Ce n'est pas la première initiative du genre. Un projet similaire a en effet déjà vu le jour l'année dernière au Danemark où la plateforme en ligne Shobr s'est donnée pour objectif de permettre aux fabricants de produits alimentaires de les vendre directement aux consommateurs, sans passer par un distributeur.
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Ce n'est pas la première initiative du genre. Un projet similaire a en effet déjà vu le jour l'année dernière au Danemark où la plateforme en ligne Shobr s'est donnée pour objectif de permettre aux fabricants de produits alimentaires de les vendre directement aux consommateurs, sans passer par un distributeur. Outre-Manche, ce sont donc des géants de l'agroalimentaire comme Unilever, Mars ou Reckitt Benckiser qui viennent d'annoncer leur intention de vendre leurs articles directement aux clients. Cela se ferait en collaboration avec l'entreprise technologique INS. Créée par les fondateurs du service russe de livraison de produits alimentaires Instamart, elle s'apprête à lancer dès 2018 une plateforme numérique qui laisserait les marques fixer le prix consommateur. Un prix qui, étant donné l'absence de marge prise par les distributeurs, pourrait être réduit de 30 %. Dans ce nouvel écosystème composé d'un réseau externe d'entrepôts et de livreurs, les clients paieraient l'équivalent du prix de gros, additionné d'une taxe logistique (entre 10 et 15 % du montant) destinée à couvrir les coûts de stockage et de livraison. " En théorie, ce modèle devrait bénéficier aux fabricants qui pourront afficher des prix de gros plus élevés que ceux que les supermarchés sont prêts à payer, peut-on lire dans les colonnes du quotidien britannique The Telegraph. Le consommateur, lui, paiera toujours moins cher. " Les marques pourront par ailleurs collecter directement des données sur leurs acheteurs, ce qui leur permettra de personnaliser leurs offres. INS utilise pour ce faire la blockchain, cette nouvelle technologie capable de stocker et de transmettre des informations via Internet sans passer par un organe central de contrôle. " Pour concurrencer les low-end retailers (Action, etc.), les chaînes traditionnelles achètent elles-aussi sur des plateformes de déstockage à l'étranger, explique Pierre-Alexandre Billiet, CEO de Gondola. Les filiales locales des marques ont donc perdu le monopole sur leur pays. Par ce genre d'initiative, elles tentent de redévelopper un marché local et de récolter des données sur leurs clients les plus fidèles, les brand believers, qui seront ceux qui achèteront via la plateforme. " Pour cet expert, le succès d'un tel projet n'est toutefois pas garanti. " Cela ne peut fonctionner qu'à condition d'atteindre un taux de pénétration important, dit-il. Or la plupart des clients cherchent un panier. Ce projet n'est pas représentatif en termes d'achats récurrents. " Si les marques se lancent malgré tout, c'est qu'elles s'attendent à une modification en profondeur de la relation avec leurs clients. Dans le retail, la blockchain va permettre d'avancer vers une consommation de plus en plus personnalisée. " Les fabricants n'auront plus besoin des retailers pour vendre des produits personnalisés ", affirme notre expert.