L'opération, similaire à celle qui avait conduit à l'arrêt du premier réacteur le 22 février, doit démarrer lundi vers 23H30, avec une baisse progressive de la puissance du second réacteur, selon un porte-parole d'EDF. Une équipe de quart de dix à quinze personnes sera en salle de commandes pour faire descendre doucement la puissance nominale de ce réacteur à eau pressurisée (la technologie qui équipe les 56 réacteurs restants du parc français) de 900 mégawatts.

Lorsque le réacteur sera descendu à 8% de sa capacité, normalement mardi vers 02H00, la centrale sera alors définitivement déconnectée du réseau électrique. Installée en bordure du Rhin, près de l'Allemagne et de la Suisse, la plus vieille centrale de France cessera pour toujours de produire de l'électricité, point final après des années de remous, de débats et de reports sur son sort.

Son démantèlement pourra alors commencer. Il s'annonce long : 15 ans sont prévus pour démonter les deux réacteurs, à commencer par l'évacuation du combustible hautement radioactif qui, selon le calendrier prévu, doit s'achever en 2023. Le démantèlement proprement dit, inédit en France à cette échelle, devrait débuter à l'horizon 2025 et se poursuivre au moins jusqu'en 2040.

"C'est la première fois qu'une centrale nucléaire à eau pressurisée est arrêtée puis démantelée intégralement", explique un porte-parole d'EDF. Auparavant, d'autres centrales avaient subi le même sort, comme celle de Brennilis, dans le Finistère, mais elles utilisaient des technologies différentes, précise-t-il.

Victoire pour les antinucléaires

Victoire pour les antinucléaires français, allemands et suisses, dont certains ont milité pendant des décennies contre Fessenheim, cette fermeture suscite au contraire la colère des salariés de la centrale et de la plupart des 2.500 habitants de la bourgade éponyme.

"On avance inéluctablement vers la fin (...) Cette situation ressemble à un génocide économique, social et écologique. Courage aux salariés de #Fessenheim", avait tweeté vendredi la CGT de la centrale. Seuls soixante salariés EDF resteront pour conduire son démantèlement vers 2024. Fin 2017, ils étaient encore 750, auxquels il convenait d'ajouter 300 prestataires. Quant aux habitants de ce village autrefois modeste, ils ont vécu pendant des décennies grâce aux importantes retombées économiques et fiscales de cette installation et craignent un grand trou d'air économique : aucun projet n'est officiellement arrêté pour l'après-Fessenheim.

L'installation d'un technocentre, destiné à devenir un site-pilote de décontamination des métaux faiblement radioactifs ou encore une usine de biocombustible sont bien en projet, avec plusieurs centaines d'emplois à la clé, mais ils ne se concrétiseraient pas avant quelques années. Fermer la centrale, alors qu'elle "est en bon état de marche et a passé tous les tests de sécurité", est "absurde et incompréhensible", s'énerve le maire Claude Brender.

"Clairement, après la fermeture, on se retrouve complètement à sec et très loin de tout projet de territoire", a également relevé le président de la région Grand Est, Jean Rottner, regrettant une "décision politique" de l'Etat prise sans avoir prévu d'"outils de remplacement". Promesse de campagne de François Hollande en 2012, cette fermeture avait été repoussée à maintes reprises, avant d'être actée en avril 2017. Comme un clin d'oeil du destin : vendredi matin, le réacteur n°2 a subi un arrêt automatique après un coup de foudre sur des lignes à haute tension proches de la centrale. Il a redémarré sans problème samedi. Il sera de nouveau éteint lundi, trois jours plus tard. Cette fois pour toujours.

L'opération, similaire à celle qui avait conduit à l'arrêt du premier réacteur le 22 février, doit démarrer lundi vers 23H30, avec une baisse progressive de la puissance du second réacteur, selon un porte-parole d'EDF. Une équipe de quart de dix à quinze personnes sera en salle de commandes pour faire descendre doucement la puissance nominale de ce réacteur à eau pressurisée (la technologie qui équipe les 56 réacteurs restants du parc français) de 900 mégawatts. Lorsque le réacteur sera descendu à 8% de sa capacité, normalement mardi vers 02H00, la centrale sera alors définitivement déconnectée du réseau électrique. Installée en bordure du Rhin, près de l'Allemagne et de la Suisse, la plus vieille centrale de France cessera pour toujours de produire de l'électricité, point final après des années de remous, de débats et de reports sur son sort. Son démantèlement pourra alors commencer. Il s'annonce long : 15 ans sont prévus pour démonter les deux réacteurs, à commencer par l'évacuation du combustible hautement radioactif qui, selon le calendrier prévu, doit s'achever en 2023. Le démantèlement proprement dit, inédit en France à cette échelle, devrait débuter à l'horizon 2025 et se poursuivre au moins jusqu'en 2040. "C'est la première fois qu'une centrale nucléaire à eau pressurisée est arrêtée puis démantelée intégralement", explique un porte-parole d'EDF. Auparavant, d'autres centrales avaient subi le même sort, comme celle de Brennilis, dans le Finistère, mais elles utilisaient des technologies différentes, précise-t-il. Victoire pour les antinucléaires français, allemands et suisses, dont certains ont milité pendant des décennies contre Fessenheim, cette fermeture suscite au contraire la colère des salariés de la centrale et de la plupart des 2.500 habitants de la bourgade éponyme. "On avance inéluctablement vers la fin (...) Cette situation ressemble à un génocide économique, social et écologique. Courage aux salariés de #Fessenheim", avait tweeté vendredi la CGT de la centrale. Seuls soixante salariés EDF resteront pour conduire son démantèlement vers 2024. Fin 2017, ils étaient encore 750, auxquels il convenait d'ajouter 300 prestataires. Quant aux habitants de ce village autrefois modeste, ils ont vécu pendant des décennies grâce aux importantes retombées économiques et fiscales de cette installation et craignent un grand trou d'air économique : aucun projet n'est officiellement arrêté pour l'après-Fessenheim. L'installation d'un technocentre, destiné à devenir un site-pilote de décontamination des métaux faiblement radioactifs ou encore une usine de biocombustible sont bien en projet, avec plusieurs centaines d'emplois à la clé, mais ils ne se concrétiseraient pas avant quelques années. Fermer la centrale, alors qu'elle "est en bon état de marche et a passé tous les tests de sécurité", est "absurde et incompréhensible", s'énerve le maire Claude Brender. "Clairement, après la fermeture, on se retrouve complètement à sec et très loin de tout projet de territoire", a également relevé le président de la région Grand Est, Jean Rottner, regrettant une "décision politique" de l'Etat prise sans avoir prévu d'"outils de remplacement". Promesse de campagne de François Hollande en 2012, cette fermeture avait été repoussée à maintes reprises, avant d'être actée en avril 2017. Comme un clin d'oeil du destin : vendredi matin, le réacteur n°2 a subi un arrêt automatique après un coup de foudre sur des lignes à haute tension proches de la centrale. Il a redémarré sans problème samedi. Il sera de nouveau éteint lundi, trois jours plus tard. Cette fois pour toujours.