Il ne fait pas bon être concessionnaire d'automobiles par les temps qui courent. Les derniers chiffres publiés par la fédération des importateurs de véhicules, la Febiac, affichent des reculs dans les immatriculations: -17,7% en mars. Beaucoup de marques sont à la peine comme Opel (-26%), Volkswagen (-22,3%), Hyundai (-33,76%), Jeep (-48%).
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Il ne fait pas bon être concessionnaire d'automobiles par les temps qui courent. Les derniers chiffres publiés par la fédération des importateurs de véhicules, la Febiac, affichent des reculs dans les immatriculations: -17,7% en mars. Beaucoup de marques sont à la peine comme Opel (-26%), Volkswagen (-22,3%), Hyundai (-33,76%), Jeep (-48%). "Attention, ce sont des immatriculations, pas les ventes, tempère Gabriel Goffoy, porte-parole de la Febiac. Nos membres nous disent que leurs carnets de commandes sont remplis." Le marché est touché par deux phénomènes: pénuries et faiblesse de la demande. Les premières sont connues: le manque de semi-conducteurs freine la production, et la guerre en Ukraine a rajouté une couche puisque certains constructeurs s'y approvisionnaient, notamment en harnais électriques. Côté demande, les particuliers hésitent: le marché de l'occasion est par exemple en recul de 16% en mars (-7,2% au premier trimestre). Il y a des exceptions. Toyota s'en sort bien avec une progression de 26% en mars (+40% pour le premier trimestre). "Nous attribuons cela à deux facteurs, confie Ellen De Wilde, porte-parole. D'abord, nous parvenons à livrer dans des délais raisonnables, quatre à six mois selon les modèles. Ensuite, notre offre très centrée sur les hybrides fonctionne bien auprès des particuliers, car la consommation de ces véhicules est plus faible. Le prix actuel du carburant les rend donc très attractifs.". Les Corolla et les Yaris sont très demandées. Tesla, qui a doublé ses immatriculations (1.153 voitures, contre 439 en mars 2021), fait aussi exception. La marque américaine est à la fois dopée par sa moindre sensibilité aux pénuries de composants et par l'appétit des entreprises, la fiscalité des voitures de société avantageant les électriques. D'autres nagent entre deux eaux. "On s'en sort plutôt bien, assure Karl Schuybroek, porte-parole de Renault Belux, nos délais de livraisons vont de quatre à cinq mois." Mais pour plusieurs modèles, comme la VW ID. 3, les délais peuvent atteindre un an, davantage pour certaines Skoda. De manière générale, les importateurs ont du mal à garantir un délai précis. "Nous avons 600 automobiles en commande chez VW", indique un concessionnaire de la région liégeoise, qui gère 11 points de vente. L'homme dispose de suffisamment de stock pour proposer des véhicules aux acheteurs pressés, mais ce n'est pas simple. "Les T-Cross ou les Polo arrivent dans des délais raisonnables, mais pour les Golf ou les Tiguan, c'est difficile. Et plus compliqué encore pour les hybrides." Cette situation crée des tensions en matière de trésorerie, puisque les véhicules sont payés à la livraison. C'est aussi un souci pour la rémunération des vendeurs dont les commissions, liées aux livraisons, sont retardées. "Nous avons pris des mesures pour garantir un revenu aux vendeurs dans ce contexte", continue le concessionnaire liégeois. Les voitures de luxe semblent moins affectées. Bentley, Rolls-Royce et Ferrari affichent même une forte croissance. Sur les trois premiers mois, 42 Ferrari ont été immatriculées au lieu de 25 au premier trimestre de l'an dernier.