L'annonce du rachat par Elon Musk du réseau Twitter fait peur. Pourtant, il est difficile de contester à l'homme des qualités qui devraient plaire. C'est un vrai créateur d'entreprises, et qui s'est consacré à l'innovation. Il l'a fait notamment dans le domaine spatial qui a toujours été le symbole du progrès, et surtout dans une entreprise d'automobiles électriques, ce qui devrait en faire un héros pour la partie des écologistes qui ne choisissent pas le retour à la charrette et à la bougie.

Mais sans doute l'homme a-t-il un défaut impardonnable aux yeux de beaucoup: il est riche. Il n'a volé personne, sa prospérité est due à ses investissements, il n'est l'héritier d'aucune fortune et il est le plus gros contribuable des Etats-Unis. Mais cela ne suffit pas pour faire oublier sa richesse et son succès, deux tares inacceptables pour la plupart de ceux qui n'ont ni l'une ni l'autre. Le problème, c'est que les médiocres sont nombreux et crient souvent très fort, en meute.

Et surtout, beaucoup ne supportent pas qu'Elon Musk annonce avoir acheté Twitter pour rendre la liberté à ce réseau et à ses abonnés. Tout de suite, il se trouve un commissaire européen, Thierry Breton, pour s'exclamer - utilisant un des termes préférés de ses homologues - qu'il faudra "interdire" Twitter en Europe si c'est le cas. Interdire, c'est effectivement ce que la Commission européenne fait le mieux.

Soyons réalistes, Elon Musk n'a pas dit qu'il allait enfreindre les lois. Il existe, aux Etats-Unis comme en Europe et ailleurs, des règles qui empêchent de publier des insultes, des atteintes à la vie privée, des informations financières trompeuses, de la haine raciale et bien d'autres choses. Personne n'imagine qu'Elon Musk bravera ces lois, durement sanctionnées, lorsqu'il dirigera son réseau social.

Ce qu'on peut espérer, en revanche, c'est qu'il n'ajoute pas à ces interdictions légales légitimes une censure privée comme le font nombre de réseaux sociaux actuels. En d'autres termes, on peut espérer qu'il se bornera à respecter les lois et à les faire respecter sur Twitter sans, en outre, imposer ses propres idées, prendre parti dans des élections ou choisir un camp. On peut notamment imaginer qu'il cessera de favoriser certains courants, comme le woke, de choisir les seuls scientifiques qui auront le droit de s'exprimer ou d'interdire de fait les débats sur certains sujets.

Certains voudraient bien sûr qu'il censure les "fausses nouvelles". Le mensonge n'a jamais bonne presse, et c'est normal. Mais le problème lorsqu'on interdit, comme le font toutes les dictatures, les "fausses nouvelles", c'est qu'il faut que quelqu'un définisse ce qu'est la "vraie nouvelle". En général, c'est le pouvoir en place qui la définit souverainement. Et ce qu'on interdit, c'est la parole d'opposition. Lorsque ce n'est pas le pouvoir, il peut s'agir de personnes bien pensantes, choisies pour l'un ou l'autre motif, souvent fort honorables. Aussi sincères qu'elles soient, et même si elles ne sont pas subsidiées ou favorisées par le Pouvoir, personne ne peut jamais s'assurer qu'elles détiennent la Vérité. Ce que veut sans doute Elon Musk, c'est permettre à chacun d'exprimer "sa" vérité et de laisser chacun se faire une opinion dans le cadre d'une libre discussion. Avec certes, des incompétents et des menteurs. Si ceux-ci peuvent voter, on ne voit pas pourquoi ils ne pourraient pas parler.

L'annonce du rachat par Elon Musk du réseau Twitter fait peur. Pourtant, il est difficile de contester à l'homme des qualités qui devraient plaire. C'est un vrai créateur d'entreprises, et qui s'est consacré à l'innovation. Il l'a fait notamment dans le domaine spatial qui a toujours été le symbole du progrès, et surtout dans une entreprise d'automobiles électriques, ce qui devrait en faire un héros pour la partie des écologistes qui ne choisissent pas le retour à la charrette et à la bougie. Mais sans doute l'homme a-t-il un défaut impardonnable aux yeux de beaucoup: il est riche. Il n'a volé personne, sa prospérité est due à ses investissements, il n'est l'héritier d'aucune fortune et il est le plus gros contribuable des Etats-Unis. Mais cela ne suffit pas pour faire oublier sa richesse et son succès, deux tares inacceptables pour la plupart de ceux qui n'ont ni l'une ni l'autre. Le problème, c'est que les médiocres sont nombreux et crient souvent très fort, en meute. Et surtout, beaucoup ne supportent pas qu'Elon Musk annonce avoir acheté Twitter pour rendre la liberté à ce réseau et à ses abonnés. Tout de suite, il se trouve un commissaire européen, Thierry Breton, pour s'exclamer - utilisant un des termes préférés de ses homologues - qu'il faudra "interdire" Twitter en Europe si c'est le cas. Interdire, c'est effectivement ce que la Commission européenne fait le mieux. Soyons réalistes, Elon Musk n'a pas dit qu'il allait enfreindre les lois. Il existe, aux Etats-Unis comme en Europe et ailleurs, des règles qui empêchent de publier des insultes, des atteintes à la vie privée, des informations financières trompeuses, de la haine raciale et bien d'autres choses. Personne n'imagine qu'Elon Musk bravera ces lois, durement sanctionnées, lorsqu'il dirigera son réseau social. Ce qu'on peut espérer, en revanche, c'est qu'il n'ajoute pas à ces interdictions légales légitimes une censure privée comme le font nombre de réseaux sociaux actuels. En d'autres termes, on peut espérer qu'il se bornera à respecter les lois et à les faire respecter sur Twitter sans, en outre, imposer ses propres idées, prendre parti dans des élections ou choisir un camp. On peut notamment imaginer qu'il cessera de favoriser certains courants, comme le woke, de choisir les seuls scientifiques qui auront le droit de s'exprimer ou d'interdire de fait les débats sur certains sujets. Certains voudraient bien sûr qu'il censure les "fausses nouvelles". Le mensonge n'a jamais bonne presse, et c'est normal. Mais le problème lorsqu'on interdit, comme le font toutes les dictatures, les "fausses nouvelles", c'est qu'il faut que quelqu'un définisse ce qu'est la "vraie nouvelle". En général, c'est le pouvoir en place qui la définit souverainement. Et ce qu'on interdit, c'est la parole d'opposition. Lorsque ce n'est pas le pouvoir, il peut s'agir de personnes bien pensantes, choisies pour l'un ou l'autre motif, souvent fort honorables. Aussi sincères qu'elles soient, et même si elles ne sont pas subsidiées ou favorisées par le Pouvoir, personne ne peut jamais s'assurer qu'elles détiennent la Vérité. Ce que veut sans doute Elon Musk, c'est permettre à chacun d'exprimer "sa" vérité et de laisser chacun se faire une opinion dans le cadre d'une libre discussion. Avec certes, des incompétents et des menteurs. Si ceux-ci peuvent voter, on ne voit pas pourquoi ils ne pourraient pas parler.