Alors qu'elle faisait régulièrement ses courses chez les petits producteurs autour de chez elle, Delphine de Sauvage était constamment sollicitée par ses proches pour leur ramener des légumes, du beurre, du lait, etc. "J'ai alors pris conscience qu'il y avait une demande pour des produits locaux mais aussi un manque de lien entre le consommateur et les producteurs", se souvient la jeune boss d'Eat's Local, aujourd'hui âgée de 27 ans. De plus, malgré des études dans le domaine, elle ne se voyait pas intégrer une grosse boîte d'agroalimentaire. "J'étais jeune, je n'avais pas grand-chose à perdre alors j'ai décidé de créer une platef...

Alors qu'elle faisait régulièrement ses courses chez les petits producteurs autour de chez elle, Delphine de Sauvage était constamment sollicitée par ses proches pour leur ramener des légumes, du beurre, du lait, etc. "J'ai alors pris conscience qu'il y avait une demande pour des produits locaux mais aussi un manque de lien entre le consommateur et les producteurs", se souvient la jeune boss d'Eat's Local, aujourd'hui âgée de 27 ans. De plus, malgré des études dans le domaine, elle ne se voyait pas intégrer une grosse boîte d'agroalimentaire. "J'étais jeune, je n'avais pas grand-chose à perdre alors j'ai décidé de créer une plateforme reprenant quelques producteurs." C'était en mai 2019. Delphine de Sauvage s'est lancée, en personne physique, sans vrais préparatifs, en utilisant un site Wix quasi gratuit et avec l'aide d'Azimut, un incubateur qui permet d'utiliser un numéro d'entreprise, juste pour tester l'idée. Avec sa propre voiture, elle s'est occupée des livraisons dans trois communes. "Même si le site ne ressemblait à rien, les demandes commençaient à arriver et le bouche à oreille a démarré, notamment grâce aux réseaux sociaux", enchaîne-t-elle. Son concept? Proposer des produits de producteurs ultra-locaux directement chez le consommateur, plusieurs fois par semaine, sans passer par un stock. Quelques mois après le lancement, début 2020, alors que Delphine de Sauvage commençait à vouloir professionnaliser son approche, la crise du coronavirus a changé la donne. "Les commandes ont été multipliées par cinq, se souvient-elle. J'ai dû faire appel à des intérimaires et j'ai pu profiter de l'aide de mon réseau." Une expérience enrichissante et plutôt positive mais qui a fait prendre conscience à la jeune femme qu'elle ne pouvait continuer seule. C'est alors qu'elle a rencontré ses associés actuels, tous deux plus âgés, que la gamme de produits s'est élargie (y compris vers des produits réfrigérés) en même temps que la zone de livraison (désormais tout le Brabant wallon et une bonne partie de Bruxelles). Et si Delphine de Sauvage reste "la jeunette", elle n'a "pas l'impression de jouir de moins de liberté ou de devoir suivre la vision d'associés plus expérimentés", dit-elle. "Ils apportent une expérience qui m'aide beaucoup, notamment à un peu moins me limiter dans mes ambitions de croissance, précise-t-elle. Nous confrontons nos visions différentes et nos modes de vie et cela nous permet de mieux anticiper les besoins de différents types de consommateurs." La jeune entrepreneuse comptait par exemple exclure la viande de sa boutique. Poussée par ses associés, elle en propose désormais et celle-ci représente 30% du chiffe d'affaires d'Eat's Local. Aujourd'hui, la société effectue 150 livraisons par semaine, avec un panier moyen de 80 euros. Mais Delphine de Sauvage compte passer à la vitesse supérieure et répliquer le modèle dans d'autres provinces. "Cela n'a pas de sens, pour moi, de livrer des légumes du Brabant wallon dans le Hainaut, par exemple", précise celle qui, avec ses associés, pense à lever des fonds pour accélérer.