Voilà une bien mauvaise pub, au propre comme au figuré. Alors que, d'Ostende à Arlon, les dix-huit laboratoires proposant officiellement le diagnostic du coronavirus doivent composer avec une pénurie mondiale de réactif, et l'afflux chaque jour de centaines d'échantillons, une firme privée est venue gripper cette imposante mécanique de crise.

Il s'agit du laboratoire, LIMS MBNEXT, dont le siège social se trouve à Hornu et le site d'exploitation à Louvain-la-Neuve. Ce laboratoire se revendique "à la pointe du marché", avec plus de 100 technologues, encadrés par 8 médecins et pharmaciens biologistes, et plus de 100 centres de prélèvement et de collecte dans toute l'Europe.

Cette société a adressé directement aux laboratoires du réseau d'analyse officiel une notice commerciale présentant ses "tests micronutritionnels" et son "expertise unique" comme une solution dans le dépistage d'une infection au Covid-19. La notice commerciale reprenant, sans autorisation, les procédures de Sciensano ainsi que des informations sur le Centre national de référence de la KU Leuven.

"Cette association crée intentionnellement le doute parmi les destinataires du message entre nos recommandations et des tests de laboratoire qui n'ont prouvé aucune efficacité et utilité dans le cadre d'une infection à Covid-19", dénonce l'Institut belge de la santé. Il est reproché au laboratoire LIMS, en période de pression intense sur les structures de soins belges, de détourner l'attention au moyen d'une publicité trompeuse pour des méthodes discutables de biologie dite préventive. Contacté par nos soins, le labo privé n'a pas encore eu l'opportunité de commenter la situation.

Sciensano insiste en tout cas en répétant que l'Institut "condamne fermement cette manière d'agir et se dissocie totalement de cette publicité".

Cet incident qui pourrait paraître anecdotique survient au moment où l'une des premières nécessités pour le personnel soignant est d'effectuer des tests pertinents qui sont réservés à des cas prioritaires. Or, des laboratoires privés, en Wallonie comme en Flandre, exploitent la gravité de la situation en proposant des analyses plus rapides, mais à prix fort, de plus de 100 euros.

Il faut dire qu'un flou légal les y encourage. Il manque un numéro dans la nomenclature Inami, sorte de code de facturation des soins de santé, permettant de rembourser intégralement les tests réalisés auprès de laboratoires externes. "Une réglementation va être développée pour ces situations-là", a promis jeudi la ministre fédérale de la Santé publique.

Coronavirus : "Nous n'avons pas tenté de profiter de l'épidémie"

Incriminé par l'Institut belge de santé pour publicité trompeuse, le laboratoire privé LIMS MBNext s'inscrit en faux contre toute allégation de "basses intentions commerciales" en pleine épidémie de Covid-19.

Une publicité qui "créé intentionnellement le doute" pour des tests de laboratoire qui n'ont prouvé "aucune efficacité et utilité dans le cadre d'une infection à Covid-19". C'est en ces termes que Sciensano, l'Institut belge de santé, condamnait vendredi dernier la manière d'agir d'un laboratoire privé, comme le relayait Trends-Tendances. L'entreprise concernée, LIMS MBNext, vient de nous faire parvenir sa réaction... par voie d'avocat.

Dans un courrier long de 31 pages (dont 25 de références scientifiques), le conseil du laboratoire, Frédéric Heylbroeck du cabinet CEW & Partners, fait valoir "la réalité de la démarche", en opposition totale au "procès d'intention" et aux "basses intentions commerciales" prêtées de façon préjudiciable.

"L'initiative de ma cliente avait pour objet de s'inscrire dans l'effort collectif d'information des médecins, sous l'impulsion donnée par Sciensano, et de soutien logistique et technique, en rappelant que le laboratoire et tous ses centres se tiennent à disposition pour réaliser les prélèvements et/ou pour acheminer les échantillons destinés au dépistage du Covid-19 jusqu'à Leuven", au centre national de référence, argumente l'avocat, estimant sans fondement le fait de prétendre que LIMS ait perturbé le déroulement des diagnostics du coronavirus.

Le laboratoire considère également d'autant plus injuste l'allégation de "profit au détriment de la collectivité" que dans sa notification critiquée, LIMS présentait en fait son BIP Défenses antivirales. "Dans ce même esprit de contribution aux efforts que commande la situation sanitaire actuelle", précise Me Heylbroeck.

Ce test BIP de biologie d'investigation préventive se compose d'analyses sanguines d'éléments (dosage du zinc, du cuivre, du sélénium, des vitamines A, D et E, du glutathion et autres acides gras polyinsaturés) qui interviendraient dans l'immunité contre les attaques virales et dans la limitation des lésions inflammatoires. C'est démontré par une "littérature scientifique abondante", selon le laboratoire qui inventorie plus de 100 références appuyant les conclusions de son comité scientifique.

Fort de cet état de l'art, LIMS MBNext affirmait ainsi dans sa notification du 9 mars dernier, celle dénoncée par Sciensano, que ses bilans aideraient les médecins à cibler et corriger les carences ou excès en micronutriments afin de "construire une armure biologique sur mesure pour que (le) patient puisse se défendre efficacement contre le coronoravirus Covid-19 ou tout autre virus pathogène".

"Sciensano a retiré (de son site) la déclaration par laquelle il disait condamner le procédé", motive l'avocat. Et le laboratoire de conclure: "s'il n'existe pas encore aujourd'hui de solution pour empêcher une infection au Covid-19, nous ne sommes pas sans ressources pour essayer d'optimiser le système immunitaire". Dont acte.

Voilà une bien mauvaise pub, au propre comme au figuré. Alors que, d'Ostende à Arlon, les dix-huit laboratoires proposant officiellement le diagnostic du coronavirus doivent composer avec une pénurie mondiale de réactif, et l'afflux chaque jour de centaines d'échantillons, une firme privée est venue gripper cette imposante mécanique de crise.Il s'agit du laboratoire, LIMS MBNEXT, dont le siège social se trouve à Hornu et le site d'exploitation à Louvain-la-Neuve. Ce laboratoire se revendique "à la pointe du marché", avec plus de 100 technologues, encadrés par 8 médecins et pharmaciens biologistes, et plus de 100 centres de prélèvement et de collecte dans toute l'Europe.Cette société a adressé directement aux laboratoires du réseau d'analyse officiel une notice commerciale présentant ses "tests micronutritionnels" et son "expertise unique" comme une solution dans le dépistage d'une infection au Covid-19. La notice commerciale reprenant, sans autorisation, les procédures de Sciensano ainsi que des informations sur le Centre national de référence de la KU Leuven."Cette association crée intentionnellement le doute parmi les destinataires du message entre nos recommandations et des tests de laboratoire qui n'ont prouvé aucune efficacité et utilité dans le cadre d'une infection à Covid-19", dénonce l'Institut belge de la santé. Il est reproché au laboratoire LIMS, en période de pression intense sur les structures de soins belges, de détourner l'attention au moyen d'une publicité trompeuse pour des méthodes discutables de biologie dite préventive. Contacté par nos soins, le labo privé n'a pas encore eu l'opportunité de commenter la situation.Sciensano insiste en tout cas en répétant que l'Institut "condamne fermement cette manière d'agir et se dissocie totalement de cette publicité".Cet incident qui pourrait paraître anecdotique survient au moment où l'une des premières nécessités pour le personnel soignant est d'effectuer des tests pertinents qui sont réservés à des cas prioritaires. Or, des laboratoires privés, en Wallonie comme en Flandre, exploitent la gravité de la situation en proposant des analyses plus rapides, mais à prix fort, de plus de 100 euros.Il faut dire qu'un flou légal les y encourage. Il manque un numéro dans la nomenclature Inami, sorte de code de facturation des soins de santé, permettant de rembourser intégralement les tests réalisés auprès de laboratoires externes. "Une réglementation va être développée pour ces situations-là", a promis jeudi la ministre fédérale de la Santé publique.