Avec un père ingénieur chez Mobile Oil devenu Exxon Mobile, la petite Danielle en a vu du pays. Née au Congo, elle a fait ses études secondaires au lycée français tantôt à Londres, tantôt à New York. Mais c'est finalement à l'ULB qu'elle décrochera son diplôme de licenciée en droit.

Le droit, elle ne le pratiquera finalement que très peu. Juste quelques années de droit de la famille et du travail et une courte expérience de juriste d'entreprise chez Carmeuse. C'est pourtant au sein du n°2 mondial de la chaux qu'elle trouvera sa voie. Alors qu'elle s'apprête à retourner dans un cabinet d'avocats, Dominique Collinet, le CEO de l'époque, lui propose de combler un manque dans le groupe : participer à la création d'une coupole centralisée en Belgique qui permette de gérer l'ensemble des ressources humaines mondiales. Carmeuse dispose de 90 sites disséminés dans 20 pays et jusqu'au début des années 2000, chaque pays faisait ses RH dans son coin.

Convaincre et expliquer

" Il n'y avait aucune coordination, explique Danielle Knott, chief human resources officer (CHRO) chez Carmeuse, ni politique globale. Aujourd'hui, toute une série de projets mondiaux ont été déployés : politique de rémunération et de bonus, formation des ouvriers, recrutement, etc. J'ai aussi énormément travaillé sur la formation de nos top managers en interne : permettre à nos employés de progresser dans l'entreprise, c'est crucial pour la motivation. " Avec le recul, créer un service RH qui permette de gérer les différentes cultures et nationalités est un véritable exploit. Encore plus chez Carmeuse où le discours top-down ne passe pas très bien. " Cette multiculturalité est une richesse et elle rend mon job passionnant. Mais elle le complique aussi. Chez Carmeuse, on n'impose pas. On doit démontrer au business la valeur ajoutée de ce que l'on entreprend et on doit convaincre. Il faut s'imprégner des différentes cultures pour y arriver. C'est pour cela que je suis toujours par monts et par vaux. Au début, déployer des plans au niveau mondial n'était pas simple du tout. Aujourd'hui, tout le monde me connaît et j'ai recruté la plupart des personnes avec qui je travaille. C'est plus simple, évidemment. Il n'empêche, je suis fière d'être devenue un véritable partenaire pour toutes nos divisions opérationnelles. "

Cette multiculturalité prend tout son sens dans l'expérience employé. Danielle Knott a lancé un hackathon au niveau mondial pour faire ressortir les idées des uns et des autres en termes de développement des talents, de communication, de gestion des performances, etc. Mais ce n'est pas tout : à l'heure de la digitalisation et de l'intelligence artificielle, la CHRO veut sauter dans le train à grande vitesse.

" C'est valable tant pour notre business que pour les ressources humaines. Résister à l'IA dans les RH est inutile puisque de toute manière, elle va s'y imposer. Alors, autant être précurseur. J'aimerais beaucoup avoir un chatbot pour toutes les questions administratives répétitives ainsi qu'un système qui me permette de standardiser et affiner notre recrutement au niveau mondial. Scanner des C.V. ou répondre à des questions sur les congés, ce n'est pas très intéressant. La valeur ajoutée d'un employé RH est ailleurs : dans le développement des collaborateurs et dans l'élaboration des différentes manières d'attirer de jeunes talents, tel le partenariat avec les écoles. "

En plus de diriger une centaine de personnes dans les ressources humaines, Danielle Knott est aussi l'un des cinq membres du comité exécutif du groupe. Elle participe ainsi à l'ensemble des décisions stratégiques de l'entreprise. Et comme si ce n'était pas encore assez, elle est aussi devenue la CEO de TECforLime, une filiale d'engineering qui met l'ensemble des compétences de Carmeuse à disposition de l'interne mais aussi de clients externes.