Le futur tram liégois, qui va relier Sclessin à Coronmeuse dans quatre ans, sera-t-il opéré par une entreprise privée ? C'est l'idée qui traverse le gouvernement wallon. L'objectif est de limiter l'impact des grèves qui perturbent les lignes du Tec, surtout à Liège et à Charleroi. Le cabinet du ministre en charge de la Mobilité, Carlo Di Antonio, étudie les possibilités d'extension de la sous-traitance, déjà fort pratiquée.
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Le futur tram liégois, qui va relier Sclessin à Coronmeuse dans quatre ans, sera-t-il opéré par une entreprise privée ? C'est l'idée qui traverse le gouvernement wallon. L'objectif est de limiter l'impact des grèves qui perturbent les lignes du Tec, surtout à Liège et à Charleroi. Le cabinet du ministre en charge de la Mobilité, Carlo Di Antonio, étudie les possibilités d'extension de la sous-traitance, déjà fort pratiquée. Un tiers des lignes du TEC sont déjà gérées par des partenaires privés, " surtout dans les zones rurales ", indique Stéphane Thiery, directeur du marketing et de la mobilité à l'OTW (Opérateur de Transport de Wallonie), qui gère le réseau TEC(1). Un appel d'offre européen est du reste en cours pour réattribuer les lignes, regroupées en 47 lots, pour une durée moyenne de huit ans. Les règles européennes plafonnent la sous-traitance. Le transport réalisé en régie - par l'opérateur public - doit rester majoritaire. En principe donc, le Tec, qui occupe plus de 5.100 personnes, pourrait encore privatiser 20 % de ses lignes, mais ce n'est pas sûr. Tout dépend du statut des transports scolaires, dont le Tec assure aussi la gestion, car ils sont sous-traités à 100 %. En additionnant les lignes régulières et le transport scolaire, la partie privatisée atteindrait 46 %, ce qui laisserait une marge de 4 % encore sous-traitable. Le cabinet de Carlo Di Antonio examine donc l'interprétation juridique de la réglementation européenne pour voir s'il y a moyen de sortir le transport scolaire du calcul du plafond des activités privatisées. Pour l'exécutif wallon, la privatisation est un élément de négociation pour inciter les syndicats à accepter une formule garantissant la continuité du service. " Nous avons un dispositif de concertation pour les conflits propres au Tec, explique Stéphane Thiery. Il est en vigueur depuis cinq ou six ans et fonctionne plutôt bien. Le souci provient des mouvements de solidarité avec des questions qui n'ont rien à voir avec le Tec. Ce sont eux qui perturbent le plus le réseau. Et sur ce point, l'OTW n'a aucune prise car il n'y a rien à négocier. " Ce fut, par exemple, le cas ce 2 octobre quand de nombreux chauffeurs du Tec ont fait grève en solidarité avec une manifestation en front commun contre la réforme des pensions.