Accélérer la transition

Plutôt que de remplacer une voiture diesel ou essence qui ne répond plus aux normes environnementales par un modèle électrique neuf, pourquoi ne pas simplement changer le moteur? L'idée paraît évidente. Elle en est pourtant encore à ses balbutiements. Mécaniquement, en effet, le processus est complexe. La start-up Decarbone, née en juin 2020, prouve toutefois que cette conversion (ou retrofit) est possible. Dans le cadre de la transition environnementale, celle-ci est même souhaitable. Sur la base des données de l'ONG Transport & Environnement, deux des trois fondateurs de la start-up - à savoir Arthur Andruszkiewicz, ingénieur, et Eric Champagne, expert automobile - ont calculé l'impact d'une telle transformation. Celle-ci réduirait de 76% les émissions de CO2 par rapport au maintien d'un diesel. Comparée à l'acquisition d'une nouvelle voiture électrique, la conversion émettrait 31% de CO2 en moins. En France, l'Ademe (Agence de la transition écologique) avance des chiffres à peu près similaires.

20.000 euros

Le coût approximatif d'une conversion. Il varie selon la capacité des batteries. Vu son prix, cette option est pour le moment surtout destinée aux véhicules professionnels.

Millions de kilomètres

Désormais, des dizaines de start- up à travers le monde s'intéressent au retrofit. Eric Champagne et Arthur Andruszkiewicz sont entrés sur ce marché par la mise aux normes des voitures ancêtres. Très vite, ils ont compris que le concept pouvait aller beaucoup plus loin. Aujourd'hui, Decarbone se focalise essentiellement sur les utilitaires professionnels. "Une voiture est conçue pour rouler des millions de kilomètres. Si on en change prématurément, c'est soit en raison du marketing, soit à cause du moteur. Remplacer un moteur d'un véhicule de 5 à 15 ans revient donc à allonger considérablement sa durée de vie", explique Eric Champagne.

Retard législatif

La réglementation bruxelloise prévoit une prime pouvant atteindre 7.500 euros destinée à la transformation d'un véhicule de catégorie N1 (conçu pour le transport de marchandises de maximum 3,5 tonnes). La Région de Bruxelles-Capitale a pris de l'avance car le retrofit n'est pas encore légal en Belgique. Des discussions sont en cours au sein des parlements régionaux et à la Chambre. "Résultats des courses, en attendant la législation qu'on espère voir aboutir en 2022, nous homologuons les conversions aux Pays-Bas, ce qui est légal car le pays est membre de l'Union européenne", explique l'ingénieur.

L'équipe Decarbone., pg
L'équipe Decarbone. © pg

1.000 nouveaux emplois

Cette phase transitoire ralentit la généralisation du retrofit. Or, ce nouveau marché pourrait être bénéfique à l'emploi. En France, l'Ademe estime qu'il pourrait engendrer entre 700 et 6.500 jobs consolidés. "En Belgique, on jauge la création d'emplois entre 500 et 1.000", ajoute Arthur Andruszkiewicz. Auxquels il faut ajouter les jobs indirects. "Decarbone se consacre à la création de kits retrofit. Ensuite, des garages partenaires se chargent de leur installation. Alors que l'arrivée massive des véhicules électriques nécessitant moins de maintenance met en péril le travail des garagistes, l'installation de ces kits de conversion leur offre une belle opportunité. Tout le monde est gagnant et l'emploi est local."

Plutôt que de remplacer une voiture diesel ou essence qui ne répond plus aux normes environnementales par un modèle électrique neuf, pourquoi ne pas simplement changer le moteur? L'idée paraît évidente. Elle en est pourtant encore à ses balbutiements. Mécaniquement, en effet, le processus est complexe. La start-up Decarbone, née en juin 2020, prouve toutefois que cette conversion (ou retrofit) est possible. Dans le cadre de la transition environnementale, celle-ci est même souhaitable. Sur la base des données de l'ONG Transport & Environnement, deux des trois fondateurs de la start-up - à savoir Arthur Andruszkiewicz, ingénieur, et Eric Champagne, expert automobile - ont calculé l'impact d'une telle transformation. Celle-ci réduirait de 76% les émissions de CO2 par rapport au maintien d'un diesel. Comparée à l'acquisition d'une nouvelle voiture électrique, la conversion émettrait 31% de CO2 en moins. En France, l'Ademe (Agence de la transition écologique) avance des chiffres à peu près similaires. Désormais, des dizaines de start- up à travers le monde s'intéressent au retrofit. Eric Champagne et Arthur Andruszkiewicz sont entrés sur ce marché par la mise aux normes des voitures ancêtres. Très vite, ils ont compris que le concept pouvait aller beaucoup plus loin. Aujourd'hui, Decarbone se focalise essentiellement sur les utilitaires professionnels. "Une voiture est conçue pour rouler des millions de kilomètres. Si on en change prématurément, c'est soit en raison du marketing, soit à cause du moteur. Remplacer un moteur d'un véhicule de 5 à 15 ans revient donc à allonger considérablement sa durée de vie", explique Eric Champagne. La réglementation bruxelloise prévoit une prime pouvant atteindre 7.500 euros destinée à la transformation d'un véhicule de catégorie N1 (conçu pour le transport de marchandises de maximum 3,5 tonnes). La Région de Bruxelles-Capitale a pris de l'avance car le retrofit n'est pas encore légal en Belgique. Des discussions sont en cours au sein des parlements régionaux et à la Chambre. "Résultats des courses, en attendant la législation qu'on espère voir aboutir en 2022, nous homologuons les conversions aux Pays-Bas, ce qui est légal car le pays est membre de l'Union européenne", explique l'ingénieur. Cette phase transitoire ralentit la généralisation du retrofit. Or, ce nouveau marché pourrait être bénéfique à l'emploi. En France, l'Ademe estime qu'il pourrait engendrer entre 700 et 6.500 jobs consolidés. "En Belgique, on jauge la création d'emplois entre 500 et 1.000", ajoute Arthur Andruszkiewicz. Auxquels il faut ajouter les jobs indirects. "Decarbone se consacre à la création de kits retrofit. Ensuite, des garages partenaires se chargent de leur installation. Alors que l'arrivée massive des véhicules électriques nécessitant moins de maintenance met en péril le travail des garagistes, l'installation de ces kits de conversion leur offre une belle opportunité. Tout le monde est gagnant et l'emploi est local."