La Belgique est loin de sortir de l'e-commerce, malgré les propos controversés de Paul Magnette dans Humo début février. Au contraire, même: notre pays adopte toujours un peu plus le commerce électronique et les acteurs étrangers continuent de se renforcer sur notre territoire. La Belgique avait pourtant longtemps été désertée vu la taille de son marché et les retards pris en termes d'adoption. Mais les choses bougent. Pour preuve: le géant de l'e-commerce Amazon viendra installer son premier entrepôt noir-jaune-rouge du côté d'Anvers. Pour l'instant, la firme de Jeff Bezos livre la Belgique...

La Belgique est loin de sortir de l'e-commerce, malgré les propos controversés de Paul Magnette dans Humo début février. Au contraire, même: notre pays adopte toujours un peu plus le commerce électronique et les acteurs étrangers continuent de se renforcer sur notre territoire. La Belgique avait pourtant longtemps été désertée vu la taille de son marché et les retards pris en termes d'adoption. Mais les choses bougent. Pour preuve: le géant de l'e-commerce Amazon viendra installer son premier entrepôt noir-jaune-rouge du côté d'Anvers. Pour l'instant, la firme de Jeff Bezos livre la Belgique, en collaboration avec bpost, depuis des entrepôts logistiques situé en France et en Allemagne.Installé d'ici la fin de cette année dans la zone commerciale "Blue Gate", ce nouvel entrepôt devrait servir de centre de tri (opéré par Amazon en direct, bien sûr) et réorienter les colis en provenance des gros centres. Les collaborateurs sur place (on parle d'une cinquantaine) répartiront les commandes par destinations et les regrouperont par camion, en vue d'augmenter la vitesse de livraison.Un colis sur cinqConcernant la livraison, les choses pourraient évoluer progressivement. Pour couvrir notre marché, Amazon fait aujourd'hui largement appel aux services de bpost dont elle est l'un des tout gros clients (certains estiment qu'un colis sur cinq, au moins, vient d'Amazon). Mais à l'avenir, le site d'e-commerce devrait progressivement diversifier ses modes de livraison en combinant bpost et un réseau de livreurs indépendants. Deux cents chauffeurs indépendants seraient recherchés.Si Amazon décide d'installer son premier centre en Belgique, c'est que les volumes actuels (et ceux espérés dans les années à venir) ne sont plus totalement anecdotiques, même si le géant américain se garde de dévoiler des chiffres locaux. "La stratégie globale d'Amazon consiste à créer ses propres capacités de livraison, nous glisse un expert du secteur. Ce n'est pas encore le cas en Belgique, mais sur d'autres marchés - comme les Etats-Unis - Amazon fait tout pour garder le contrôle."Cette arrivée d'Amazon en Belgique n'est pas la seule annonce du genre. La semaine passée, son rival néerlandais Coolblue a, lui aussi, dévoilé des plans de croissance logistique sur notre sol qui représente quelque 25% de son activité. D'après Pieter Zwart, le patron de Coolblue, un troisième centre (après celui de Gand et d'Anvers) devrait être inauguré cette année en Belgique, peut-être à Nivelles pour mieux toucher le marché wallon. C'est de là que les gros produits (électroménager, hi-fi, etc.) seront livrés aux clients belges. Sans doute avec la volonté d'aller toujours plus vite (une commande Coolblue avant minuit est livrée le lendemain). En combinaison avec le lancement de nouvelles boutiques Coolblue, une centaine de nouveaux emplois seront créés en Belgique par le spécialiste néerlandais de l'e-commerce.