La Flandre compte actuellement près de 1.000 élevages industriels aisément repérables dans le paysage. C'est le cas par exemple à Wuustwezel, près de la frontière néerlandaise, en train de devenir une véritable chicken valley.
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La Flandre compte actuellement près de 1.000 élevages industriels aisément repérables dans le paysage. C'est le cas par exemple à Wuustwezel, près de la frontière néerlandaise, en train de devenir une véritable chicken valley. Ces constructions relèvent toutes de la même logique: grandir ou mourir. Plus les élevages deviennent intensifs, plus les marges s'amenuisent. Tous frais déduits, un poulet ne laisse que 12 centimes à son éleveur. D'où la tentation de compenser cette faiblesse par une augmentation des volumes. Dégoûtés, ceux qui sont proches de la retraite préfèrent remiser leurs outils. Des jeunes en profitent pour racheter les exploitations. Peu à peu se constituent ainsi de petits empires familiaux gérés par des agriculteurs devenus managers. Mais le nerf de la guerre fait souvent défaut. Un simple poulailler dépasse déjà le million d'euros. Pour survivre, l'agriculteur accepte alors de devenir employé de l'agro-industrie. Combien sont-ils dans ce cas? C'est le grand tabou. Dans cette redistribution des cartes, nos voisins néerlandais se montrent aussi actifs qu'opportunistes. Ils produisent en Flandre mais transforment aux Pays-Bas et empochent ainsi la plus-value. Une méga- étable n'est pas un supermarché, s'insurge Bart Vanwildemeersch, responsable d'une fédération agroécologique de Flandre-Occidentale. "C'est un établissement qui génère des troubles et des nuisances, clame-t-il. Si nous n'y prenons garde, les multinationales néerlandaises empocheront tout et ne nous laisseront que le fumier et les nuisances."