Un prototype japonais

L'énergie marine est l'une des sources renouvelables les plus prometteuses. Elle ne représente pourtant que 0,2% de l'énergie durable mondiale. Cela devrait bientôt changer. Ces dernières années, diverses technologies marémotrices (l'énergie des marées) ou houlomotrices (l'énergie des vagues) ont été développées. Le game changer pourrait venir du Japon. La société IHI Corporation a présenté son prototype de turbine hydraulique sous-marine, baptisé Kairyu. Composé de trois flotteurs cylindriques de 20 mètres de long et de deux turbines d'environ 11 mètres de diamètre, il convertit l'énergie cinétique des courants océaniqu...

L'énergie marine est l'une des sources renouvelables les plus prometteuses. Elle ne représente pourtant que 0,2% de l'énergie durable mondiale. Cela devrait bientôt changer. Ces dernières années, diverses technologies marémotrices (l'énergie des marées) ou houlomotrices (l'énergie des vagues) ont été développées. Le game changer pourrait venir du Japon. La société IHI Corporation a présenté son prototype de turbine hydraulique sous-marine, baptisé Kairyu. Composé de trois flotteurs cylindriques de 20 mètres de long et de deux turbines d'environ 11 mètres de diamètre, il convertit l'énergie cinétique des courants océaniques en électricité. Pour ce faire, Kairyu se positionne à environ 50 mètres sous la surface de l'eau. Plus les courants sont violents, plus la production d'électricité est importante. Les premiers essais réalisés dans des eaux à faible courant ont permis une production de 100 kWh. Une version géante pourrait suffire à répondre à la demande totale en électricité du Japon, selon IHI Corporation. Orbital Marine Power, en Ecosse, développe une turbine flottante similaire baptisée O2 (photo). "Nous avons pour mission de débloquer une nouvelle source d'énergie propre et prévisible pour des millions de personnes, de foyers et d'entreprises à travers le monde", nous explique Sarah Clark, porte-parole de l'entreprise. La turbine a produit plus de 3 GWh d'électricité au cours de son programme de test continu initial de 12 mois. Son fonctionnement est semblable à celui de Kairyu. "La structure flottante est maintenue en place avec un système d'amarrage à quatre points. L'électricité est acheminée via un câble lâche qui relie la turbine au fond de l'océan où est posé un câble statique relié au réseau électrique terrestre local." Cette technologie durable a un facteur de capacité estimé entre 40 et 70%. A terme, dans des pays tels le Japon, l'énergie cinétique des courants océaniques pourrait donc remplacer une source stable et sans intermittence comme le nucléaire. Du côté de l'Ecosse, admet Sarah Clark, les possibilités sont un peu plus limitées. "La turbine devrait fonctionner dans les eaux au large des Orcades (archipel baigné par le Gulf Stream, Ndlr) et répondre pendant les 15 à 20 prochaines années à la demande annuelle en électricité d'environ 2.000 foyers britanniques avec une énergie propre et prévisible provenant des eaux à débit rapide, tout en compensant environ 2.200 tonnes de production de CO2 par an". Les turbines flottantes devraient se généraliser dans la décennie à venir. IHI a annoncé que sa turbine sera opérationnelle en 2030. Orbital a, quant à elle, été sélectionnée pour mener un plan paneuropéen. Ce dernier coûte 26,7 millions d'euros, dont 20,5 millions viennent du programme de recherche et d'innovation Horizon 2020 de l'Union européenne pour accélérer le déploiement commercial de l'énergie flottante et ainsi diversifier davantage le mix énergétique européen.