30% de déchets !

Une récente étude de Bruxelles Environnement dévoile que pas moins de 30% de la totalité des déchets en Région bruxelloise proviennent du secteur de la construction. Une partie est produite durant les travaux (sacs vides, surplus, etc.), l'autre est liée à la destruction de bâtiments existants. La plus grande partie (75 à 80%) est réutilisée sous forme de remblais. " La partie pierreuse et sableuse représente la majeure partie des déchets de construction, avance Laurent Schiltz, secrétaire général de la Confédération Construction Bruxelles. C'est par ailleurs la partie la plus recyclable et réutilisable. "
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Une récente étude de Bruxelles Environnement dévoile que pas moins de 30% de la totalité des déchets en Région bruxelloise proviennent du secteur de la construction. Une partie est produite durant les travaux (sacs vides, surplus, etc.), l'autre est liée à la destruction de bâtiments existants. La plus grande partie (75 à 80%) est réutilisée sous forme de remblais. " La partie pierreuse et sableuse représente la majeure partie des déchets de construction, avance Laurent Schiltz, secrétaire général de la Confédération Construction Bruxelles. C'est par ailleurs la partie la plus recyclable et réutilisable. " Plus de 35 millions de tonnes sont excavées chaque année en Belgique. Opérationnel depuis avril dernier, BC Materials transforme les terres excavées en matériaux de construction crue. " 40% des terres excavées sont utilisées pour la construction de routes et 60% sont envoyées dans des carrières ", explique Ken De Coooman, administrateur délégué de BC Materials. Sa société fait mieux : elle transforme la terre excavée en briques (grande photo), en enduits et en pisé. " Nous sommes en phase de lance-ment et nous transformons actuelle-ment 300 tonnes de déchets par an. Nous espérons calculer en milliers de tonnes d'ici quelques années. " Tomato Chili est une autre start-up de la construction circulaire. Partenaire de différentes entreprises de construction, elle construit des serres avec le bois et le verre récupérés dans les chantiers de démolition. Ces serres sont démontables et déplaçables. Parmi les autres projets de construction circulaire, citons également Rotor, entreprise spécialisée dans le démantèlement de bâtiments. Avant l'arrivée des containers, cette entreprise récupère tous les types de matériaux à valeur ajoutée, des carrelages aux sanitaires en passant par les appliques électriques, afin de les revendre aux professionnels et aux particuliers. Une autre start-up, Be-Module Inside, s'est, elle, spécialisée dans la construction d'espaces de travail modulables, démontables et adaptables qui peuvent être installés dans des bâtiments trop grands (par exemple des hangars désaffectés). L'entreprise s'inscrit, elle aussi, dans une logique de construction circulaire. Ses matériaux sont récupérés dans des chantiers : la quincaillerie, les panneaux de finition, les parois vitrées, l'isolant, etc. " Les initiatives en matière de construction circulaire sont très récentes et se développent essentiellement dans les villes car il y a un plus grand nombre de rénovations, observe Hervé-Jacques Poskin, directeur du cluster Eco-construction en Wallonie. Mais la construction "classique" planche également sur des solutions circulaires : " Certaines entreprises, à l'instar de Jacques Delens ou de DRTB, développent des initiatives pour réutiliser les matériaux ", explique Laurent Schiltz. De nouvelles plateformes voient aussi le jour, comme Opalis.be qui recense les revendeurs de matériaux de seconde main (sanitaires, carrelages, planchers, etc.), ou Werflink.com qui permet de partager les équipements et matériaux de construction excédentaires. Vu sa relative nouveauté, le marché de la construction circulaire n'affiche pas encore de chiffre d'affaires, d'autant qu'il est difficile de le séparer de la construction classique. La demande est d'ailleurs encore restreinte. " L'un des défis de la construction circulaire est d'arriver à convaincre le client final, explique Laurent Schiltz. L'idée d'utiliser des matériaux récupérés ne séduit pas toujours et leur prix varie en fonction de différents paramètres : s'il y a de la manutention, s'ils arrivent sans passer par une gestion de stock. Déconstruire prend également plus de temps que démolir. " Par ailleurs, certains matériaux récupérés perdent leur certification (label de qualité pour le bois, normes européennes, etc.), parfois indispensable dans les cahiers des charges des promoteurs. Par Géry Brusselmans