C'est un secteur qui a grandement bénéficié de la pandémie mais c'est aussi un secteur jeune constitué d'entreprises en forte croissance mais encore largement déficitaires. Enfin, c'est un secteur qui se consolide puisque tant Uber Eats que Just Eat Takeaway (déjà une fusion) continuent de racheter leurs concurrents.
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C'est un secteur qui a grandement bénéficié de la pandémie mais c'est aussi un secteur jeune constitué d'entreprises en forte croissance mais encore largement déficitaires. Enfin, c'est un secteur qui se consolide puisque tant Uber Eats que Just Eat Takeaway (déjà une fusion) continuent de racheter leurs concurrents. Dans ce contexte, Deliveroo, créée en 2013 à Londres, a choisi la voie de l'entrée en Bourse. La licorne est présente dans 12 marchés et 800 villes et emploie plus de 100.000 livreurs. A côté de la livraison de repas, elle s'est aussi lancée dans la livraison de courses et espère aussi jouer les intermédiaires entre les fournisseurs et les restaurants. Elle n'a jamais connu un seul exercice rentable. En 2019, elle a essuyé une perte de 374 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 900 millions. Mais c'était avant la pandémie puisque Deliveroo annonce avoir été bénéficiaire au deuxième semestre 2020. Pour son entrée en Bourse, la plateforme compte sur une valorisation proche des 10 milliards de dollars. Le choix de Londres pour son IPO n'est pas innocent. Deliveroo va pouvoir bénéficier d'une réforme initiée par Rishi Sunak, le ministre britannique des Finances. Elle est destinée à soutenir la City en dégringolade face à Amsterdam ou Francfort. Cette réforme entend autoriser les IPO de SPAC (les coquilles vides qui se financent en vue de grosses acquisitions), réduire le capital minimal à introduire de 25 à 15% et, surtout pour Deliveroo, permettre l'émission d'actions à droit de vote multiple. Une technique très prisée par les stars de la tech puisqu'elle leur permet de lever des fonds sans perdre le contrôle de leur entreprise.