Infrabel très content

Infrabel remercie la Commission européenne pour le professionnalisme et l'impartialité avec lesquels elle a mené l'enquête sur la fusion de Siemens et Alstom, indique mercredi le gestionnaire du réseau ferroviaire belge dans une réaction au rejet par l'Europe du projet de fusion entre les deux géants. "Nous avions saisi la Commission européenne pour faire part de notre inquiétude, Alstom et Siemens étant nos principaux fournisseurs", explique Arnaud Reymann, porte-parole. "Nous sommes très contents de cette décision".

Cette fusion aurait en effet "créé une situation de monopole de fait, dont les clients européens auraient directement fait les frais, mais qui aurait impacté indirectement toute notre société et notre économie", affirme encore la société belge.

La Commission "a pris la décision qui s'imposait en vue de protéger les intérêts des opérateurs, gestionnaires d'infrastructures, Etats, actionnaires et clients européens du rail". Infrabel est d'avis qu'il faut désormais réfléchir aux grands défis de l'industrie ferroviaire européenne, identifier des solutions dans l'intérêt de toutes les parties prenantes et se dit prête à s'engager dans ce débat.

Une décision "complètement à côté de la plaque" pour le gouvernement français, Paris dénonce "une faute économique et politique"

Le rejet par la Commission européenne du projet de fusion entre Alstom et Siemens est une décision "complètement à côté de la plaque", a estimé mercredi la secrétaire d'Etat française à l'Economie Agnès Pannier-Runacher, qui juge nécessaire de faire évoluer les règles concurrentielles en Europe.

"Ne pas construire une analyse de la concurrence en prenant en compte ce qui se passe sur le plan mondial (...) c'est de mon point de vue appliquer des règles du XXe siècle à une économie du XXIe siècle. On est complètement à côté de la plaque", a déclaré Mme Pannier-Runacher sur BFM Business.

Selon la secrétaire d'Etat, le gouvernement français est "tout à fait d'accord avec le fait qu'il doit y avoir des règles de concurrence" au sein de l'Union européenne, qui permettent à tous de "jouer de manière faire-play".

"Mais en même temps ces règles, telles qu'elles sont appliquées, nous handicapent" par rapport à "la concurrence mondiale", a-t-elle insisté, en citant notamment le cas du Chinois CRRC, numéro un mondial du ferroviaire.

La Commission européenne s'est opposée mercredi à la fusion entre Alstom et Siemens en estimant que les deux entreprises "n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence" posés par ce rapprochement.

"En l'absence de mesures compensatoires suffisantes, cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation" et "pour les futures générations de trains à très grande vitesse", a justifié Margrethe Vestager, Commissaire chargée de la Concurrence.

Un point de vue qu'Agnès Pannier-Runacher a dit "ne pas partager du tout", Alstom et Siemens ayant selon elle fait "d'énormes concessions" pour tenir compte des réserves exprimées par la Commission européenne.

"Aujourd'hui, on n'a pas un champion européen qui soit capable d'avoir les reins suffisemment solides pour investir, pour innover et pour continuer à gagner des appels d'offres", a regretté la secrétaire d'Etat, en appelant à "rencontruire" le droit de la concurrence.

"La Chine fait des aides d'Etat massives, les Etats-Unis font des aides d'Etat massives... C'est la réalité du marché, il faut en tirer les conséquences", a-t-elle conclu.

Le gouvernement a qualifié, par la voix de son porte-parole Benjamin Griveaux, le veto de Bruxelles sur la fusion Alstom-Siemens de "faute économique et politique", le Premier ministre Edouard Philippe insistant de son côté sur "une mauvaise décision" prise "sur de mauvais fondements".

La décision de la Commission européenne pose la question de "la refondation de la conception du droit de la concurrence au sein de l'Union européenne, qui n'est plus adapté", selon M. Griveaux, qui a précisé que l'hypothèse d'un recours contre le refus n'était "pas tranchée".

Bombardier "heureux" de la décision

Le constructeur ferroviaire canadien Bombardier s'est dit "heureux" mercredi du rejet par la Commission européenne de la fusion des concurrents Siemens et Alstom, estimant qu'une telle opération aurait "gravement compromis la santé et la compétitivité de l'ensemble du marché ferroviaire européen".

"La Commission indique clairement que la fusion proposée ne respecte pas les exigences de la loi sur la concurrence de l'Union européenne", a déclaré dans un communiqué Daniel Desjardins, vice-président principal du groupe, ajoutant que cette fusion dans le rail aurait laissé "les consommateurs européens en payer le prix, à la fois comme utilisateurs du rail et comme contribuables". L'UE a officiellement mis son veto mercredi à l'union de l'allemand Siemens et du français Alstom, malgré les pressions de l'Allemagne et de la France qui espéraient créer un champion européen du rail face à la concurrence chinoise, en l'occurrence le numéro un mondial, CRRC.

Le patron de Siemens dénonce une Europe pas au niveau face à la Chine

Le patron de Siemens a dénoncé mercredi le veto européen à la fusion dans le rail avec le français Alstom, appelant à une réfonte "structurelle" de la politique industrielle européenne face à la concurrence chinoise ou américaine.

"Protéger les intérêts des clients localement ne signifie pas se priver d'être sur un pied d'égalité avec des pays leaders comme la Chine et les Etats-Unis", a déclaré Joe Kaeser, estimant que "les élections européennes à venir constituent une opportunité unique de bâtir l'Europe du futur, y compris dans le champ de la politique industrielle".

"Nous allons réfléchir aux possibilités de consolidation" dit Bruno Le Maire

Le gouvernement va réfléchir à d'autres "possibilités de consolidation pour Alstom" suite au rejet de la fusion du groupe ferroviaire français avec l'allemand Siemens, a déclaré mercredi le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire.

"Ce fleuron français a tout pour réussir, mais il doit se consolider", a ajouté le ministre devant des journalistes au Sénat, après avoir estimé que l'interdiction de Bruxelles "va servir les intérêts" de la Chine et de son géant du rail CRRC.

"Nous étions contre la fusion telle qu'elle était prévue" (CSC-Metea)

"Nous étions contre le projet de fusion tel qu'il était présenté", indique Michel Vandenberghe, délégué CSC-Metea auprès du site de Charleroi d'Alstom Transport.

"Il s'agissait d'un projet essentiellement financier qui n'offrait aucune garantie en dehors de l'Allemagne et de la France", poursuit M. Vandenberghe. "On n'aurait pas pu participer au projet industriel, cela ne nous intéressait donc pas. Nous avions pu rencontrer la commissaire en charge de la Concurrence Margrethe Vestager et nous lui avions fait part de notre point de vue".

Ce rejet de la fusion permet d'éloigner les conséquences qui risquaient de concerner l'emploi de 85 personnes, menacées d'être "vendues à la concurrence", selon les mots de Michel Vandenberghe. Le projet de fusion prévoyant l'abandon de la signalisation des sols et une revente de périmètre.

Infrabel très content Infrabel remercie la Commission européenne pour le professionnalisme et l'impartialité avec lesquels elle a mené l'enquête sur la fusion de Siemens et Alstom, indique mercredi le gestionnaire du réseau ferroviaire belge dans une réaction au rejet par l'Europe du projet de fusion entre les deux géants. "Nous avions saisi la Commission européenne pour faire part de notre inquiétude, Alstom et Siemens étant nos principaux fournisseurs", explique Arnaud Reymann, porte-parole. "Nous sommes très contents de cette décision".Cette fusion aurait en effet "créé une situation de monopole de fait, dont les clients européens auraient directement fait les frais, mais qui aurait impacté indirectement toute notre société et notre économie", affirme encore la société belge. La Commission "a pris la décision qui s'imposait en vue de protéger les intérêts des opérateurs, gestionnaires d'infrastructures, Etats, actionnaires et clients européens du rail". Infrabel est d'avis qu'il faut désormais réfléchir aux grands défis de l'industrie ferroviaire européenne, identifier des solutions dans l'intérêt de toutes les parties prenantes et se dit prête à s'engager dans ce débat. Une décision "complètement à côté de la plaque" pour le gouvernement français, Paris dénonce "une faute économique et politique"Le rejet par la Commission européenne du projet de fusion entre Alstom et Siemens est une décision "complètement à côté de la plaque", a estimé mercredi la secrétaire d'Etat française à l'Economie Agnès Pannier-Runacher, qui juge nécessaire de faire évoluer les règles concurrentielles en Europe."Ne pas construire une analyse de la concurrence en prenant en compte ce qui se passe sur le plan mondial (...) c'est de mon point de vue appliquer des règles du XXe siècle à une économie du XXIe siècle. On est complètement à côté de la plaque", a déclaré Mme Pannier-Runacher sur BFM Business. Selon la secrétaire d'Etat, le gouvernement français est "tout à fait d'accord avec le fait qu'il doit y avoir des règles de concurrence" au sein de l'Union européenne, qui permettent à tous de "jouer de manière faire-play". "Mais en même temps ces règles, telles qu'elles sont appliquées, nous handicapent" par rapport à "la concurrence mondiale", a-t-elle insisté, en citant notamment le cas du Chinois CRRC, numéro un mondial du ferroviaire. La Commission européenne s'est opposée mercredi à la fusion entre Alstom et Siemens en estimant que les deux entreprises "n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence" posés par ce rapprochement. "En l'absence de mesures compensatoires suffisantes, cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation" et "pour les futures générations de trains à très grande vitesse", a justifié Margrethe Vestager, Commissaire chargée de la Concurrence. Un point de vue qu'Agnès Pannier-Runacher a dit "ne pas partager du tout", Alstom et Siemens ayant selon elle fait "d'énormes concessions" pour tenir compte des réserves exprimées par la Commission européenne. "Aujourd'hui, on n'a pas un champion européen qui soit capable d'avoir les reins suffisemment solides pour investir, pour innover et pour continuer à gagner des appels d'offres", a regretté la secrétaire d'Etat, en appelant à "rencontruire" le droit de la concurrence. "La Chine fait des aides d'Etat massives, les Etats-Unis font des aides d'Etat massives... C'est la réalité du marché, il faut en tirer les conséquences", a-t-elle conclu.Le gouvernement a qualifié, par la voix de son porte-parole Benjamin Griveaux, le veto de Bruxelles sur la fusion Alstom-Siemens de "faute économique et politique", le Premier ministre Edouard Philippe insistant de son côté sur "une mauvaise décision" prise "sur de mauvais fondements".La décision de la Commission européenne pose la question de "la refondation de la conception du droit de la concurrence au sein de l'Union européenne, qui n'est plus adapté", selon M. Griveaux, qui a précisé que l'hypothèse d'un recours contre le refus n'était "pas tranchée".Bombardier "heureux" de la décision Le constructeur ferroviaire canadien Bombardier s'est dit "heureux" mercredi du rejet par la Commission européenne de la fusion des concurrents Siemens et Alstom, estimant qu'une telle opération aurait "gravement compromis la santé et la compétitivité de l'ensemble du marché ferroviaire européen"."La Commission indique clairement que la fusion proposée ne respecte pas les exigences de la loi sur la concurrence de l'Union européenne", a déclaré dans un communiqué Daniel Desjardins, vice-président principal du groupe, ajoutant que cette fusion dans le rail aurait laissé "les consommateurs européens en payer le prix, à la fois comme utilisateurs du rail et comme contribuables". L'UE a officiellement mis son veto mercredi à l'union de l'allemand Siemens et du français Alstom, malgré les pressions de l'Allemagne et de la France qui espéraient créer un champion européen du rail face à la concurrence chinoise, en l'occurrence le numéro un mondial, CRRC. Le patron de Siemens dénonce une Europe pas au niveau face à la Chine Le patron de Siemens a dénoncé mercredi le veto européen à la fusion dans le rail avec le français Alstom, appelant à une réfonte "structurelle" de la politique industrielle européenne face à la concurrence chinoise ou américaine."Protéger les intérêts des clients localement ne signifie pas se priver d'être sur un pied d'égalité avec des pays leaders comme la Chine et les Etats-Unis", a déclaré Joe Kaeser, estimant que "les élections européennes à venir constituent une opportunité unique de bâtir l'Europe du futur, y compris dans le champ de la politique industrielle".Le gouvernement va réfléchir à d'autres "possibilités de consolidation pour Alstom" suite au rejet de la fusion du groupe ferroviaire français avec l'allemand Siemens, a déclaré mercredi le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire."Ce fleuron français a tout pour réussir, mais il doit se consolider", a ajouté le ministre devant des journalistes au Sénat, après avoir estimé que l'interdiction de Bruxelles "va servir les intérêts" de la Chine et de son géant du rail CRRC."Nous étions contre le projet de fusion tel qu'il était présenté", indique Michel Vandenberghe, délégué CSC-Metea auprès du site de Charleroi d'Alstom Transport."Il s'agissait d'un projet essentiellement financier qui n'offrait aucune garantie en dehors de l'Allemagne et de la France", poursuit M. Vandenberghe. "On n'aurait pas pu participer au projet industriel, cela ne nous intéressait donc pas. Nous avions pu rencontrer la commissaire en charge de la Concurrence Margrethe Vestager et nous lui avions fait part de notre point de vue". Ce rejet de la fusion permet d'éloigner les conséquences qui risquaient de concerner l'emploi de 85 personnes, menacées d'être "vendues à la concurrence", selon les mots de Michel Vandenberghe. Le projet de fusion prévoyant l'abandon de la signalisation des sols et une revente de périmètre.