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Le taux réduit de TVA, à 6%, avait été introduit au mois de mai par le fédéral, et ce pour la vente sur place de boissons alcoolisées ou non mais aussi que les services de restaurant et catering, afin de soulager quelque peu le secteur. Cette mesure se voulait temporaire et entrait dans le cadre des aides corona. Son objectif étant d'aider financièrement l'horeca à l'occasion de sa réouverture. Mais qui dit temporaire dit date de fin... et le ministre des Finances Vincent Van Peteghem a annoncé qu'il n'y aurait pas de prolongation et que la TVA à 6% c'était fini le 30 septembre.Une chose est certaine, la déclaration ne plaît pas au restaurateurs... car qui dit augmentation de la TVA, dit réduction de leurs marges bénéficiaires. Alors que tout le secteur tire encore la langue, la fin de cette mesure de soutien est un peu comme un coup de massue."Attention, il s'agit d'une sortie du Ministre Van Peteghem, mais cette mesure doit encore passée au kern, précise Fabian Hermans, Président de la fédération HORECA. Nous sommes toujours en négociations avec le gouvernement pour que la TVA ne repasse pas de 6 à 21% dans l'Horeca. Nous demandons une prolongation des 6% de TVA pour un ou deux trimestres, pas à vie, juste pour un court laps de temps, mais si cette aide n'est pas prolongée, cela sera la catastrophe pour le secteur.""Nous sommes en attente de la publication d'une étude fédérale qui montre qu'actuellement le cashflow remonte mais reste encore négatif partout en Belgique, souligne-t-il encore. Si les mesures de soutien actuelles ne sont pas prolongées encore un peu, il faut que cela soit bien clair : on ne sauvera pas l'emploi ! Le secteur de l'Horeca a besoin de ces mesures."Et de préciser que si justement l'Horeca, malgré les fermetures durant les confinements, n'avait pas (encore) connu de licenciements massifs, comme on pouvait le craindre, c'est justement grâce à ces aides. Bien sûr il y a eu des pertes d'emploi mais pas d'hécatombe, de plus du personnel a quitté spontanément le secteur se rendant compte, à cause ou grâce aux confinements, de la difficulté voire la pénibilité de jongler entre vie de famille et horaires décalés et étendus.Le cas de BruxellesEt si cette hécatombe de faillites devait avoir lieu, c'est Bruxelles qui risque bien d'en payer le plus lourd tribut. Bruxelles commencera à sortir la tête hors de l'eau que si les mesures de soutien sont maintenues mais aussi si le tourisme et la vie "business" y reprennent. "Il faut que les foires, salons, etc reprennent à Bruxelles pour cela, déclare Fabian Hermans. Actuellement, l'horeca dans l'hypercentre souffre. Vous prenez les établissements de la rue Stévin, ils sont tous fermés sur le temps de midi à cause de l'absence des parlementaires européens. Quant à ceux du côté Nord, c'est encore pire, ils ferment et ils déposent le bilan. Le maintien d'une TVA à 6% pourrait sauver le secteur !""On ne savait pas que le CD&V avait la perte d'emplois inscrite dans son programme... Van Peteghem veut stopper une mesure d'aide purement et simplement mais ne propose rien d'autre en contrepartie" assène-t-il encore.Et de demander que si cette mesure de soutien venait à s'arrêter comment des entreprises comme les hôtels pourront payer leur personnel ? "Cette aide est primordiale pour le secteur horeca des grandes villes et pour le catering (hôtels, compagnies aériennes, entreprises) qui sont en panne. Quant à l'hyper centre de Bruxelles, sans cela c'est un départ pour la morgue." Et le consommateur dans tout cela ?Pour le consommateur le relèvement de la TVA de 6 à 21% dans l'horeca ne changera rien. Du moins dans un premier temps..."C'est le restaurateur qui payera la différence car il verra ses marges bénéficiaires rognées..." Et de rappeler que l'effet attendu de cette mesure était d'engranger un peu de trésorerie, ou du moins de ne pas perdre celle déjà présente. Or l'arrêt de la TVA à 6% tombera en même temps que l'échéance des reports financiers autorisés. "Donc ce qui a été engrangé sera dépensé pour payer ces différents reports." Et qui dit manque de cashflow, dit licenciements..."Au final, c'est le consommateur qui payera l'addition, précise Monsieur Hermans. Ce sont les échos que j'ai eu du secteur, car il n'y a pas 10.000 solutions pour s'en sortir ! C'est pour cela que nous demandons une prolongation des mesures de soutien que sont le chômage temporaire pour force majeure et la TVA à 6% !"Cette aide d'une TVA à 6% a donc clairement faits ses preuves pour lui, encore faut-il lui laisser le temps de continuer et pérenniser le travail de redressement entrepris.