Dans l'entretien qu'ils nous accordaient l'an dernier, Wilfried Niessen et Bernard Delvaux, respectivement directeur général et président du conseil de gouvernance d'HEC Liège, pointaient trois défis principaux auxquels était confrontée leur business school : la numérisation, la recherche de moyens financiers et l'internationalisation. C'est dans cette dernière que s'inscrit la récente attribution du label de qualité AACSB ( Association to Advance Collegiate Schools of Business) qui fait suite à celle obtenue en 2016 (Equis, pour European Foundation for ManagementQuality Improvement System). Une reconnaissance prestigieuse qui marque la volonté de l'institution liégeoise de se positionner sur l'échiquier mondial.
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Dans l'entretien qu'ils nous accordaient l'an dernier, Wilfried Niessen et Bernard Delvaux, respectivement directeur général et président du conseil de gouvernance d'HEC Liège, pointaient trois défis principaux auxquels était confrontée leur business school : la numérisation, la recherche de moyens financiers et l'internationalisation. C'est dans cette dernière que s'inscrit la récente attribution du label de qualité AACSB ( Association to Advance Collegiate Schools of Business) qui fait suite à celle obtenue en 2016 (Equis, pour European Foundation for ManagementQuality Improvement System). Une reconnaissance prestigieuse qui marque la volonté de l'institution liégeoise de se positionner sur l'échiquier mondial. Mais pour l'obtenir, le chemin aura été long et ardu. C'est en 2012, en effet, que les premiers contacts ont été noués avec AACSB, association qui regroupe plus de 800 écoles de gestion dans le monde, pour majorité aux Etats-Unis où elle est née en 1916. Plus remarquable encore est l'attribution de la double certification ACCSB-Equis. Car seules 130 écoles en bénéficient dans le monde. Privilège qu'HEC Liège est la première à détenir en Belgique en tant que business school complète (bacheliers, masters, école doctorale et executive education).Ce certificat AACSB, l'école le doit à " l'excellence de ses programmes, de l'encadrement de ses étudiants, de sa recherche, de son enseignement, de son implication dans son environnement économique, de son réseau d'alumnis et de son organisation ". Un label judicieusement complémentaire à celui d'Equis, sorte de benchmark des meilleures business schools. " Cette reconnaissance est le résultat d'un processus d'examen rigoureux mené par les auditeurs AACSB, tous doyens de business schools, explique Wilfried Niessen. Elle traduit l'engagement de HEC Liège à former, selon les plus hauts standards d'excellence, des étudiants qui deviendront des dirigeants créatifs, polyvalents et responsables, capables de relever les défis futurs dans un contexte mondial. L'annonce de l'obtention de ce label a d'ailleurs eu un impact plus important à l'étranger que chez nous. Je peux vous assurer que les 440 cadres chinois qui suivent en Asie les cours que nous dispensons en executive education étaient tous au courant de l'obtention de cette accréditation. " A l'instar d'Equis, ce label a, en effet, un impact direct sur la visibilité et le rayonnement international d'une école de gestion. Avec comme corollaire l'amélioration du portefeuille d'universités partenaires dans le monde. Bénéficiaires directs : les étudiants dans le cadre de leurs séjours à l'étranger, surtout si l'on sait que 80 % d'entre eux peuvent exciper d'une expérience internationale de type Erasmus. Par ailleurs, cette certification valorise également sur la scène internationale le diplôme universitaire délivré à l'issue des études et permet ainsi d'attirer de nouveaux étudiants mais aussi de nouveaux professeurs. HEC Liège compte quelque 2.800 inscrits et se classe en deuxième position en nombre d'étudiants - derrière celle de médecine - parmi les 11 facultés que compte ULiège. Une université qui totalise aujourd'hui plus de 23.000 étudiants dont un quart d'origine étrangère (134 nationalités) et plus de 3.500 enseignants et chercheurs. L'école de gestion de l'ULiège peut également s'appuyer sur son réseau d'alumnis fort de 15.000 diplômés dont un cinquième exerce ses talents en dehors de la Belgique. Cette dimension internationale se traduit par ailleurs par de multiples activités de recherche en management et en économie, de nombreux partenariats avec des universités à travers le monde et une internationalisation croissante de ses programmes et de son corps professoral." Dans le cadre d'une économie de plus en plus globalisée, cette évolution peut sembler naturelle, intervient Bernard Delvaux. Mais elle est présente chez HEC Liège depuis de nombreuses années. L'école a ainsi été parmi les premières à participer aux programmes Erasmus. Et nous avons toujours spécialement mis l'accent sur l'apprentissage des langues. " " Cette accréditation est un choix que nous avons effectué afin de nous renforcer et pouvoir nouer des partenariats avec des écoles de haut niveau, poursuit Bernard Delvaux. Le chemin n'a pas été aisé mais c'est un parcours qui nous a fait progresser à tous les niveaux. Nous nous inscrivons dans une dynamique entrepreneuriale. Cette accréditation me fait songer aux normes Iso. C'est une démarche similaire dans laquelle le parcours est aussi important que le diplôme. C'est un risque évidemment, car la faculté s'ouvre sur l'extérieur et se frotte aux meilleurs. Or, ce n'est pas nécessairement dans les habitudes des universités en Belgique, de manière générale, qui sont plutôt 'refermées' sur elles-mêmes. " D'autant que cette reconnaissance ne doit pas être vue comme un aboutissement. Avec le label AACSB, HEC Liège est partie prenante d'un exercice continu en termes de stratégie et d'objectifs. C'est un processus participatif d'amélioration continue avec une vision à cinq ans de l'évolution de l'école. Pour répondre aux interrogations des auditeurs, l'école était bien préparée, ayant notamment insisté dans son plan stratégique sur la notion de transversalité. " Voyez la numérisation, par exemple, reprend Wilfried Niessen, que nous intégrons à l'ensemble des cours. L'évolution digitale concerne toutes les matières. Les cours sont podcastés, nous utilisons la réalité virtuelle, les moocs ( massive open online courses) ou encore les spocs ( small private online courses). Cette transversalité se retrouve également dans nos formations, qui permettent à nos étudiants d'apprendre à comprendre les métiers des autres. Nous avons par exemple un master Droit-Gestion qui est le fruit d'une collaboration entre HEC Liège et la faculté de Droit, de Sciences politiques et de Criminologie d'ULiège. Il donne aux étudiants la possibilité d'obtenir deux diplômes en seulement trois années post-bachelier. " Parmi les divers critères retenus par AACSB figure également l'implication de l'école dans son environnement économique. Cette implication constitue un point fort d'HEC Liège qui, tout en se positionnant de plus en plus à l'international, conserve un ancrage local qui en fait un acteur incontournable du développement économique liégeois." Aujourd'hui, les entreprises cherchent des profils avant de chercher des connaissances, d'autant que ces dernières évoluent sans cesse, souligne Bernard Delvaux. Ce qu'elles veulent, ce sont des personnes capables de gérer une équipe, de mener un projet à bien, d'interagir, de faire preuve d'agilité mentale, de disposer de capacités à communiquer, etc. Elles ne recherchent pas des exécutants. De ce point de vue, la connexion d'HEC Liège avec les entreprises, que l'on note notamment avec la présence de représentants de ces dernières au sein du conseil de gouvernance, constitue un atout. Sans oublier l'international qui les ouvre à d'autres cultures. " Une école entrée de plain-pied dans la globalisation tout en conservant des racines et un ancrage fort ? Un cocktail qui ne peut que séduire les (futurs) étudiants.