Il existe des règles strictes quant au montant des marchés publics, basées sur la réglementation européenne. Il y a toutefois d'importantes différences entre la situation en Belgique et dans les pays voisins. "Dans notre pays, un quart des marchés publics (24%) sont attribués à des entreprises étrangères, alors que la moyenne européenne s'élève à 4%. Si on tient compte aussi des affectations indirectes, cela monte même à 42% des commandes officielles qui aboutissent à l'étranger, alors qu'elles ne sont respectivement que de 21% et 14% aux Pays-Bas et en Allemagne", explique Agoria. L'organisation appelle dès lors, avec les syndicats chrétien, socialiste et libéral, à adopter une politique industrielle plus "holistique".

"Nous nous sommes inspirés des lois sur les appels d'offres publics en vigueur dans les pays voisins", explique Marc Lambotte, CEO d'Agoria. En France, la "loi Molière" impose aux travailleurs qui introduisent une offre à parler suffisamment la langue locale. Une telle exigence est justifiable, selon l'organisation, pour garantir la sécurité sur les chantiers.

Aux Pays-Bas, on ne tient pas compte que du prix de l'offre, mais aussi, par exemple, de l'impact social, ou des conséquences sur le climat.

Les partenaires sociaux ont formulé 20 propositions au total. Ils demandent également davantage de transparence, un meilleur suivi des marchés publics mais aussi la vérification du respect du paiement des sous-traitants afin de lutter contre la concurrence déloyale.

Les marchés publics représentent environ 14% du PIB de l'Union européenne, pour quelque 2.000 milliards d'euros par an. "Il s'agit donc d'un win-win, tant d'un point de vue des autorités contractantes que des entreprises, des travailleurs et même des citoyens", ajoute le communiqué.