Déchets textiles

Chaque année, quelque quatre millions de tonnes de textile finissent dans une décharge ou un incinérateur, rien qu'en Europe. Quant au secteur du bâtiment, il n'a jamais autant émis de CO2 à l'échelle mondiale, selon un récent rapport de l'Onu. C'est sur la base de ce double constat que l'architecte et entrepreneure française Clarisse Merlet (photo) a eu l'idée de mettre au point des briques à base de déchets textiles. Sa start-up récupère de vieux t-shirts, jeans et autres chutes de confection, avant de les broyer, les agglomérer à l'aide dune colle écologique et de mouler le tout en forme de brique grâce à une presse.

De la brique design à la construction

A l'heure actuelle, FabBRICK se concentre principalement sur le design en produisant des briques de parement - déjà plus de 50.000 - qui peuvent être utilisées comme éléments décoratifs ou d'isolation thermique et acoustique. Mais la jeune pousse travaille également au développement d'une brique de construction qui pourrait être utilisée dans le bâtiment pour dresser des murs porteurs. Signe de ses grandes ambitions, la start-up parisienne déménage en ce moment ses installations dans des locaux plus spacieux et a récemment investi 100.000 euros dans une machine motorisée qui lui permettra d'automatiser sa production, jusqu'ici manuelle.

Chanvre, moules, écrevisses...

Ces dernières années, les initiatives écoresponsables se sont multipliées dans le secteur de la construction. Citons pêle-mêle du béton végétal (notamment de chanvre) ou biologique (à partir de carapaces d'écrevisses américaines mixées à des renouées du Japon), des écopavés à base de coquillages, du verre fabriqué à partir de moules ou encore un substitut à la frigolite constitué de fibres végétales (chanvre, maïs, etc.) liées avec du mycélium.

Changement progressif

Les innovations à faible impact environnemental arrivent donc, mais il leur faudra toutefois encore un certain temps avant d'être généralisée sur les chantiers. "La volonté de verdir le secteur est bien présente, et elle n'a fait que s'amplifier ces dernières années. Mais le basculement ne pourra se faire que progressivement", et ce pour plusieurs raisons, explique Stéphane Charron, chef de laboratoire Matériaux de Construction auprès du Centre scientifique et technique de la construction (CSTC). L'arrivée de ces nouveaux matériaux non seulement nécessitera de nouvelles formations dans les rangs des professionnels, mais modifiera de manière globale la façon dont on construit aujourd'hui. "Sans oublier la période de recul indispensable avant que ces matériaux ne recueillent totalement la confiance des entrepreneurs et des clients", ajoute le spécialiste, qui souligne que l'une des missions du CSTC est justement de montrer au secteur que les matériaux écoresponsables peuvent se révéler autant, voire plus performants que leurs équivalents traditionnels.

© STUDIO THE LIVING

10.000

Nombre de briques qui constituent ce pavillon de 12 mètres de haut présenté en 2019 lors de l'exposition française itinérante Fibra Architectures. Les briques sont composées de déchets de maïs et de mycélium.

Chaque année, quelque quatre millions de tonnes de textile finissent dans une décharge ou un incinérateur, rien qu'en Europe. Quant au secteur du bâtiment, il n'a jamais autant émis de CO2 à l'échelle mondiale, selon un récent rapport de l'Onu. C'est sur la base de ce double constat que l'architecte et entrepreneure française Clarisse Merlet (photo) a eu l'idée de mettre au point des briques à base de déchets textiles. Sa start-up récupère de vieux t-shirts, jeans et autres chutes de confection, avant de les broyer, les agglomérer à l'aide dune colle écologique et de mouler le tout en forme de brique grâce à une presse. A l'heure actuelle, FabBRICK se concentre principalement sur le design en produisant des briques de parement - déjà plus de 50.000 - qui peuvent être utilisées comme éléments décoratifs ou d'isolation thermique et acoustique. Mais la jeune pousse travaille également au développement d'une brique de construction qui pourrait être utilisée dans le bâtiment pour dresser des murs porteurs. Signe de ses grandes ambitions, la start-up parisienne déménage en ce moment ses installations dans des locaux plus spacieux et a récemment investi 100.000 euros dans une machine motorisée qui lui permettra d'automatiser sa production, jusqu'ici manuelle. Ces dernières années, les initiatives écoresponsables se sont multipliées dans le secteur de la construction. Citons pêle-mêle du béton végétal (notamment de chanvre) ou biologique (à partir de carapaces d'écrevisses américaines mixées à des renouées du Japon), des écopavés à base de coquillages, du verre fabriqué à partir de moules ou encore un substitut à la frigolite constitué de fibres végétales (chanvre, maïs, etc.) liées avec du mycélium. Les innovations à faible impact environnemental arrivent donc, mais il leur faudra toutefois encore un certain temps avant d'être généralisée sur les chantiers. "La volonté de verdir le secteur est bien présente, et elle n'a fait que s'amplifier ces dernières années. Mais le basculement ne pourra se faire que progressivement", et ce pour plusieurs raisons, explique Stéphane Charron, chef de laboratoire Matériaux de Construction auprès du Centre scientifique et technique de la construction (CSTC). L'arrivée de ces nouveaux matériaux non seulement nécessitera de nouvelles formations dans les rangs des professionnels, mais modifiera de manière globale la façon dont on construit aujourd'hui. "Sans oublier la période de recul indispensable avant que ces matériaux ne recueillent totalement la confiance des entrepreneurs et des clients", ajoute le spécialiste, qui souligne que l'une des missions du CSTC est justement de montrer au secteur que les matériaux écoresponsables peuvent se révéler autant, voire plus performants que leurs équivalents traditionnels.