" Après la crise du coronavirus, rien ne sera plus jamais comme avant. " Maintes fois écrite et entendue, l'affirmation ne semble guère effrayer les patrons belges. Plus de quatre entreprises sur cinq ayant répondu à notre enquête estiment que la pandémie ne remet pas en cause leur modèle économique. Les premières données post-coronavirus semblent leur donner raison. En Chine, les ventes de voitures ont rebondi en avril et en mai après quasiment deux ans de baisse. Le géant mondial Unibail-Rodamco-Westfield a déjà rouvert neuf centres commerciaux sur dix et prévoit de rouvrir rapidement les derniers aux Etats-Unis. " Les chaînes d'approvisionnement semblent progressivement se reformer, nous confie Arthus de Bousies, directeur général des moutarderies Bister et du producteur de sauces Natura. Pour nos approvisionnements, on constate un retour à la normale depuis la mi-mai. Dans l'ensemble, nous avons évité le pire, mais nous déplorons des hausses de prix de certaines matières dont le vinaigre d'alcool qui est utilisé dans les désinfectants. "

En matière de gestion des stocks, la crise a mis en avant la vulnérabilité de la stratégie du juste-à-temps.

Démondialisation

Même si le monde d'après ne semble pas radicalement différent de celui d'avant, la crise du coronavirus laissera des traces. Elle a donné un coup d'accélérateur à de nombreuses tendances, notamment la démondialisation. On ne compte en effet plus les appels à la relocalisation ou les ruptures de chaînes d'approvisionnement internationales. Le phénomène n'est toutefois pas neuf. Il se dessine depuis la fin du 20e siècle. Le dernier grand cycle de négociations ayant abouti, et donné naissance à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), date de 1994. La part du commerce international dans le PIB mondial a atteint un pic en 2008 et suit depuis une tendance légèrement baissière selon les données de la Banque mondiale.

Arthus de Bousies, directeur général des sociétés Bister et Natura: "Pour les consommateurs, le bio et le local seront encore plus importants.", pg
Arthus de Bousies, directeur général des sociétés Bister et Natura: "Pour les consommateurs, le bio et le local seront encore plus importants." © pg

Si le confinement a fortement perturbé les échanges internationaux, le coronavirus ne constitue d'ailleurs certainement pas la seule menace. Les tensions sino-américaines sont remontées d'un cran et Donald Trump a de nouveau menacé la Chine de majorations des droits de douane. Le futur des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l'Union européenne est plus incertain que jamais. Même au sein de l'UE, Emmanuel Macron veut par exemple réformer l'espace Schengen.

Cette démondialisation n'est pas seulement physique, elle est aussi numérique. La fragmentation du Web, ou splinternet, est en effet réelle depuis de nombreuses années. La Chine s'est ainsi entourée d'une grande muraille numérique. La Russie a entrepris d'isoler son Internet. Dans les pays occidentaux, la régulation, comme le RGPD, contribue aussi à la balkanisation d'Internet, un maillon essentiel des échanges commerciaux.

Chaînes d'approvisionnement

Dans ce contexte, on peut s'étonner que finalement peu d'entreprises ayant répondu à notre enquête affirment vouloir raccourcir leurs chaînes d'approvisionnement, les rendre moins internationales ou rapatrier (partiellement) leur production. Le chiffre de 1,3% de l'ensemble des répondants doit toutefois être relativisé. D'une part, cela ne concerne que les sociétés dont le modèle économique est remis en cause par la pandémie. Or, les entreprises sont structurellement très attentives à la sécurisation de leurs approvisionnements et ont déjà été dû intégrer de nombreuses menaces ces dernières années. D'autre part, elles ne sont pas forcément directement concernées, notamment une grande partie des entreprises du secteur des services.

Joost Uwens, CEO de WDP: "La demande d'espace de stockage va augmenter en raison de l'importance croissante de la sécurisation des approvisionnements.", rvb
Joost Uwens, CEO de WDP: "La demande d'espace de stockage va augmenter en raison de l'importance croissante de la sécurisation des approvisionnements." © rvb

Dans l'industrie, les conséquences pourraient toutefois être considérables. Gérant du spécialiste de la maintenance prédictive d'équipements industriels I-Care, Fabrice Brion est convaincu que la crise du coronavirus aura un impact important. " Beaucoup d'entreprises ont été fortement affectées par la rupture d'un maillon, parfois lointain, de leur chaîne d'approvisionnement. Quand des groupes comme Audi ou Mercedes voient des usines à l'arrêt à cause d'un seul fournisseur en rade, la réponse ne se limitera pas à un beau discours. " Si ces grands commanditaires revoient leurs chaînes d'approvisionnement, cela aura des répercussions en cascade.

Fournisseurs imposés

Pour toute entreprise, sécuriser ses approvisionnements est évidemment préférable, mais ce n'est pas toujours possible. Pensons notamment à celles qui ne peuvent s'approvisionner quasiment qu'en Chine faute d'alternative, notamment pour des principes actifs pharmaceutiques. Aux concessionnaires automobiles qui dépendent fréquemment d'un seul groupe automobile. Ou plus généralement au secteur de la distribution qui ne peut souvent pas se passer de certains fournisseurs au risque de perdre leurs clients.

Certaines entreprises se voient aussi imposer leurs fournisseurs comme l'explique Geoffroy-Vincent Cammermans, CEO de Dumoulin Aero, spécialiste des pièces en métaux durs de haute technicité pour les liaisons des bords d'attaque d'ailes. " Dans le secteur aéronautique, nos fournisseurs nous sont imposés par les commanditaires pour d'évidentes raisons de qualité et de sécurité. Nous ne pouvons donc pas simplement nous tourner vers d'autres fournisseurs pour pallier toute rupture des chaînes d'approvisionnement. "

Plus cher mais plus rentable ?

Outre la faisabilité, la deuxième grande interrogation des entreprises est le coût si elles diversifient leurs fournisseurs et/ou relocalisent une partie de leurs approvisionnements. D'autant plus que parmi les sociétés estimant qu'elles doivent mettre leur modèle économique à jour, deux sur trois comptent " gagner en efficacité en rationalisant les processus de production ".

Cela demande donc une réelle réflexion stratégique afin d'appréhender l'ensemble des tenants et aboutissants. Le prix d'achat n'est en effet pas le seul critère à prendre en considération. La stabilité et la qualité des approvisionnements ou les distances ont également un prix. " Au début des années 2000, le secteur aéronautique ne jurait que par les pays émergents, explique ainsi Geoffroy-Vincent Cammermans. Mais après quelques années, les commanditaires se sont rendu compte que cela ne leur revenait pas moins cher quand on tient compte notamment du coût que représente l'envoi de personnel à l'autre bout du monde pour vérifier le respect des strictes procédures de qualité. "

Evidemment, les entreprises doivent aussi tenir compte des demandes de leurs clients. " Pour les consommateurs, le bio et le local seront encore plus importants ", affirme ainsi Arthus de Bousies. Pour pouvoir répondre à cette demande, " nous avons conclu un partenariat juste avant la crise du coronavirus avec des fermiers locaux afin de nous garantir un approvisionnement en graines de moutarde bios pour lancer la première moutarde belge et bio sur le marché ".

Gestion des stocks

Sécuriser les approvisionnements peut aussi passer par une réorganisation de la gestion des stocks. " Tout le monde travaille à flux tendu, dans un souci d'efficacité et de gestion du cash ", nous confiait ainsi Jean-Luc Maurange, CEO de John Cockerill. Mais la crise a mis en avant la vulnérabilité de cette stratégie du juste- à-temps. De plus, le financement des stocks est bien moins coûteux désormais grâce à la chute des taux. Des solutions d'automatisation de la gestion des stocks comme celles récemment lancées par CLS iMation, filiale du groupe italien Tesa, permettent aussi d'en réduire la charge opérationnelle. Dans le secteur des entrepôts, on se prépare ainsi à une augmentation de la demande. " Les stocks seront de 5 à 10% plus élevés après la crise ", a ainsi estimé Hamid Moghadam. Le PDG de Prologis, leader mondial de la location d'entrepôts, s'attend ainsi à un doublement de la croissance du groupe américain au cours des cinq prochaines années.Ce que confirme globalement Joost Uwens, CEO de WDP, spécialiste des entrepôts logistiques en Europe. " Nous recevons actuellement des demandes de la part des clients pour les aider à gérer les surstocks temporaires. Après la crise du coronavirus, un certain nombre d'entreprises vont également faire faillite et nous devrons donc relouer les entrepôts vacants. Mais en parallèle, la demande d'espace de stockage va augmenter en raison de l'importance croissante de la sécurisation des approvisionnements. "

Geoffroy-Vincent Cammermans, CEO de Dumoulin Aero: "Pour 2021, nous n'avons encore aucune certitude, mais nous nous préparons à l'éventualité d'une baisse de plus de la moitié du chiffre d'affaires comme en 2020.", Houet
Geoffroy-Vincent Cammermans, CEO de Dumoulin Aero: "Pour 2021, nous n'avons encore aucune certitude, mais nous nous préparons à l'éventualité d'une baisse de plus de la moitié du chiffre d'affaires comme en 2020." © Houet

L'art délicat des prévisions

Une évolution en plusieurs temps qui traduit la difficulté pour les entreprises d'établir des budgets à l'heure actuelle. Après un confinement inédit, les entreprises sont tout simplement en manque de points de repère sur l'évolution de l'économie ou le comportement des clients. Un mois après la réouverture, les commerces non alimentaires déplorent toujours une perte de 35% du chiffre d'affaires, selon le Syndicat neutre des indépendants. La Fevia, représentant les entreprises alimentaires, déplore une chute de 30% du chiffre d'affaires durant le confinement et ne prévoit un retour à la normale que pour 2022.

Pas moins de deux entreprises sur trois ayant participé à notre enquête estiment ainsi qu'il sera plus difficile de planifier les prochaines années. Une inconnue qui concerne de nombreux secteurs allant de l'horeca à l'aéronautique. " Nous n'avons encore aucune certitude pour 2021, affirme ainsi Geoffroy-Vincent Cammermans, mais nous nous préparons à l'éventualité d'une baisse de plus de la moitié du chiffre d'affaires comme en 2020 ". Du côté du spécialiste liégeois de l'air comprimé Elneo, ses patrons Mathieu et Jonathan Bouhy tablent sur un retour à la normale cet été dans les activités liées à la maintenance et aux réparations. La reprise des ventes de compresseurs est par contre plus incertaine, les clients se montrant prudents en matière d'investissements dans le contexte économique actuel.

Cette incertitude qui plane sur le niveau d'activités des prochains trimestres de quantité d'entreprises renforce encore le besoin de repenser les chaînes d'approvisionnement afin de les flexibiliser davantage.

" Après la crise du coronavirus, rien ne sera plus jamais comme avant. " Maintes fois écrite et entendue, l'affirmation ne semble guère effrayer les patrons belges. Plus de quatre entreprises sur cinq ayant répondu à notre enquête estiment que la pandémie ne remet pas en cause leur modèle économique. Les premières données post-coronavirus semblent leur donner raison. En Chine, les ventes de voitures ont rebondi en avril et en mai après quasiment deux ans de baisse. Le géant mondial Unibail-Rodamco-Westfield a déjà rouvert neuf centres commerciaux sur dix et prévoit de rouvrir rapidement les derniers aux Etats-Unis. " Les chaînes d'approvisionnement semblent progressivement se reformer, nous confie Arthus de Bousies, directeur général des moutarderies Bister et du producteur de sauces Natura. Pour nos approvisionnements, on constate un retour à la normale depuis la mi-mai. Dans l'ensemble, nous avons évité le pire, mais nous déplorons des hausses de prix de certaines matières dont le vinaigre d'alcool qui est utilisé dans les désinfectants. " Même si le monde d'après ne semble pas radicalement différent de celui d'avant, la crise du coronavirus laissera des traces. Elle a donné un coup d'accélérateur à de nombreuses tendances, notamment la démondialisation. On ne compte en effet plus les appels à la relocalisation ou les ruptures de chaînes d'approvisionnement internationales. Le phénomène n'est toutefois pas neuf. Il se dessine depuis la fin du 20e siècle. Le dernier grand cycle de négociations ayant abouti, et donné naissance à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), date de 1994. La part du commerce international dans le PIB mondial a atteint un pic en 2008 et suit depuis une tendance légèrement baissière selon les données de la Banque mondiale. Si le confinement a fortement perturbé les échanges internationaux, le coronavirus ne constitue d'ailleurs certainement pas la seule menace. Les tensions sino-américaines sont remontées d'un cran et Donald Trump a de nouveau menacé la Chine de majorations des droits de douane. Le futur des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l'Union européenne est plus incertain que jamais. Même au sein de l'UE, Emmanuel Macron veut par exemple réformer l'espace Schengen. Cette démondialisation n'est pas seulement physique, elle est aussi numérique. La fragmentation du Web, ou splinternet, est en effet réelle depuis de nombreuses années. La Chine s'est ainsi entourée d'une grande muraille numérique. La Russie a entrepris d'isoler son Internet. Dans les pays occidentaux, la régulation, comme le RGPD, contribue aussi à la balkanisation d'Internet, un maillon essentiel des échanges commerciaux. Dans ce contexte, on peut s'étonner que finalement peu d'entreprises ayant répondu à notre enquête affirment vouloir raccourcir leurs chaînes d'approvisionnement, les rendre moins internationales ou rapatrier (partiellement) leur production. Le chiffre de 1,3% de l'ensemble des répondants doit toutefois être relativisé. D'une part, cela ne concerne que les sociétés dont le modèle économique est remis en cause par la pandémie. Or, les entreprises sont structurellement très attentives à la sécurisation de leurs approvisionnements et ont déjà été dû intégrer de nombreuses menaces ces dernières années. D'autre part, elles ne sont pas forcément directement concernées, notamment une grande partie des entreprises du secteur des services. Dans l'industrie, les conséquences pourraient toutefois être considérables. Gérant du spécialiste de la maintenance prédictive d'équipements industriels I-Care, Fabrice Brion est convaincu que la crise du coronavirus aura un impact important. " Beaucoup d'entreprises ont été fortement affectées par la rupture d'un maillon, parfois lointain, de leur chaîne d'approvisionnement. Quand des groupes comme Audi ou Mercedes voient des usines à l'arrêt à cause d'un seul fournisseur en rade, la réponse ne se limitera pas à un beau discours. " Si ces grands commanditaires revoient leurs chaînes d'approvisionnement, cela aura des répercussions en cascade. Pour toute entreprise, sécuriser ses approvisionnements est évidemment préférable, mais ce n'est pas toujours possible. Pensons notamment à celles qui ne peuvent s'approvisionner quasiment qu'en Chine faute d'alternative, notamment pour des principes actifs pharmaceutiques. Aux concessionnaires automobiles qui dépendent fréquemment d'un seul groupe automobile. Ou plus généralement au secteur de la distribution qui ne peut souvent pas se passer de certains fournisseurs au risque de perdre leurs clients. Certaines entreprises se voient aussi imposer leurs fournisseurs comme l'explique Geoffroy-Vincent Cammermans, CEO de Dumoulin Aero, spécialiste des pièces en métaux durs de haute technicité pour les liaisons des bords d'attaque d'ailes. " Dans le secteur aéronautique, nos fournisseurs nous sont imposés par les commanditaires pour d'évidentes raisons de qualité et de sécurité. Nous ne pouvons donc pas simplement nous tourner vers d'autres fournisseurs pour pallier toute rupture des chaînes d'approvisionnement. " Outre la faisabilité, la deuxième grande interrogation des entreprises est le coût si elles diversifient leurs fournisseurs et/ou relocalisent une partie de leurs approvisionnements. D'autant plus que parmi les sociétés estimant qu'elles doivent mettre leur modèle économique à jour, deux sur trois comptent " gagner en efficacité en rationalisant les processus de production ". Cela demande donc une réelle réflexion stratégique afin d'appréhender l'ensemble des tenants et aboutissants. Le prix d'achat n'est en effet pas le seul critère à prendre en considération. La stabilité et la qualité des approvisionnements ou les distances ont également un prix. " Au début des années 2000, le secteur aéronautique ne jurait que par les pays émergents, explique ainsi Geoffroy-Vincent Cammermans. Mais après quelques années, les commanditaires se sont rendu compte que cela ne leur revenait pas moins cher quand on tient compte notamment du coût que représente l'envoi de personnel à l'autre bout du monde pour vérifier le respect des strictes procédures de qualité. " Evidemment, les entreprises doivent aussi tenir compte des demandes de leurs clients. " Pour les consommateurs, le bio et le local seront encore plus importants ", affirme ainsi Arthus de Bousies. Pour pouvoir répondre à cette demande, " nous avons conclu un partenariat juste avant la crise du coronavirus avec des fermiers locaux afin de nous garantir un approvisionnement en graines de moutarde bios pour lancer la première moutarde belge et bio sur le marché ". Sécuriser les approvisionnements peut aussi passer par une réorganisation de la gestion des stocks. " Tout le monde travaille à flux tendu, dans un souci d'efficacité et de gestion du cash ", nous confiait ainsi Jean-Luc Maurange, CEO de John Cockerill. Mais la crise a mis en avant la vulnérabilité de cette stratégie du juste- à-temps. De plus, le financement des stocks est bien moins coûteux désormais grâce à la chute des taux. Des solutions d'automatisation de la gestion des stocks comme celles récemment lancées par CLS iMation, filiale du groupe italien Tesa, permettent aussi d'en réduire la charge opérationnelle. Dans le secteur des entrepôts, on se prépare ainsi à une augmentation de la demande. " Les stocks seront de 5 à 10% plus élevés après la crise ", a ainsi estimé Hamid Moghadam. Le PDG de Prologis, leader mondial de la location d'entrepôts, s'attend ainsi à un doublement de la croissance du groupe américain au cours des cinq prochaines années.Ce que confirme globalement Joost Uwens, CEO de WDP, spécialiste des entrepôts logistiques en Europe. " Nous recevons actuellement des demandes de la part des clients pour les aider à gérer les surstocks temporaires. Après la crise du coronavirus, un certain nombre d'entreprises vont également faire faillite et nous devrons donc relouer les entrepôts vacants. Mais en parallèle, la demande d'espace de stockage va augmenter en raison de l'importance croissante de la sécurisation des approvisionnements. " Une évolution en plusieurs temps qui traduit la difficulté pour les entreprises d'établir des budgets à l'heure actuelle. Après un confinement inédit, les entreprises sont tout simplement en manque de points de repère sur l'évolution de l'économie ou le comportement des clients. Un mois après la réouverture, les commerces non alimentaires déplorent toujours une perte de 35% du chiffre d'affaires, selon le Syndicat neutre des indépendants. La Fevia, représentant les entreprises alimentaires, déplore une chute de 30% du chiffre d'affaires durant le confinement et ne prévoit un retour à la normale que pour 2022. Pas moins de deux entreprises sur trois ayant participé à notre enquête estiment ainsi qu'il sera plus difficile de planifier les prochaines années. Une inconnue qui concerne de nombreux secteurs allant de l'horeca à l'aéronautique. " Nous n'avons encore aucune certitude pour 2021, affirme ainsi Geoffroy-Vincent Cammermans, mais nous nous préparons à l'éventualité d'une baisse de plus de la moitié du chiffre d'affaires comme en 2020 ". Du côté du spécialiste liégeois de l'air comprimé Elneo, ses patrons Mathieu et Jonathan Bouhy tablent sur un retour à la normale cet été dans les activités liées à la maintenance et aux réparations. La reprise des ventes de compresseurs est par contre plus incertaine, les clients se montrant prudents en matière d'investissements dans le contexte économique actuel. Cette incertitude qui plane sur le niveau d'activités des prochains trimestres de quantité d'entreprises renforce encore le besoin de repenser les chaînes d'approvisionnement afin de les flexibiliser davantage.