Dans l'univers de la tech belge, Fabien Pinckaers est un emblème. Mais un emblème atypique. L'homme qui dirige aujourd'hui une scale-up de plus de 1.000 personnes ne fréquente pas tellement les cercles start-up, les conférences et tables rondes de l'écosystème. Par contre, il n'hésitera pas à passer une journée sur le stand d'Odoo dans un salon spécialisé sur l'éducation pour distribuer un jeu maison destiné aux étudiants et pour expliquer ce que fait son " mastodonte ". Car à l'échelle de la Wallonie digitale, c'est bien ce qu'est Odoo.

Ce pionnier propose des logiciels de gestion pour les PME et des outils pour tous les besoins de ces entreprises: CRM, comptabilité, site web, etc. Un ensemble de modules que les PME peuvent utiliser seuls ou ensemble. Lancé en open source voici une quinzaine d'années, Odoo est désormais utilisé par presque 6,5 millions d'utilisateurs sur Terre. Soit deux millions de plus qu'il y a un an. Car malgré sa taille, la firme qui est active à l'échelle planétaire continue de courir comme une gazelle. "Le Covid aura bien un impact sur notre société, admet son patron et fondateur, Fabien Pinckaers. Mais très limité: au lieu des 65% de croissance que l'on ambitionnait de réaliser en 2020, on sera plutôt aux alentours de 50%." Une croissance qu'envient beaucoup d'entrepreneurs.

Notre nombre d'utilisateurs actuel n'est rien par rapport à ce que ce sera demain.

Sur cette imposante base d'utilisateurs, 90% usent de la solution gratuitement. Et une fraction seulement paie... C'est le modèle d'Odoo, qui lui a permis de favoriser l'adoption de ses outils et de grandir aussi fort.

Pourtant Fabien Pinckaers a encore soif de croissance. " Notre nombre d'utilisateurs actuel n'est rien par rapport à ce que ce sera demain, glisse-t-il, sourire aux lèvres. Quand on connaît le nombre d'entreprises que l'on pourrait toucher au niveau mondial, nous n'avons qu'une part de marché infime. " La firme se dirige pourtant progressivement vers les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires. Dont environ 80% de revenus récurrents, via des abonnements.

Les grosses actualités récentes d'Odoo? L'arrivée du fonds américain Summit Partners dans son capital en fin d'année 2019 à l'occasion non pas d'une levée de fonds mais d'une opération secondaire de rachat d'actions (pour un total de 81 millions d'euros). Celle-ci laisse toujours Fabien Pinckaers majoritaire au capital de sa société. Un fait rare vu la taille de l'entreprise. Niveau business, Odoo continue d'étendre son activité, notamment avec le lancement d'un département adressé aux grands comptes, alors qu'Odoo ciblait jusqu'ici essentiellement les PME. La firme wallonne accélère également le pas sur le marché de la création de sites web avec la détermination de concurrencer... WordPress.

Malgré cette ambition, Fabien Pinckaers dirige son groupe de manière atypique, n'intervenant pas dans l'opérationnel qu'il laisse à ses équipes. " Mon rôle consiste à veiller à ce que la croissance d'Odoo reste possible, détaille Fabien Pinckaers. J'agis là où je peux avoir le plus gros impact. Comme régler les goulets d'étranglement de l'entreprise, améliorer des départements qui marchent moins bien, mettre en place des process ou transformer des produits..."

C.V.

· Né le 4 mai 1979

· 1982 Réalise, à 13 ans, son premier software qu'il vend aux Taxis verts

· 2002 Toujours étudiant à l'UCL, il crée TinyERP qui deviendra ensuite OpenERP puis Odoo

· 2009 Fait la couverture de Trends-Tendances qui le qualifie de "Bill Gates wallon"

· 2010 Odoo lève 3 millions d'euros, puis près de 10 millions en 2014

Coronavirus: quel impact?

Le business d'Odoo est très récurrent: 83% de son chiffre d'affaires provient de clients existants. Et ses produits sont généralement des outils dont les entreprises ne se passent pas du jour au lendemain. Cela permet à Odoo de traverser la crise sans trop de soucis, même si Fabien Pinckaers admet avoir pris des mesures pour " maîtriser les coûts ", notamment en diminuant la pub et le marketing. Et si les engagements n'atteignent pas totalement les objectifs qu'avait annoncés son CEO, ce n'est pas tant la faute du Covid-19 que la difficulté de recruter les bonnes personnes. On le sait: Odoo engage massivement des développeurs, une denrée rare sur le marché belge. Par contre, le Covid a bien été la cause du report de son expatriation en Inde. Le patron comptait s'y installer un an pour développer l'activité de sa filiale locale. " En Inde, on peut faire beaucoup plus, admet-il. C'est l'une des entités du groupe qui a le moins grandi. " Comme il l'a fait un temps pour une filiale américaine, Fabien Pinckaers comptait y mettre les mains dans le cambouis...

Dans l'univers de la tech belge, Fabien Pinckaers est un emblème. Mais un emblème atypique. L'homme qui dirige aujourd'hui une scale-up de plus de 1.000 personnes ne fréquente pas tellement les cercles start-up, les conférences et tables rondes de l'écosystème. Par contre, il n'hésitera pas à passer une journée sur le stand d'Odoo dans un salon spécialisé sur l'éducation pour distribuer un jeu maison destiné aux étudiants et pour expliquer ce que fait son " mastodonte ". Car à l'échelle de la Wallonie digitale, c'est bien ce qu'est Odoo. Ce pionnier propose des logiciels de gestion pour les PME et des outils pour tous les besoins de ces entreprises: CRM, comptabilité, site web, etc. Un ensemble de modules que les PME peuvent utiliser seuls ou ensemble. Lancé en open source voici une quinzaine d'années, Odoo est désormais utilisé par presque 6,5 millions d'utilisateurs sur Terre. Soit deux millions de plus qu'il y a un an. Car malgré sa taille, la firme qui est active à l'échelle planétaire continue de courir comme une gazelle. "Le Covid aura bien un impact sur notre société, admet son patron et fondateur, Fabien Pinckaers. Mais très limité: au lieu des 65% de croissance que l'on ambitionnait de réaliser en 2020, on sera plutôt aux alentours de 50%." Une croissance qu'envient beaucoup d'entrepreneurs. Sur cette imposante base d'utilisateurs, 90% usent de la solution gratuitement. Et une fraction seulement paie... C'est le modèle d'Odoo, qui lui a permis de favoriser l'adoption de ses outils et de grandir aussi fort. Pourtant Fabien Pinckaers a encore soif de croissance. " Notre nombre d'utilisateurs actuel n'est rien par rapport à ce que ce sera demain, glisse-t-il, sourire aux lèvres. Quand on connaît le nombre d'entreprises que l'on pourrait toucher au niveau mondial, nous n'avons qu'une part de marché infime. " La firme se dirige pourtant progressivement vers les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires. Dont environ 80% de revenus récurrents, via des abonnements. Les grosses actualités récentes d'Odoo? L'arrivée du fonds américain Summit Partners dans son capital en fin d'année 2019 à l'occasion non pas d'une levée de fonds mais d'une opération secondaire de rachat d'actions (pour un total de 81 millions d'euros). Celle-ci laisse toujours Fabien Pinckaers majoritaire au capital de sa société. Un fait rare vu la taille de l'entreprise. Niveau business, Odoo continue d'étendre son activité, notamment avec le lancement d'un département adressé aux grands comptes, alors qu'Odoo ciblait jusqu'ici essentiellement les PME. La firme wallonne accélère également le pas sur le marché de la création de sites web avec la détermination de concurrencer... WordPress. Malgré cette ambition, Fabien Pinckaers dirige son groupe de manière atypique, n'intervenant pas dans l'opérationnel qu'il laisse à ses équipes. " Mon rôle consiste à veiller à ce que la croissance d'Odoo reste possible, détaille Fabien Pinckaers. J'agis là où je peux avoir le plus gros impact. Comme régler les goulets d'étranglement de l'entreprise, améliorer des départements qui marchent moins bien, mettre en place des process ou transformer des produits..."