L'idée est partie d'un constat: la taxonomie verte votée dans le cadre du Green Deal est complexe. Les entreprises privées et cotées de plus de 250 employés, les acteurs du secteur financier et les fonds d'investissement doivent pourtant la respecter. Cela consiste notamment à mesurer la durabilité de leurs activités et de leurs investissements. "Lorsque j'ai découvert cette législation composée de milliers de pages, j'ai tout de suite compris qu'elle serait lente à être appliquée. Or, l'urgence climatique est réelle. De nombreuses sociétés veulent sincèrement bien faire mais sont refroidies par la complexité de la tr...

L'idée est partie d'un constat: la taxonomie verte votée dans le cadre du Green Deal est complexe. Les entreprises privées et cotées de plus de 250 employés, les acteurs du secteur financier et les fonds d'investissement doivent pourtant la respecter. Cela consiste notamment à mesurer la durabilité de leurs activités et de leurs investissements. "Lorsque j'ai découvert cette législation composée de milliers de pages, j'ai tout de suite compris qu'elle serait lente à être appliquée. Or, l'urgence climatique est réelle. De nombreuses sociétés veulent sincèrement bien faire mais sont refroidies par la complexité de la transition. Notre idée a été de digitaliser la taxonomie afin que ces dernières puissent l'appréhender plus facilement", explique Alexander Stevens, le fondateur de la start-up lancée fin 2020. Greenomy a développé une plateforme SaaS ( software as a service) composée de divers outils numériques. "Elle facilite le reporting extra- financier, permet de collecter les données nécessaires, de calculer les scores de durabilité. Concrètement, cela revient à mesurer la consommation d'eau, la production d'émissions CO2, etc. Et donc à établir un bilan global. Ce travail est d'autant plus fastidieux que les règles évoluent. Par exemple, la limite de production d'hydrogène sera révisée tous les trois ans. Notre plateforme permet de suivre la réforme et de rester aux normes", ajoute l'ancien avocat passé notamment par Harvard. En un an et demi, Greenomy a réalisé plus de 600 démonstrations pour des clients, gagné des prix (dont le premier prix lors du G20 TechSprint organisé par Banca d'Italia et la Banque des règlements internationaux), mené deux levées de fonds et attiré des investisseurs institutionnels. Euroclear est notamment arrivé dans le capital de la start-up au premier trimestre 2022. Alexander Stevens a débuté seul. Aujourd'hui, l'entreprise installée à Bruxelles compte une trentaine d'employés. Le site web de Greenomy est accessible dans toutes les langues de l'Union européenne. "Notre corps de marché est le Benelux et la France mais petit à petit, nous trouvons des clients ailleurs, notamment en Espagne et en Allemagne", explique l'entrepreneur. Et même au-delà, en fait. L'entreprise travaille sur une adaptation de son service pour la Grande- Bretagne et les Emirats arabes unis. "La taxonomie européenne est répliquée, avec quelques différences, à l'étranger. Notre objectif est de codifier les législations locales et de créer une plateforme permettant l'interopérabilité entre ces législations", poursuit Alexander Stevens. Autre évolution envisagée par le start-upper: le marché des PME. Celles-ci seront soumises à la législation à partir de 2026. "Des concurrents apparaissent dans des marchés locaux, conclut le fondateur de Greenomy. Notre différence est qu'avec Euroclear, nous devenons une infrastructure de marché. Les clients peuvent se connecter à notre interface, interagir avec des banques, obtenir du financement vert. Notre solution est complète."