Le plus gros virage stratégique de son histoire, voici comment certains observateurs analysent l'annonce toute récente de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook. En substance, le big boss du réseau social a dévoilé le lancement de Shops, un nouveau service proposé aux entreprises, quelle que soit leur taille. Concrètement ? Celles-ci pourront proposer des produits à la vente au sein même de la plateforme. Pour le moment, Facebook Shops n'est proposé qu'à un panel de happy few, c'est-à-dire un million d'entreprises à travers le monde et sera étendu à l'ensemble des marchés et des clients dans les semaines (ou mois) qui vi...

Le plus gros virage stratégique de son histoire, voici comment certains observateurs analysent l'annonce toute récente de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook. En substance, le big boss du réseau social a dévoilé le lancement de Shops, un nouveau service proposé aux entreprises, quelle que soit leur taille. Concrètement ? Celles-ci pourront proposer des produits à la vente au sein même de la plateforme. Pour le moment, Facebook Shops n'est proposé qu'à un panel de happy few, c'est-à-dire un million d'entreprises à travers le monde et sera étendu à l'ensemble des marchés et des clients dans les semaines (ou mois) qui viennent. " Facebook Shops n'étant pas encore disponible, nous ne pouvons que nous baser sur les démos dévoilées par le réseau social, prévient Jérôme Naif, expert en réseau sociaux au sein de l'agence Mountain View. Mais Shops est prometteur : cela permettra notamment aux petits commerçants de mettre en vente et de gérer facilement une gamme de produits qui pourront être achetés et payés par des clients sans sortir de Facebook qui génèrera l'audience et gèrera l'interface, la transaction, etc. " L'e-commerce, nouveau graal du réseau de Mark Zuckerberg ? Annoncé alors que la crise du coronavirus continue d'handicaper des millions d'entreprises dans le monde, ce pas en avant vers la vente en ligne n'a rien d'anodin. Il s'agit même d'une tendance lourde pour Facebook qui n'en est pas à son coup d'essai en la matière. Depuis plusieurs années déjà, le géant du Net met en place les éléments d'un puzzle lui permettant de s'inscrire dans l'e-commerce et de pouvoir présenter à ses clients annonceurs de nouvelles solutions de " conversion ". A côté de Marketplace, la place de marché sur laquelle les utilisateurs de Facebook peuvent jouer à la brocante en mettant en vente leurs objets, le réseau social a réalisé des tentatives de paiement, tant dans Messenger que sur Instagram (aux Etats-Unis), et continue à développer son projet de monnaie virtuelle (le libra). De même, Facebook propose le bouton " achats " sur ses pages... mais cela renvoie vers des sites marchands, en dehors de sa plateforme. " Sans oublier que Facebook détient des applications comme Instagram, où les Américains peuvent déjà acheter les produits exposés, mais aussi les messageries comme Messenger ou WhatsApp qui constituent les briques supplémentaires d'un écosystème. " Il est en effet possible que les acheteurs suivent leurs commandes ou communiquent avec les entreprises via les messageries du groupe. Bref, Facebook met désormais le paquet pour arriver à proposer, sur sa plateforme, une expérience de shopping satisfaisante. Son intérêt ? D'une part, contenter les professionnels qui veulent doper leur business et les utilisateurs qui cherchent la facilité. D'autre part, développer de nouveaux besoins publicitaires (mettre les produits en avant) et, à terme, trouver de nouvelles sources de revenus (par commission ? par abonnement ? ) à côté de la publicité. Car si cette dernière représente toujours l'essentiel de ses revenus, le marché devrait connaître un solide creux dans les mois à venir, y compris sur le Web.