Ce n'est pas le travail qui manque pour Mathieu Guffens. Depuis que ce jeune Liégeois a lancé son application cet été, les journées sont bien remplies. Une mise à jour par-ci, un nouveau partenariat par-là. "Nous recueillons un maximum de feed-back de la part de nos utilisateurs afin d'améliorer l'expérience", explique ce trentenaire. Et puis, il y a surtout le lancement de la version iOS de la plateforme, prévu pour octobre.
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Ce n'est pas le travail qui manque pour Mathieu Guffens. Depuis que ce jeune Liégeois a lancé son application cet été, les journées sont bien remplies. Une mise à jour par-ci, un nouveau partenariat par-là. "Nous recueillons un maximum de feed-back de la part de nos utilisateurs afin d'améliorer l'expérience", explique ce trentenaire. Et puis, il y a surtout le lancement de la version iOS de la plateforme, prévu pour octobre. Conçue dans un premier temps pour Android, Mosc - c'est le nom de l'appli - a déjà été téléchargée 5.000 fois. C'est qu'elle semble répondre à un véritable besoin de la part des consommateurs. Il s'agit en fait d'un panier unique dans lequel tout un chacun peut placer des articles issus des sites d'e-commerce répertoriés, parmi lesquels des géants comme Amazon, Zalando, etc., mais aussi des acteurs locaux tels que Coolblue. Bol.com, Vanden Borre, Chaussures Maniet, etc., ou même bien plus petits. Au total, plus de 700 sites sont répertoriés dans l'application. L'objectif est non seulement de pouvoir comparer en un coup d'oeil le prix d'articles identiques issus de différentes plateformes, mais surtout d'être averti par notification lorsque le prix d'un de ces articles diminue. Depuis peu, l'application propose même un historique des prix, histoire de vérifier par exemple que les plateformes ne pratiquent pas de fausses promotions en augmentant d'abord leurs prix avant de pratiquer des rabais. Tout le travail de développement de l'appli a commencé fin de l'année dernière, mais la réflexion sur le sujet remonte en réalité à bien plus longtemps. "De par ma propre expérience, j'avais fait deux constats, explique le fondateur. D'abord le fait que je retrouvais difficilement tous mes paniers ouverts sur les différents e-shops pour comparer les prix. Ensuite, le fait de devoir constamment suivre les fluctuations de prix sur les différents sites, ce qui prenait énormément de temps. Nous avons donc décidé de permettre aux utilisateurs d'être informés directement des diminutions sans devoir suivre quotidiennement tous les sites. Nous apportons donc à la fois un gain de temps et d'argent. " C'est sur fonds propres que Matthieu Guffens s'est lancé dans l'aventure, avec un ami développeur. Dans l'application, il suffit de cliquer sur l'un des 700 sites répertoriés pour être redirigé vers celui-ci. Le client se rend, ensuite sur la page de l'article dont il souhaite comparer le prix et clique sur l'icône "Mosc" qui apparaît en haut de l'écran. Après avoir fait de même avec les produits identiques vendus sur d'autres sites, il peut ainsi comparer leurs prix en un coup d'oeil via son panier unique Mosc, et être averti en cas de diminution. Lorsque son choix est posé, il peut décider de finaliser son achat via l'application, et est alors redirigé vers le site de l'e-commerçant sélectionné. Reste maintenant à savoir quel business model se cache derrière cette toute nouvelle application. Autrement dit, comment les fondateurs se rémunèrent-ils ? Mathieu Guffens explique avoir identifié plusieurs sources de revenus, dont une partie provenant des utilisateurs eux-mêmes. "Nous nous basons sur un modèle freemium, dit-il. L'utilisateur est aujourd'hui limité à 10 articles pouvant être ajoutés dans son panier unique Mosc. S'il veut pouvoir en glisser davantage, il doit s'abonner et payer 5 euros par trimestre. " Autre source de revenus, provenant cette fois des sites d'e-commerce partenaires : une commission prélevée auprès de ces derniers lorsqu'une vente est finalisée via l'application. "Dans ce cas, un pourcentage de la vente - entre 3 et 8% - est prélevé", explique notre interlocuteur. A noter que sur les 700 sites répertoriés, tous sont loin d'être partenaires. "Les e-commerçants repris sur notre appli n'ont pas tous été contactés individuellement", assure Mathieu Guffens. Et le fondateur de sourire : "Amazon ne sait pas que nous existons". Sur les 700 plateformes, une centaine sont en réalité partenaires à proprement parler. Ce sont elles qui acceptent de payer la fameuse commission sur les ventes finalisées via l'application. Le jeune entrepreneur est bien conscient que ce chiffre ne suffira pas. Il s'attelle donc à multiplier les partenariats, mettant par ailleurs au point une interface uniquement dédiée aux marques, qui devrait être opérationnelle pour la fin de l'année. "L'objectif et de travailler main dans la main avec elles, argumente-t-il. Via cette interface, les sites d'e-commerce pourraient avoir accès à l'ensemble des données qui les concernent, notamment les différents articles de leur plateforme ajoutés dans l'ensemble des paniers Mosc. Ils pourront ainsi constater quels sont les articles les plus prisés et en diminuer le prix ou envoyer des coupons de réduction aux utilisateurs directement via l'application." Des services pour lesquels les marques devront payer un abonnement. Malgré un business model demandant à être encore affiné, Mathieu Guffens se dit persuadé de pouvoir convaincre les marques de délier les cordons de la bourse. "Elles trouvent clairement leur intérêt, assure-t-il. Surtout les sites d'e-commerce plus petits. Ceux-ci sont non seulement mis en avant, mais c'est aussi pour eux une manière indirecte d'informer les consommateurs de leurs baisses de prix. Ils préféreront certainement payer une commission plutôt que de mettre en place des campagnes marketing très coûteuses." Alors que les prochaines étapes importantes seront donc la mise sur le marché d'une version iOS et la concrétisation de l'interface dédiée aux marques, Mathieu Guffens entend aussi lancer sa plateforme dans d'autres pays avec la collaboration, là aussi, des e-commerçants locaux. "L'objectif est de trouver sous peu des investisseurs extérieurs et de lever des fonds pour passer à la vitesse supérieure", assure-t-il.