L'annonce d'une nouvelle écotaxe française sur les tickets d'avion a énervé les représentants des compagnies aériennes européennes, de l'association A4E (Airlines for Europe), réunis à Bruxelles. Paris va imposer 1,5 à 18 euros par ticket pour les vols partant de France. Ce qui a fait bondir Willie Walsh, le CEO du groupe IAG, qui compte British Airways, Iberia, Vueling et Aer Lingus. "Ces taxes n'amélioreront rien pour l'environnement. Le plus efficace est d'investir dans des nouvelles technologies qui réduisent les émissions des avions, c'est ce que nous faisons. L'environnement est juste une étiquette pour ces taxes, une étiquette abusive, pour donner l'impression de faire quelque chose."
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L'annonce d'une nouvelle écotaxe française sur les tickets d'avion a énervé les représentants des compagnies aériennes européennes, de l'association A4E (Airlines for Europe), réunis à Bruxelles. Paris va imposer 1,5 à 18 euros par ticket pour les vols partant de France. Ce qui a fait bondir Willie Walsh, le CEO du groupe IAG, qui compte British Airways, Iberia, Vueling et Aer Lingus. "Ces taxes n'amélioreront rien pour l'environnement. Le plus efficace est d'investir dans des nouvelles technologies qui réduisent les émissions des avions, c'est ce que nous faisons. L'environnement est juste une étiquette pour ces taxes, une étiquette abusive, pour donner l'impression de faire quelque chose."Il ajoute que "pas un centime de ces taxes ne servira à l'environnement", alors que le transport aérien "paie toute ses charges, alors le ferroviaire, lui, est subsidié."La décision française s'inscrit dans un contexte où le transport aérien est mis sur la sellette dans le vaste débat sur les gaz à effet de serre. L'avion est fiscalement favorisé : les tickets ne sont pas soumis à la TVA et le kérosène n'est pas taxé, contrairement au diesel routier. Quelques pays imposent une taxe sur les tickets (Allemagne, France, Grande-Bretagne), mais il n'y a pas d'approche coordonnée. Les débats autour des élections européennes ont ramené le sujet sur la table.Les compagnies européennes se sont défendues devant une série de journalistes européens ce 10 juillet, au siège de l'A4E, rue du Luxembourg à Bruxelles. Outre le patron d'AIG, par celui de Ryanair, Michael O'Leary, qui préside l'A4E, et Christina Foerster, dirigeante de Brussels Airlines, se sont exprimés. "Cela me perturbe d'entendre que les compagnies aériennes voyageraient sans taxe ("get a free ride")" a soutenu le CEO de Ryanair. "Elles paient 5 milliards d'euros de taxe dont 590 millions d'euros d'ETS (taxes environnementales ndlr)". Il estime ces taxes, pour Ryanair, à 4 euros par passager.Il estime que de nouvelles taxations pourraient avoir un effet néfaste sur certains pays. "Les Néerlandais disposent d'un bon réseau de chemins de fer, ils ont des alternatives, mais ce n'est pas le cas de beaucoup d'autres pays européens, l'Irlande, la Roumanie, la Pologne, et les îles en général comme Chypre." Ajoutant, touche d'humour personnel, que "Nous autres Irlandais ne sommes pas très bons pour nager."Son argument massue est que "la libéralisation du transport aérien, la multiplication des tickets à bas prix, est une des rares réussites de l'Union européenne, avec la fin des frais du roaming."La CEO de Brussels Airlines, Christina Foerster, a souligné que ces idées ou projets de taxes visent une industrie "dont les marges ne sont généralement pas élevées". Elle sait de quoi elle parle : Brussels Airlines va annoncer d'ici un ou deux mois un plan pour améliorer sa rentabilité, sur trois ans. En 2018, la filiale belge du groupe Lufthansa avait dégagé un bénéfice opérationnel symbolique de 7,6 millions d'euros sur de près de 1,6 milliard d'euros de ventes (0,5%). Ryanair est sur ce plan nettement plus prospère (1,24 milliard de marge opérationnelle sur 7,56 milliards de ventes), mais c'est plutôt exceptionnel en Europe.Elle estime que l'Union européenne pourrait aisément améliorer les émissions de CO2, en mettant de l'ordre dans le contrôle aérien, où les grèves et des soucis d'organisation ont entraîné depuis le début de l'année "plus de 550 annulations de vols", rien que pour les grèves de Skyes, le contrôle aérien belge. "Elles ont coûté 4,6 millions d'euros à Brussels Airlines cette année" ajoute Christina Foerster.Cela fait plus de 15 ans qu'un contrôle aérien plus intégré aurait dû être mis en place (ciel unique européen) en Europe, pour mieux suivre la croissance du trafic, mais de nombreux pays tiennent à leur système national. Certains sont plus prompts à la grève que d'autres : la France et la Belgique sont dans ce cas, souvent à la dernière minute. "Et quand il y a des problèmes, des avions annulés, c'est nous qui sommes face aux passagers, pas les services de contrôle aérien" précise Christina Foerster."La mauvaise gestion de l'espace aérien en Europe entraîne un allongement des routes et une augmentation de la consommation de carburant" soutient Willie Walsh, d'IAG, "et une augmentation de 5,8% des émissions de CO2."