Feu... vert

A l'heure où la course entre les solutions énergétiques d'avenir bat son plein, l'hydrogène vert tente une belle échappée avec deux projets d'usine en Flandre. Le groupe Colruyt - via Eoly et Parkwind - et le gestionnaire d'infrastructures gazières Fluxys unissent leurs forces depuis 2018 pour démarrer, à l'horizon 2023 à Zeebrugge, Hyoffwind, première vraie unité de conversion de Belgique totalement dédiée à la production industrielle d'hydrogène vert. Un gaz durable et multi-usage obtenu par électrolyse d'électricité renouvelable. Le consortium ambitionne de faire de ce pôle énergétique, la plaque tournante logistique des nombreuses applications envisageables pour l'hydrogène en Belgique. Une étude de faisabilité vient de donner le feu... vert au projet et les partenaires lancent actuellement tous les appels d'offres en vue d'entamer la construction de l'usine dès mi-2021. Mais, guidé par un même appétit pour le gaz vert, un autre attelage flamand est sorti du bois. Ostende Haven, le groupe d'activités offshore DEME et la société d'investissement PMV viennent de dévoiler Hyport Ostende....

A l'heure où la course entre les solutions énergétiques d'avenir bat son plein, l'hydrogène vert tente une belle échappée avec deux projets d'usine en Flandre. Le groupe Colruyt - via Eoly et Parkwind - et le gestionnaire d'infrastructures gazières Fluxys unissent leurs forces depuis 2018 pour démarrer, à l'horizon 2023 à Zeebrugge, Hyoffwind, première vraie unité de conversion de Belgique totalement dédiée à la production industrielle d'hydrogène vert. Un gaz durable et multi-usage obtenu par électrolyse d'électricité renouvelable. Le consortium ambitionne de faire de ce pôle énergétique, la plaque tournante logistique des nombreuses applications envisageables pour l'hydrogène en Belgique. Une étude de faisabilité vient de donner le feu... vert au projet et les partenaires lancent actuellement tous les appels d'offres en vue d'entamer la construction de l'usine dès mi-2021. Mais, guidé par un même appétit pour le gaz vert, un autre attelage flamand est sorti du bois. Ostende Haven, le groupe d'activités offshore DEME et la société d'investissement PMV viennent de dévoiler Hyport Ostende. L'usine devrait démarrer en 2025 sur 7 ha de la zone portuaire ostendaise et affiche un ambitieux objectif de 50.000 tonnes d'hydrogène vert par an. Les deux projets disent s'inscrire dans l'effort de transition énergétique belge, les objectifs du gouvernement flamand et le Green Deal européen. Tous deux affirment aussi : " Il y a de la place pour deux structures de production d'hydrogène vert, solution d'avenir en Belgique ". Reste que la question des subsides pourrait causer un (r)échauffement climatique entre les (non-)concurrents. L'hydrogène vert est produit à partir d'énergie électrique obtenue via le parc d'éoliennes implantées en mer. L'excédent de cette électricité verte produite par le vent marin est utilisé pour l'électrolyse de l'eau. Ce procédé décomposé H2O en deux constituants : le dioxygène (O2) et le dihydrogène (H2) gazeux. Cette production power to gas d'hydrogène vert est infiniment moins polluante que celle de l'hydrogène classique obtenu par " vaporeformage du méthane " (SMR). Celui-ci génère, pour chaque tonne produite d'hydrogène (qualifié de " gris "), environ 9 tonnes de CO2 ! L'obtention d'hydrogène vert n'émet, lui, aucun CO2 ni gaz à effet de serre. Très énergétique, plus facilement stockable que l'électricité, le gaz vert représente une alternative d'avenir dans de multiples secteurs. Le grand avantage est que voitures, camions et autres engins propulsés à l'hydrogène n'émettent que de la vapeur d'eau. Le projet Colruyt Group/Fluxys table sur une production raisonnable de 12 à 25 mégawatts au début. A partir d'une puissance électrique renouvelable de 25 MW fournie par le parc éolien de Parkwind, il serait possible de produire autour de 3.600 tonnes d'H2 par an. Ce qui, en matière de mobilité, équivaudrait à l'approvisionnement de 14.000 voitures et 1.000 véhicules lourds (bus et camions) par an. Côté utilisation, ça gaze aussi ! " L'hydrogène vert peut être transporté et stocké dans les infrastructures gazières existantes et permet ainsi de décarboniser le gaz naturel utilisé comme source d'énergie pour le chauffage, les transports et dans les processus industriels. Il peut être aussi recombiné (par méthanation) à du CO2 d'origine industrielle pour produire du méthane synthétique 100% compatible avec les applications utilisant aujourd'hui le gaz naturel. Par ailleurs, l'hydrogène vert, comme énergie ou matière première décarbonée, peut servir dans le transport, la logistique et les processus industriels, notamment dans le secteur de la chimie et de la sidérurgie ", décrit-on chez Fluxys. Pour Colruyt, l'hydrogène comme énergie alternative durable est une conviction depuis 2004. Et encore plus s'il est vert. Via sa structure Eoly, le groupe de supermarchés n'a pas attendu 2020 pour investir dans cette voie. En interne, il a acquis depuis 2012 des équipements logistiques mus par cette énergie. Le parc de Colruyt compte aujourd'hui plus d'une vingtaine de véhicules H2 et une centaine d'élévateurs fonctionnent uniquement au gaz vert. A Dassenveld, une infrastructure énergétique intelligente récupère déjà depuis des mois les excédents d'électricité verte d'éoliennes terrestres et de panneaux solaires pour les transformer en hydrogène vert stocké puis écoulé dans l'entreprise par des stations de remplissage. En externe, Colruyt a installé à Hal sa première pompe destinée au grand public pour faire le plein d'hydrogène 100% vert. La mise en service d'autres pompes " publiques " est en cours. De son côté, Fluxys n'est pas en reste : " Grâce aux avantages uniques des infrastructures gazières et de notre expertise commerciale et technique, nous nous engageons à transporter l'hydrogène, le biométhane ou d'autres vecteurs énergétiques neutres en carbone du futur ", annonce fièrement Pascal De Buck, PDG de Fluxys. Avec l'aide de tous ceux qui souhaitent ouvrir la voie en vue de rendre le paysage énergétique plus durable afin que notre pays puisse jouer un rôle important d'ici 5 à 10 ans. Hyoffwind marque le coup d'envoi du développement des connaissances locales sur l'hydrogène et son économie". Par Fernand Letist