Qui dit collecte et recyclage des déchets pense spontanément à une gestion collective et centralisée. Pas Didier Lodewyckx, administrateur délégué de Metabolism. Après une vie bien remplie dans le conseil aux entreprises, il a atterri dans la collecte des déchets, où il a découvert l'envers du décor : "Les taux de recyclage généralement annoncés sont largement surestimés ! " Adepte par ailleurs de l'économie circulaire, il en est arrivé à cette conclusion : "Il faudrait recycler sur le lieu de production. Les déchets ne sont pas des coûts mais des sources potentielles de revenus." Compost, paillettes de plastique, sable de verre, gaz, électricité... : les dé...

Qui dit collecte et recyclage des déchets pense spontanément à une gestion collective et centralisée. Pas Didier Lodewyckx, administrateur délégué de Metabolism. Après une vie bien remplie dans le conseil aux entreprises, il a atterri dans la collecte des déchets, où il a découvert l'envers du décor : "Les taux de recyclage généralement annoncés sont largement surestimés ! " Adepte par ailleurs de l'économie circulaire, il en est arrivé à cette conclusion : "Il faudrait recycler sur le lieu de production. Les déchets ne sont pas des coûts mais des sources potentielles de revenus." Compost, paillettes de plastique, sable de verre, gaz, électricité... : les déchets valent de l'or et la transformation est bien plus accessible qu'on ne l'imagine, c'est du moins le pari de Metabolism. La start-up vise tout acteur ou collectivité produisant des déchets urbains : horeca, événementiel, centres commerciaux, hôpitaux, écoles, etc. Didier Lodewyckx croit d'autant plus dans son modèle que, dès 2024, l'obligation du tri des déchets pour tous entrera en vigueur et que l'on sait déjà que les solutions collectives ne suffiront pas. Avec des fonds propres d'un montant de 30.000 euros, il a cofondé la société en juin 2021. Son premier gros défi a été de trouver sur le marché des machines répondant aux contraintes du traitement urbain : des tailles relativement réduites, limitant les nuisances, faciles à utiliser, fabriquées le plus près possible de chez nous. Actuellement, les solutions proposées sont en mesure de traiter canettes, bouteilles en plastique, verre et biodéchets. L'investissement pour l'achat de ces machines à recycler localement oscille entre 50.000 et 110.000 euros. Le produit phare, autrement dit la solution aujourd'hui la plus intéressante d'un point de vue à la fois écologique, réglementaire et économique, est le biodigesteur. Il transforme les déchets organiques en substrat pour amender les sols et en gaz pouvant alimenter des chaudières, des cuisinières ou un générateur d'électricité. Metabolism développe par ailleurs sa propre machine de transformation de plastique en biocarburant. "Le prototype est quasi prêt pour être présenté à des investisseurs. Nous aurons besoin de 150.000 euros pour pouvoir la mettre sur le marché", annonce l'entrepreneur.Metabolism tire actuellement ses revenus de la revente des machines ou de leur location. La valorisation des matières premières produites bénéficie soit au client, soit à Metabolism, selon les cas. Pour Didier Lodewyckx, le traitement local des déchets ouvre la porte à des tas d'opportunités de nouveaux business models. "Notre idée est, par exemple, de recruter et accompagner des micro-entrepreneurs prêts à investir dans une solution, à organiser eux-mêmes la collecte des déchets à l'échelle locale et à tirer les profits de la revente des ressources produites. " Ce business model intéresse d'ores et déjà une équipe d'étu- diants liégeois d'HELMo qui ont planché sur la stratégie commerciale de Metabolism dans le cadre d'un cours de marketing. Un article de Liliane Fanello.