En France, comme l'explique le site Capital.fr, la chaîne de production de chaussures a été durement affectée par le ralentissement économique observé depuis le début de la crise du coronavirus. Certains commerçants ne peuvent proposer que 50 à 75% de leurs collections habituelles. La question se pose aussi en Belgique: trouvera-t-on de quoi se chausser cet hiver ?
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En France, comme l'explique le site Capital.fr, la chaîne de production de chaussures a été durement affectée par le ralentissement économique observé depuis le début de la crise du coronavirus. Certains commerçants ne peuvent proposer que 50 à 75% de leurs collections habituelles. La question se pose aussi en Belgique: trouvera-t-on de quoi se chausser cet hiver ?Il n'y a pas de fédération de chaussures en Belgique, comme c'est le cas en France. Un coup de sonde auprès de l'organisation Mode Unie nous confirme qu'en Belgique aussi, on remarque des retards et des annulations importants notamment pour les envois provenant de Chine. "On parle de 10 à 20% du volume commandé. Il y a des retards et des annulations importants en ce moment", déclare Wendy Luycks, de Creamoda, la fédération de la mode belge, qui rapporte des informations glanées auprès de Mode Unie. "Des contrats ont été annulés. C'est une conséquence logique dans le secteur avec la crise, cela est dû aux nombreuses fermetures d'usines", ajoute-t-elle. En France, comme ailleurs en Europe, il faut ainsi s'attendre à des collections incomplètes: selon Europe 1, entre 25 et 50% des modèles n'ont pas pu atteindre les rayons, d'après les magasins de vente.Marc Timmermans, propriétaire de la société TimTam qui exploite, entre autres, les boutiques de la marque Tamaris, nous explique que la situation est mitigée pour le moment dans son secteur. "En tant qu'acheteurs, nous avons aussi demandé à être livrés plus tard, car la saison des soldes était décalée cette année à cause de la crise. Les nouvelles collections rentrent donc plus lentement. Certains magasins ont aussi demandé l'annulation pure et simple des productions provenant d'Extrême-Orient, car elles arriveraient trop tard dans la saison, début novembre."Pour l'homme d'affaires, il est difficile d'estimer à l'heure actuelle les conséquences passées et à venir de la crise du coronavirus sur le secteur. Il faudra encore attendre quelques mois. "Des retards sont aussi possibles dans la production des chaussures pour l'été prochain. Des usines en Italie sont fermées ou d'autres travaillent avec seulement 50% de leur personnel pour éviter la prolifération du virus. Les délais sont donc doublés."Marc Timmermans n'irait pas jusqu'à parler de véritable pénurie de chaussures. "Pour l'été prochain, les délais de production semblent bons. Et si on a des problèmes, on table, comme pour cette saison sur 10 à 20% de livraisons en moins, pas plus." Pour lui, la situation est gérable, profitable même. "Il ne faut pas en effet avoir trop d'offre par rapport à la demande dans ce contexte particulier. On espère vraiment que la saison va bien démarrer maintenant, avec les changements de température." La rentrée est traditionnellement une période de ventes importantes pour les magasins de chaussures, pour les enfants comme pour les adultes. Le manque à gagner causé par les soldes tardives et les règles d'hygiène plus strictes pour faire son shopping sont dommageables. Les ventes en magasins de textiles, habillement et chaussures ont enregistré en juillet une baisse de 27,2% par rapport au même mois de l'année précédente, ressort-il des chiffres de l'office statistique Statbel."On verra comment se passe la saison d'automne, qui dépendra grandement de l'évolution épidémique. On a remarqué que l'assouplissement des règles avait fait revenir plus de clients dans les magasins. On ne peut pas encore prédire le comportement du consommateur ni si les soldes d'hiver seront décalée, de janvier à février", estime Wendy Luycks de Creamoda."On n'est pas favorable à une prolongation des soldes, pour vendre à des prix aussi bas des vêtements qui peuvent encore rester dans le circuit. Certains basics peuvent en effet encore être reproposés l'année prochaine à des prix normaux. Il y a aussi tout le circuit de seconde main, les 'outlet' qui peuvent reprendre les stocks. Il y a d'autres solutions que de vendre à perte des vêtements de qualité. On veut respecter la production", ajoute la porte-parole.Les ventes dans les commerces de vêtements et chaussures avaient déjà baissé en juin, premier mois de réouverture complète après le confinement, de 12% par rapport au même mois de 2019. La situation a encore empiré en juillet, probablement en raison du report des soldes au mois d'août. Dans le même temps, les transactions en ligne ont encore progressé, de 10,1%, constate Statbel. Avec la crise du coronavirus, l'industrie du textile a été mise au ralenti. De nombreux ateliers de fabrication en Europe et dans le monde ont été fermés. Les derniers mois ont été marqués par l'interruption de production d'usines en Inde, au Bangladesh ou en Chine, mais aussi plus près de nous, en Tunisie, en Roumanie ou au Portugal. Certains pays commencent en revanche à voir leur activité rebondir : en août, les exportations textiles du Bangladesh ont rebondi de 50%, après un effondrement de 83% en avril, rapporte The Jakarta Post. Si les carnets de commandes se sont à nouveau garnis, constate le site du magazine Capital, il faut toutefois s'attendre à un certain délai avant que le système de production et de distribution ne retrouve son rythme de croisière.