Objectif Lune

Mais quel est l'objectif d'Elon Musk, le patron de SpaceX ? " Je crois que Musk veut se positionner par rapport au nouveau programme américain que Donald Trump a annoncé, à savoir des vols vers la Lune et Mars ", explique Christian Barbier, chef de projet principal au Centre spatial de Liège. Et donc de se positionner clairement comme une alternative au Space Launch System, la propre fusée de la Nasa. Annoncée comme étant le successeur de Saturne V, cette fusée n'est encore qu'au stade de projet. Alors que la Falcon Heavy " est sur le pas de tir ", ajoute Christian Barbier. Elon Musk envisage d'emmener lui-même des hommes sur la planète rouge d'ici 2024. Pour y parvenir, une nouvelle fusée, la BFR, plus puissante que Saturne V, est en projet.
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Mais quel est l'objectif d'Elon Musk, le patron de SpaceX ? " Je crois que Musk veut se positionner par rapport au nouveau programme américain que Donald Trump a annoncé, à savoir des vols vers la Lune et Mars ", explique Christian Barbier, chef de projet principal au Centre spatial de Liège. Et donc de se positionner clairement comme une alternative au Space Launch System, la propre fusée de la Nasa. Annoncée comme étant le successeur de Saturne V, cette fusée n'est encore qu'au stade de projet. Alors que la Falcon Heavy " est sur le pas de tir ", ajoute Christian Barbier. Elon Musk envisage d'emmener lui-même des hommes sur la planète rouge d'ici 2024. Pour y parvenir, une nouvelle fusée, la BFR, plus puissante que Saturne V, est en projet. Quand à la Falcon Heavy, qui se dresse actuellement à Cap Canaveral, elle pourrait décrocher la Lune. L'entreprise envisage d'envoyer deux touristes faire le tour de notre satellite et de revenir sur Terre sains et saufs à la fin de cette année.Ce mercredi, et après de nombreux reports, a eu lieu le premier test d'allumage statique des moteurs de la Falcon Heavy, ouvrant ainsi la voie à un lancement très prochainement. SpaceX a tweeté une vidéo de ce test qui a duré douze secondes."La mise à feu des moteurs de Falcon Heavy ce matin s'est bien passée, produisant un bon panache de vapeur", a salué Elon Musk, fondateur et PDG de la société, également sur Twitter, ajoutant que "le lancement aura lieu dans environ une semaine".M. Musk avait reconnu en juillet que la construction de Falcon Heavy s'était avérée plus complexe qu'initialement anticipé. Il n'avait pas écarté le risque qu'elle n'atteigne pas l'orbite désiré lors de son premier vol ou qu'elle explose. "J'espère que Falcon Heavy sera alors assez loin du pas de tir pour ne pas causer de dégâts", avait-il dit, ajoutant: "Je considérerais même cela comme un succès".La Falcon Heavy est en réalité un puzzle composé de trois Falcon 9, des fusées qui sont utilisées depuis juin 2010 pour lancer des satellites commerciaux et militaires, ainsi que la capsule Dragon, qui approvisionne la station spatiale internationale en matériel et en vivres. " Il faut que ces trois éléments soient bien alignés au décollage et qu'ils fonctionnent en même temps ", explique Christian Barbier, chef de projet principal au Centre Spatial de Liège et maître de conférence à l'ULiège. Chacun des trois boosters possède neuf moteurs Merlin, déjà utilisés dans les Falcon 9. Mais une des difficultés est de parvenir à faire fonctionner, au total, 27 moteurs en même temps durant le décollage. Christian Barbier souligne aussi qu'il faut que les trois boosters se détachent correctement durant leur ascension dans l'atmosphère, et se séparent de la tête de la fusée qui poursuit sa montée, jusqu'en orbite.En avril 2016, une fusée Falcon 9 s'est élancée du pas de tir, a déposé sa charge en orbite, est redescendue vers la Terre, et s'est posée sans dommage sur une barge flottant dans l'océan Atlantique. Ce premier étage de la fusée a ensuite été réutilisé pour un second lancement en mars 2017. Il devrait en être de même pour les trois Falcon 9 qui forment la Falcon Heavy. Si tout se passe comme prévu, elles devraient pouvoir rejoindre la Terre ferme sans encombre. SpaceX a également commencé à réutiliser sa capsule Dragon. Recycler des éléments des fusées permet de diviser le coût des lancements, et donc de démocratiser l'accès à l'espace.Si tout se déroule comme prévu, la Falcon Heavy de SpaceX sera la fusée la plus puissante actuellement en exploitation. Elle pourra mettre plus de 63 tonnes en orbite basse, soit bien davantage que la navette américaine (24 tonnes), ou la fusée Ariane (20 tonnes). Selon l'entreprise, cette fusée serait capable de mettre en orbite un Boeing 737, avec son carburant, ses membres d'équipage et ses passagers. Seule Saturne V, qui emmena les astronautes de la mission Apollo 11 sur la Lune, surpasse cette nouvelle fusée (130 tonnes en orbite). D'autres sociétés privées comme Blue Origin, de Jeff Bezos, le patron d'Amazon, ou Virgin Galactic, de Richard Branson, se positionnent aussi dans le tourisme spatial, mais dans un créneau un peu différent, pour l'instant. " Ce seront des vols suborbitaux, des sauts de puces, détaille le chef de projet Christian Barbier. Il n'y aura pas de mise en orbite. " Fondée en 2002, SpaceX concurrence aussi d'autres acteurs privés comme Arianespace ou United Launch Alliance (composé de Boeing et Lockheed Martin) dans le lancement de satellites. En 2017, l'entreprise américaine a réalisé 18 tirs, contre 11 pour Arianespace (qui exploite les fusées Ariane 5, Soyuz et Vega), et huit pour United Launch Alliance.