Cartamundi est un bel exemple d'une société qui a réussi à s'organiser et à se réinventer pour mettre son expertise au profit de la lutte contre le coronavirus. David Germis, CEO de Medimundi, retrace pour Trends Tendances la genèse de la nouvelle spin-off de l'université d'Anvers et de la société Cartamundi, leader mondial dans la production de cartes et de jeux de société.
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Cartamundi est un bel exemple d'une société qui a réussi à s'organiser et à se réinventer pour mettre son expertise au profit de la lutte contre le coronavirus. David Germis, CEO de Medimundi, retrace pour Trends Tendances la genèse de la nouvelle spin-off de l'université d'Anvers et de la société Cartamundi, leader mondial dans la production de cartes et de jeux de société. "Dès le début de la crise, nos collaborateurs ont voulu se rendre utiles, en distribuant des jeux, mais aussi en fabriquant des écrans de protection en plexiglas. On a aussi repensé la production d'assemblage de nos jeux pour réaliser des kits de testing dans notre usine irlandaise ", explique-t-il. Et parmi ces initiatives variées qui ont émergé au début de la pandémie, Cartamundi a saisi l'opportunité de produire des masques FFP2, un outil de protection contre le Covid-19 qui manquait cruellement sur le territoire belge, fortement dépendant de l'étranger, surtout de la Chine, pour son approvisionnement. "C'est un choix stratégique dès le début de vouloir être indépendant de l'étranger", déclare son PDG. "On ne voulait pas produire de masques chirurgicaux. Quand on a pris connaissance que l'Université d'Anvers avait démarré une production pilote de masques FFP2 pour son propre hôpital, on a constaté que la qualité était très bonne et que le masque était fortement apprécié par ses collaborateurs, cela méritait une production à plus grande échelle", explique David Germis. C'est de cette manière que Cartamundi a décidé de dédier dès novembre 2020 son usine belge de Turnhout - un de ses 6 sites en Europe - à la production de masques FFP2. La filiale Medimundi était née. "Notre masque est 100% 'made in Belgium'. Son design a été conçu, développé et breveté par les chercheurs de l'Université d'Anvers. La machine qui le produit a été conçue par la société d'engineering Cloostermans et Cartamundi a mis à disposition son infrastructure industrielle pour la production et la commercialisation", se targue David Germis. "L'approvisionnement en matières premières et en composants se fait, en outre, le plus possible localement", ajoute le dirigeant. Ce dernier insiste sur l'importance de la certification, elle aussi, belge. "Nos masques portent des labels de qualité européens certifiés alors que de nombreux masques sur le marché ne sont pas 100% recommandables au niveau qualité". Il évoque notamment les masques provenant de Chine qui ont le désavantage de ne pas être bien adaptés à la morphologie des visages européens. "Le confort est primordial quand on porte un masque 8 heures par jour ", avance le CEO de Medimundi. Les masques FFP2 offrent une protection 75 fois plus élevée que les masques chirurgicaux. Le masque de Medimundi, qualifié de "premium", va même au-delà avec un degré de filtration des particules de 98%. Si la demande de ce type de masques est d'abord venue des hôpitaux et du secteur médical (dentistes, médecins, kinésithérapeutes,...), de plus en plus de citoyens lambda en commandent aujourd'hui via le webshop de la société, ou en pharmacie, pour se protéger du variant Omicron beaucoup plus contagieux et devenu dominant ces dernières semaines en Belgique. Le personnel soignant des maisons de repos et de soins situées en Flandre devra d'ailleurs, dès lundi, porter ce type de masque. Ailleurs en Europe, il est exigé dans les transports publics en Italie. L'Autriche a même décidé de l'imposer à l'extérieur. "Nous n'avions pas prévu cette demande très forte ", confie David Germis à Trends Tendances. "Avec le variant Omicron, qui est beaucoup plus contagieux, l'intérêt de ce masque est davantage reconnu. Jusqu'à novembre, c'était assez tranquille, mais maintenant, on observe d'un coup, une très forte demande pour ce type de protection. " L'usine belge produit actuellement 5 millions de masques par an, soit 40.000 par jour. La production sera doublée d'ici 2 à 3 semaines, pour arriver à un total de 10 à 14 millions d'unités par an. "Une deuxième machine est prête et sera installée pour doubler la capacité de production de masques", nous confirme David Germis. Au début de l'aventure, les actionnaires de Cartamundi ont mis des fonds importants sur la table. Le consortium avait déjà réuni près de 3,5 millions d'euros pour développer la machine spécialement dédiée à la confection de masques, aménager l'usine et déposer les brevets. Medimundi a également bénéficié fin 2020 d'une subvention de 800.000 euros de la Région flamande. La société est maintenant financièrement autonome. Elle emploie actuellement une vingtaine de personnes. Avec la seconde ligne de production, le personnel grimpera à une trentaine d'employés. Pour l'instant, Medimundi se focalise principalement sur la Belgique. Les masques ne sont pas exportés. L'objectif futur est de développer son expertise dans d'autres pays via les autres sites de Cartamundi. L'entreprise ne compte pas en rester en si bon chemin et nourrit l'ambition de se diversifier davantage. Une production de masques FFP3 est sur les rails. Medimundi finalise leur développement et certification, prévue pour la seconde partie de l'année.Ces masques à la protection encore plus élevée ne sont, par contre, pas destinés à se protéger d'un virus respiratoire. Bien que parfois utilisés en unité Covid des hôpitaux, les masques FFP3 sont plutôt destinés à l'industrie, aux chantiers de construction, au secteur de la chimie,... " Ici aussi, il n'y avait aucune production en Belgique et on était très dépendant de la Chine", déclare le responsable de Medimundi. "Le FFP3 va au-delà de 99% de protection pour l'individu qui le porte. Par contre, s'il protège très bien, il empêche de respirer convenablement. Il est donc pourvu d'une valve qui permet de mieux respirer en laissant passer les aérosols, ce qui protège l'utilisateur, mais pas son interlocuteur. Il n'est donc pas vraiment adapté à la crise sanitaire. Il est plutôt utilisé dans les environnements industriels où il y a beaucoup de poussière", explique David Germis. Avec le lancement de ce nouveau produit, Medimundi anticipe l'avenir et se prépare à l'après-pandémie en vue de pérenniser son activité quand l'utilisation des masques FFP2 sera moins nécessaire.