Ils sont trois. Antoine Bodart, ingénieur civil de formation, Arnaud Vanderplancke, dont la famille préside aux destinées des chaussures Maniet Luxus, et Nicola Lavigna, designer industriel. Ils se sont rencontrés par hasard, ont sympathisé et ont créé en 2019 la société The New Norm Company. L'idée? Mettre sur le marché une vraie basket écoresponsable. En avril 2019, une campagne de financement participatif sur Kickstarter leur a permis de lever 60.000 euros et de lancer leur première production.
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Ils sont trois. Antoine Bodart, ingénieur civil de formation, Arnaud Vanderplancke, dont la famille préside aux destinées des chaussures Maniet Luxus, et Nicola Lavigna, designer industriel. Ils se sont rencontrés par hasard, ont sympathisé et ont créé en 2019 la société The New Norm Company. L'idée? Mettre sur le marché une vraie basket écoresponsable. En avril 2019, une campagne de financement participatif sur Kickstarter leur a permis de lever 60.000 euros et de lancer leur première production. "Je dessine des chaussures depuis que je suis tout petit, confie Nicola Lavigna. Aujourd'hui, je suis designer freelance spécialisé dans les chaussures et je travaille pour des marques comme le Coq Sportif ou, plus haut de gamme, Heschung. Norm, c'est notre bébé mais nous ne pouvons pas encore en vivre. Nous avons tous les trois un métier par ailleurs." Depuis le lancement officiel de la marque en février 2020, la start-up a vendu 900 paires de ses sneakers au look premium et au prix tout aussi premium: 160 euros. Les ventes se font quasi exclusivement via le site internet. "Nous avons un seul modèle et cinq coloris en stock, poursuit Nicolas Lavigna. Nous proposons régulièrement de nouveaux coloris en précommande. La campagne dure un mois et les commandes sont livrées cinq ou six semaines plus tard. Cela permet d'éviter le surstockage et de réaliser des productions à façon. Quant au secteur du retail, il est plutôt frileux, même si nous avons été bien accueillis au Bon Marché à Paris. Nous allons prospecter à nouveau quand la situation sanitaire le permettra. Ce seront des revendeurs plutôt haut de gamme, vu notre positionnement. Pour les convaincre, il va falloir deux ou trois modèles différents et une gamme de coloris. Pour une chaussure, le 100% digital est insuffisant. Surtout que notre sneaker a une histoire à raconter..." Chaque paire est en effet composée de six bouteilles d'eau recyclées, qu'une entreprise espagnole transforme en fil à tisser. Les pelotes sont ensuite tricotées dans une usine roumaine hautement spécialisée en une chaussure d'une seule pièce. L'assemblage avec la semelle (70% de caoutchouc recyclé et 30% de naturel pour garantir les caractéristiques techniques) se réalise au Portugal. Voilà donc une chaussure européenne composée à 90% de matières recyclées. Ce projet durable remarquable a été primé par Be Circular à Bruxelles et a été soutenu par le Fonds ING pour une économie plus circulaire géré par la Fondation Roi Baudouin. Avec les aides des Régions bruxelloise et wallonne, The Norm Company aura levé 175.000 euros depuis sa création. Depuis peu, la start-up pousse son concept encore plus loin. "Nous lançons Circle, un programme de reprise des anciennes Norm contre une réduction de 15% sur un prochain achat, explique Nicolas Lavigna. Si la chaussure est réparable, elle repart dans un circuit caritatif. Si pas, elle retourne au Portugal où elle est entièrement recyclée et entrera dans la fabrication de semelles. Une paire de Norm est donc recyclable à l'infini." Finalement, il ne manque plus à ce projet qu'une filière belge, inexistante à ce jour, pour recycler nos bouteilles et en faire du tissu...