Et si nous parlions de cinéma ? Et plus précisément de superhéros : Iron Man, Hulk et Thor et leurs autres amis aux super pouvoirs sont à nouveau sur les grands écrans avec déjà plusieurs records au box-office. Avec 2,2 milliards de dollars de recettes, le film "Avengers : Endgame" est devenu, en quelques semaines, le deuxième film ayant le plus récolté d'argent dans le monde. Il a déjà dépassé Star Wars et le célébrissime Titanic en terme de recettes. Il faudra attendre encore quelques semaines pour que ce film de superhéros dépasse aussi Avatar qui avait récolté 2,79 milliards de dollars !

J'ai démarré la chronique en disant que j'allais parler de cinéma... En réalité, j'aurais dû préciser que j'allais surtout parler de gros sous car tous ces films de superhéros sont aujourd'hui produits par Disney. La maison-mère de Mickey a en effet racheté en 2009 les studios Marvel et de ce fait, Disney a mis le grappin sur un incroyable catalogue de superhéros. Pour rentabiliser cet achat, Disney a abandonné ce qui faisait la force de Hollywood, à savoir la créativité... Avant Disney pouvait produire des dizaines de films par an, mais aujourd'hui, ce n'est plus le cas, c'est un film environ par mois, tout au plus, selon Les Echos.

En résumé, Disney produit moins mais plus efficace. La maison-mère de Mickey joue à fond la carte du marketing. D'ailleurs le budget marketing est souvent aussi important que le budget réalisation du film, et tout cela essentiellement, non pas pour créer de nouveaux personnages, mais pour recycler à l'infini des superhéros. C'est simple, comme l'écrivent Les Echos, il suffit de regarder tous ces films à succès, ce n'est qu'une série de suites, de "remakes" ou ce qu'on appelle dans le jargon d'Hollywood des "spin off" ; autrement dit, un personnage secondaire dans un film et sur lequel on met l'accent dans un autre film.

Bref, pour gagner de l'argent et limiter les risques, Disney joue la carte de la sécurité et bride son imagination. Pour le moment ce pari fonctionne à fond et ne semble pas lasser le public. Mieux encore, Disney décline ces films à succès sous forme de séries et dans les parcs à thème. A terme, le public risque d'être lassé, mais pour l'heure Disney est dans un pari gagnant : sa direction a décidé de jouer la carte du plus petit dénominateur commun.

C'est ce qui est paradoxal aujourd'hui, si vous voulez de l'originalité, il faut regarder le petit écran et non plus le grand écran, et c'est Netflix qui se montre le plus créatif sur ce créneau. Il faut dire que, n'étant pas tributaire de l'audimat mais uniquement des abonnements, Netflix peut se permettre de sortir des séries ultra-originales car ces séries sont amorties au niveau mondial.

L'audace cinématographique est passée aujourd'hui de Hollywood vers Netflix. Ce n'est donc pas un hasard si "Roma" d'Alfonso Cuaron a remporté 3 Oscars cette année, dont celle du meilleur réalisateur. Qui aurait pensé cela il y a dix ans encore ?