Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne en charge de la Concurrence, continue de ferrailler avec les Gafa. Après avoir infligé 8 milliards d'euros à Google pour abus de position dominante et obligé Apple à rembourser 13 milliards d'euros d'arriérés d'impôts à l'Irlande (deux affaires actuellement en appel), la Danoise s'en prend à nouveau à l'entreprise à la pomme. E...

Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne en charge de la Concurrence, continue de ferrailler avec les Gafa. Après avoir infligé 8 milliards d'euros à Google pour abus de position dominante et obligé Apple à rembourser 13 milliards d'euros d'arriérés d'impôts à l'Irlande (deux affaires actuellement en appel), la Danoise s'en prend à nouveau à l'entreprise à la pomme. Elle vient d'ouvrir deux enquêtes pour infraction potentielle aux règles européennes en matière de concurrence. La première était attendue puisqu'elle concerne l'App Store. L'an dernier, Spotify avait porté plainte contre Apple pour pratiques discriminatoires dans le magasin d'applis. En cause, ce qu'on appelle la taxe Apple : une commission de 15 à 30 % perçue sur tous les paiements réalisés au sein des applis iOS. Une plainte désormais rejointe par Kobo, une filiale de Rakuten spécialisée dans les liseuses et livres électroniques. Tant Spotify que Kobo se voient contraints d'augmenter leurs prix pour conserver leur marge, rendant, de facto, Apple Books pour l'un, Apple Music pour l'autre, plus compétitifs. A moins de forcer les utilisateurs à payer sur le site internet, ce que font Kobo et Spotify. Le hic c'est qu'Apple en interdit la publicité sur l'appli. La Commission européenne va donc se pencher tant sur cette interdiction que sur cette fameuse taxe. Pour Apple Pay, la commissaire veut enquêter sur deux aspects. D'une part les conditions d'utilisation imposées aux applis et sites internet qui veulent autoriser le moyen de paiement. D'autre part, l'exclusivité du paiement sans contact avec un iPhone qu'Apple réserve à Apple Pay. Ce qui, potentiellement, pourrait priver les détenteurs du téléphone d'innovations venant de concurrents. La bataille s'annonce rude car Apple s'inscrit en faux sur les deux enquêtes. L'enjeu est de taille : l'App Store a généré, l'an dernier, 60 milliards de dollars de revenus sur lesquels Apple a prélevé sa taxe.