Le 23 novembre, une nouvelle appli a fait son apparition sur les plateformes Google Play Store et Apple Store. Son nom? Eat to Eat. Le concept est de créer une communauté conviviale. Des particuliers peuvent y vendre des petits plats à d'autres particuliers à prix doux. Cette idée toute simple est strictement encadrée: aucun professionnel n'y est admis, le nombre de portions vendues est limité à six par jour et des règles sanitaires strictes sont exigées. Une espèce de Menu Next Door dont on aurait gommé les défauts. Derrière cette appli se cachent une société suisse créée en 2019 et un groupe d'investisseurs privés dirigé par Philipp...

Le 23 novembre, une nouvelle appli a fait son apparition sur les plateformes Google Play Store et Apple Store. Son nom? Eat to Eat. Le concept est de créer une communauté conviviale. Des particuliers peuvent y vendre des petits plats à d'autres particuliers à prix doux. Cette idée toute simple est strictement encadrée: aucun professionnel n'y est admis, le nombre de portions vendues est limité à six par jour et des règles sanitaires strictes sont exigées. Une espèce de Menu Next Door dont on aurait gommé les défauts. Derrière cette appli se cachent une société suisse créée en 2019 et un groupe d'investisseurs privés dirigé par Philippe Borms, une figure bien connue du monde de la publicité et de la communication en Belgique. Le lancement belge à grands renforts de spots TV mettant en scène Eric Boschman du côté francophone et Marlène de Wouters du côté néerlandophone n'est que le début d'un essaimage mondial. Eat to Eat sera disponible en janvier en France et aux Pays-Bas, en février en Allemagne, en Italie et en Espagne et en mars à Hong Kong. Chaque lancement sera soutenu par une campagne télé et des ambassadeurs locaux. La Belgique essuie donc les plâtres. "C'est typique, sourit Philippe Borms. La Belgique est le marché test par excellence pour lancer un produit. Pourquoi? Deux langues et trois cultures. Si ça marche ici, ça marchera partout." Chez nous, le succès est fulgurant. En date du 10 décembre, 6.000 personnes étaient déjà inscrites: 1.800 cuisiniers et 4.200 clients, également répartis dans les rôles linguistiques. "Je n'ai jamais pensé que cela irait aussi vite, poursuit Philippe Borms. Nous espérions des transactions en janvier. Là, elles ont démarré il y a quelques jours et cela grandit quotidiennement." Eat to Eat prend une marge de 20% sur chaque transaction. La société a négocié avec Apple et Google pour ne pas devoir leur payer de commission sur les ventes. Elle dégage aussi des profits sur la vente de sacs de transport et de récipients biodégradables pour le conditionnement des plats. Dix-sept personnes travaillent sur le projet dont les développeurs qui ont mis 14 mois pour programmer l'appli et continuent à la mettre à jour. Eat to Eat a déjà déboursé 4,7 millions d'euros. Mais le plus dur est fait car pour les autres pays, seule la langue devra être changée. A l'heure où nos restos sont fermés et où les fédérations horeca se plaignent de la concurrence non restreinte des plats préparés des grandes surfaces, une telle appli ne fait évidemment pas que des heureux. "Le projet a été lancé il y a un an et demi, précise Philippe Borms. Dois-je attendre qu'on règle la pandémie? Ce n'est pas possible. Franchement, les critiques m'ennuient car je ne suis pas le fossoyeur de l'horeca que je fréquente moi-même assidûment. En guise de bonne foi, nous allons faire une exception temporaire à notre charte. Jusqu'à leur réouverture, les restos vont pouvoir vendre leurs menus à emporter sur l'appli. A compter du samedi 19 décembre. Une vaste campagne de publicité qui, en outre, incitera les gens à profiter de leurs take away, va soutenir ce geste."