Accentuée par la crise sanitaire, la pénurie de talents sur le marché de l'emploi renforce la confiance des travailleurs belges quand il s'agit d'envisager de changer d'employeur. C'est du moins ce qu'il ressort de la nouvelle étude menée conjointement par Stepstone et Acerta, auprès de 3.800 travailleurs*.

En général, un tiers des travailleurs interrogés (32 %) sont même persuadés qu'ils pourraient signer dans une autre entreprise pour un emploi semblable en quelques semaines. A peine moins confiants, ils sont 32% à penser que cela leur prendrait quelques mois afin de décrocher au nouvel emploi similaire, 19% pensent néanmoins que cela leur prendra près d'une année pour retrouver un boulot ou pour changer d'employeur. Finalement, seule une petite minorité (16 % de l'ensemble des travailleurs) estime avoir besoin de plus d'un an pour changer d'employeur.

Preuve que la pénurie de talents et la crise sanitaire de ces deux dernières années ont accéléré les choses en renforçant cette confiance actuelle particulièrement élevée; ils sont 30 % à déclarer qu'ils changeraient d'emploi plus rapidement aujourd'hui qu'il y a un an. En 2021, cette intention était déjà plus élevée qu'en 2020. L'étude point le fait que "dans notre pays, un travailleur sur cinq recherche activement un nouvel emploi à l'heure actuelle et 57 % ne sont pas en recherche active, mais sont ouverts à d'autres offres d'emploi."

"Le fait que plus de six Belges sur dix pensent pouvoir trouver un autre employeur en quelques semaines ou mois, s'ils le voulaient, est assez frappant, se réjouit Amandine Boseret, experte chez Acerta Consult. La pénurie actuelle sur le marché de l'emploi influence grandement la confiance des travailleurs. C'est une bonne chose que de nombreux travailleurs quittent ou veuillent quitter leur employeur pour aller travailler ailleurs (ce que l'on appelle la mobilité professionnelle), car cette tendance illustre la reprise de l'économie."

Mieux vaut être aide-soignant et jeune

Bien évidement ces pourcentages varient selon les secteurs d'activité et l'âge des travailleurs. Sans surprise, le secteur où les travailleurs se montrent les plus confiants est celui des soins de santé : 80 % des aides-soignants estiment pouvoir commencer à travailler pour un autre employeur en quelques mois, et plus le travailleur est jeune et plus il est convaincu de pouvoir retrouver rapidement un emploi similaire.

Pour compléter le top des secteurs particulièrement confiants, citons le transport/la logistique (72 %), l'informatique (71 %), les métiers techniques, la production et la construction (70 %). Tandis que par âge, les plus confiants sont les travailleurs dans la vingtaine (pas moins de 80 % sont persuadés de pouvoir trouver un emploi similaire en quelques semaines ou mois). Ce pourcentage reste haut chez les trentenaires avec 75% de persuadés, mais commence à baisser chez les quadragénaires (61%) et les quinquagénaires (58%). Chez les travailleurs de plus de 60 ans, ils sont encore 55 % à penser qu'un changement rapide d'emploi est faisable.

Motiver ses travailleurs

Mais si les travailleurs sont confiants, il n'en est pas exactement pareil pour les entreprises qui rivalisent parfois d'ingéniosité pour attirer les talents et surtout pour les garder. Dans certains cas "extrêmes", cela peut aller de l'idée du vol en hélicoptère aux voyages ou autre bonus avant l'embauche, et le fait que les entreprises vont de plus en plus loin pour recruter de nouveaux collaborateurs renforce la confiance du travailleur belge. "Les employeurs ne doivent pas seulement se profiler comme des employeurs intéressants, souligne Amandine Boseret, ils doivent aussi travailler sur leur politique de carrière interne. Après tout, les collaborateurs ont peut-être plus de possibilités d'assumer et d'apprendre de nouvelles choses chez leur employeur actuel."

Le télétravail, une valeur sûre

La possibilité de pouvoir télétravailler reste un atout décisif pour décrocher et garder des talents, ainsi que la distance domicile-lieu de travail, suivie du contenu de la fonction, de la sécurité de l'emploi, et des relations avec les collègues.

"Le principal "nouveau" facteur depuis le coronavirus est celui du télétravail et du travail à domicile, confirme Amandine Boseret. Il séduit désormais 35 % des travailleurs alors qu'avant la crise du coronavirus, seuls 18 % des travailleurs le considéraient comme un facteur clé. Par ailleurs, faciliter le travail à domicile peut également constituer un moyen pour les employeurs de compenser le facteur le plus décisif, à savoir la distance domicile-lieu de travail, car celle-ci devient subitement nulle grâce à la possibilité de travailler à domicile. En ce qui concerne le contenu de la fonction, qui arrive en deuxième position, les employeurs ont encore une marge de progression : en effet, l'enquête auprès des employeurs a également révélé que 29 % des travailleurs témoignent que leurs attributions n'ont pas changé au cours des trois dernières années. Il existe de nombreuses possibilités à cet égard : le job crafting, qui permet au travailleur de concrétiser lui-même certains aspects de son travail, l'utilisation de rôles, la préparation à long terme des travailleurs à des évolutions stratégiquement nécessaires... La sécurité de l'emploi a perdu quelque peu en importance aux yeux des travailleurs, passant de la deuxième à la troisième place avec 42 %."

Finalement, plus d'un travailleur sur trois (36%) prévoit de rester chez son employeur actuel et si possible pendant le reste de leur carrière. Un pourcentage qui tend à diminuer chez les travailleurs de la vingtaine (24 %) alors qu'il augmente chez les travailleurs de la cinquantaine (47 %). De plus, si le travail effectué a du sens pour le travailleur, celui-ci sera beaucoup plus à rester dans l'entreprise (47% des travailleurs qui ont une carrière durable) que d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte.

*Les données sont issues de l'enquête annuelle "Talent Pulse" réalisée par ACERTA et StepStone. Cette enquête a été déployée pour la treizième fois en mars 2022 et a touché plus de 3800 travailleurs, dont 87 % d'employés et 13 % d'ouvriers.

Accentuée par la crise sanitaire, la pénurie de talents sur le marché de l'emploi renforce la confiance des travailleurs belges quand il s'agit d'envisager de changer d'employeur. C'est du moins ce qu'il ressort de la nouvelle étude menée conjointement par Stepstone et Acerta, auprès de 3.800 travailleurs*.En général, un tiers des travailleurs interrogés (32 %) sont même persuadés qu'ils pourraient signer dans une autre entreprise pour un emploi semblable en quelques semaines. A peine moins confiants, ils sont 32% à penser que cela leur prendrait quelques mois afin de décrocher au nouvel emploi similaire, 19% pensent néanmoins que cela leur prendra près d'une année pour retrouver un boulot ou pour changer d'employeur. Finalement, seule une petite minorité (16 % de l'ensemble des travailleurs) estime avoir besoin de plus d'un an pour changer d'employeur.Preuve que la pénurie de talents et la crise sanitaire de ces deux dernières années ont accéléré les choses en renforçant cette confiance actuelle particulièrement élevée; ils sont 30 % à déclarer qu'ils changeraient d'emploi plus rapidement aujourd'hui qu'il y a un an. En 2021, cette intention était déjà plus élevée qu'en 2020. L'étude point le fait que "dans notre pays, un travailleur sur cinq recherche activement un nouvel emploi à l'heure actuelle et 57 % ne sont pas en recherche active, mais sont ouverts à d'autres offres d'emploi.""Le fait que plus de six Belges sur dix pensent pouvoir trouver un autre employeur en quelques semaines ou mois, s'ils le voulaient, est assez frappant, se réjouit Amandine Boseret, experte chez Acerta Consult. La pénurie actuelle sur le marché de l'emploi influence grandement la confiance des travailleurs. C'est une bonne chose que de nombreux travailleurs quittent ou veuillent quitter leur employeur pour aller travailler ailleurs (ce que l'on appelle la mobilité professionnelle), car cette tendance illustre la reprise de l'économie."Mieux vaut être aide-soignant et jeuneBien évidement ces pourcentages varient selon les secteurs d'activité et l'âge des travailleurs. Sans surprise, le secteur où les travailleurs se montrent les plus confiants est celui des soins de santé : 80 % des aides-soignants estiment pouvoir commencer à travailler pour un autre employeur en quelques mois, et plus le travailleur est jeune et plus il est convaincu de pouvoir retrouver rapidement un emploi similaire.Pour compléter le top des secteurs particulièrement confiants, citons le transport/la logistique (72 %), l'informatique (71 %), les métiers techniques, la production et la construction (70 %). Tandis que par âge, les plus confiants sont les travailleurs dans la vingtaine (pas moins de 80 % sont persuadés de pouvoir trouver un emploi similaire en quelques semaines ou mois). Ce pourcentage reste haut chez les trentenaires avec 75% de persuadés, mais commence à baisser chez les quadragénaires (61%) et les quinquagénaires (58%). Chez les travailleurs de plus de 60 ans, ils sont encore 55 % à penser qu'un changement rapide d'emploi est faisable.Motiver ses travailleursMais si les travailleurs sont confiants, il n'en est pas exactement pareil pour les entreprises qui rivalisent parfois d'ingéniosité pour attirer les talents et surtout pour les garder. Dans certains cas "extrêmes", cela peut aller de l'idée du vol en hélicoptère aux voyages ou autre bonus avant l'embauche, et le fait que les entreprises vont de plus en plus loin pour recruter de nouveaux collaborateurs renforce la confiance du travailleur belge. "Les employeurs ne doivent pas seulement se profiler comme des employeurs intéressants, souligne Amandine Boseret, ils doivent aussi travailler sur leur politique de carrière interne. Après tout, les collaborateurs ont peut-être plus de possibilités d'assumer et d'apprendre de nouvelles choses chez leur employeur actuel."Le télétravail, une valeur sûreLa possibilité de pouvoir télétravailler reste un atout décisif pour décrocher et garder des talents, ainsi que la distance domicile-lieu de travail, suivie du contenu de la fonction, de la sécurité de l'emploi, et des relations avec les collègues."Le principal "nouveau" facteur depuis le coronavirus est celui du télétravail et du travail à domicile, confirme Amandine Boseret. Il séduit désormais 35 % des travailleurs alors qu'avant la crise du coronavirus, seuls 18 % des travailleurs le considéraient comme un facteur clé. Par ailleurs, faciliter le travail à domicile peut également constituer un moyen pour les employeurs de compenser le facteur le plus décisif, à savoir la distance domicile-lieu de travail, car celle-ci devient subitement nulle grâce à la possibilité de travailler à domicile. En ce qui concerne le contenu de la fonction, qui arrive en deuxième position, les employeurs ont encore une marge de progression : en effet, l'enquête auprès des employeurs a également révélé que 29 % des travailleurs témoignent que leurs attributions n'ont pas changé au cours des trois dernières années. Il existe de nombreuses possibilités à cet égard : le job crafting, qui permet au travailleur de concrétiser lui-même certains aspects de son travail, l'utilisation de rôles, la préparation à long terme des travailleurs à des évolutions stratégiquement nécessaires... La sécurité de l'emploi a perdu quelque peu en importance aux yeux des travailleurs, passant de la deuxième à la troisième place avec 42 %."Finalement, plus d'un travailleur sur trois (36%) prévoit de rester chez son employeur actuel et si possible pendant le reste de leur carrière. Un pourcentage qui tend à diminuer chez les travailleurs de la vingtaine (24 %) alors qu'il augmente chez les travailleurs de la cinquantaine (47 %). De plus, si le travail effectué a du sens pour le travailleur, celui-ci sera beaucoup plus à rester dans l'entreprise (47% des travailleurs qui ont une carrière durable) que d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte.