé pour définir les objectifs post-2030."La Commission a lancé ce projet qui franchit les étapes. Après le vote du Parlement européen, il doit encore passer au conseil des ministres européen pour devenir une obligation. Cela signifie implicitement que les autos à carburants, hybrides ou non, et celles à gaz, ne pourront plus être vendues comme voitures neuves à partir de 2035. Seules les autos n'émettant pas de CO2 en roulant seront autorisées, donc les autos électriques ou celles fonctionnant à l'hydrogène. C'est l'un des éléments pour contribuer à arriver à une Europe neutre en émissions de CO2 en 2050.Des autos pour les plus nantis ?Les constructeurs n'ont pas tous été enthousiastes sur ce projet. Tous investissent massivement dans l'électrification, à des rythmes différents. Certains redoutent une transition difficile. Carlos Tavares, CEO de Stellantis, a maintes fois exprimé sa crainte que cette transition forcée se fasse au détriment des bas et moyens revenus. Aujourd'hui une auto électrique compacte, avec une autonomie théorique de 400 km, se vend plus de 40.000 euros, 10 à 15.000 euros de plus qu'un modèle thermique équivalent. C'est actuellement hors de la portée d'une bonne partie de la population.Un examen intermédiaire"Un tel examen devrait permettre de voir si le déploiement de l'infrastructure de recharge et la disponibilité des matières premières pour la production de batteries seront capables de répondre à la demande en croissance des voitures à batterie" précise Oliver Zipse. Plusieurs études montrent que les prix des autos électriques devraient diminuer avec le temps, notamment avec le recul du tarif des batteries. L'objectif 2035 ne semble pas déraisonnable à première vue. Sauf qu'actuellement, avec les crises diverses traversées (covid et Ukraine), et l'inflation qui gonfle, c'est l'inverse qui se produit. Les tarifs qui devaient reculer augmentent. La pénurie des pièces et la forte demande de certains matériaux fait grimper les prix et allongent les délais. Quant aux autos à hydrogène, l'offre est quasi inexistante, de même que les pompes. Leur développement reste encore un point d'interrogation.L'espoir des nouveaux carburantsLes constructeurs d'automobiles espèrent que la décision finale mise en application inclura une clause de revoyure, où la Commission et le secteur examineront la situation vers 2030, pour confirmer ou rectifier la décision d'interdire la vente d'autos à moteur thermique à partir de 2035. Certains constructeurs ne désespèrent pas de prouver d'ici là qu'il y a moyen de sortir des véhicules thermiques utilisant des nouveaux carburants faiblement émetteurs, notamment des biocarburants avancés. Mais cela reste encore très vague. Le coût de ces nouveaux carburants peut aussi rendre ces véhicules fort chers à l'usage. Energia (fédération pétrolière) souhaite par exemple que ces carburants bénéficient des mêmes mesures fiscales poussant l'électrification...Décision finale à l'automneAprès le vote du Parlement européen, la nouvelle régulation viendra sur la table du Conseil européen des ministres de l'Environnement fin juin. Une discussion à trois ("trilogue" entre la Commission, le Parlement et le Conseil) devrait aboutir à une décision définitive après l'été.Une clause de revoyure pourrait rassurer certains constructeurs et donner de l'espoir au secteur des carburants. Elle pourrait aussi prolonger une certaine incertitude sur le futur du marché de l'automobile. Ford et Volvo, par exemple, ont déjà annoncé qu'ils souhaitaient la fin pure et simple des motorisations à essence ou diesel pour 2035, pour que les choses soient bien claires.