Les automobilistes qui se lancent dans la voiture électrique se sentent moins seuls avec Chargemap. C'est le nom d'une application française, lancée en 2010, qui aide les automobilistes européens à trouver des bornes pour recharger en route, à connaître leur vitesse de charge et les tarifs. Avec l'avis d'autres utilisateurs Chargemap, car c'est une application participative. "Nous avons actuellement plus de 777.000 membres actifs", déclare Yoan Nussbaumer, qui a créé cette application couvrant les routes d'Europe. Ils étaient 500.000, il y a un an. Au moins 5% de cette communauté provient de Belgique.
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Les automobilistes qui se lancent dans la voiture électrique se sentent moins seuls avec Chargemap. C'est le nom d'une application française, lancée en 2010, qui aide les automobilistes européens à trouver des bornes pour recharger en route, à connaître leur vitesse de charge et les tarifs. Avec l'avis d'autres utilisateurs Chargemap, car c'est une application participative. "Nous avons actuellement plus de 777.000 membres actifs", déclare Yoan Nussbaumer, qui a créé cette application couvrant les routes d'Europe. Ils étaient 500.000, il y a un an. Au moins 5% de cette communauté provient de Belgique. Basée à Strasbourg, l'entreprise propose une série de services d'information centrés sur le voiture électrique. L'entrepreneur roule depuis cinq ans dans une Tesla Model S 75 B, après avoir roulé en Nissan Leaf. "Quand j'ai acheté la Tesla, il n'y avait vraiment que cette marque qui permettait une autonomie de 400 km. Elle m'a permis de répercuter mon apprentissage dans le produit Chargemap et préparer ce qui se produit actuellement, vu que des véhicules électriques avec la même autonomie sont maintenant disponibles dans de nombreuses marques." La dernière innovation en date est une fonction de planification intelligente d'itinéraire. L'utilisateur précise le modèle de son véhicule et la destination ; l'application lui propose un trajet et recommande les endroits optimaux où il peut recharger pour ne pas perdre de temps. "C'est la fonction la plus demandée, assure Yoan Nussbaumer. Nous avons développé une technologie propriétaire pour trouver le meilleur chemin en fonction de critères. Ce n'était pas facile. Nous avions déjà tenté de le faire il y a deux ans mais cela ne marchait pas. Nous avons donc recruté un docteur dans le domaine des algorithmes et étoffé l'équipe." Chargemap n'est pas la seule à proposer des informations sur les bornes. Elles se retrouvent sur les applis des fournisseurs de carte de recharge. L'accès aux bornes est différent de celui aux pompes à carburant. En général, les recharges ne sont pas payées avec une carte bancaire, mais par une carte fournie par le réseau de bornes ou, plus généralement, une carte multiréseaux, internationale, distribuée par des MSP (Mobility Service Providers) comme Plugsurfing, New Motion (Shell), WeCharge (VW)ou EDI en Belgique (D'Ieteren Auto). Ces MSP proposent chacun une application cartographique pour repérer les bornes accessibles via leur carte, leurs caractéristiques (tarifs, vitesse, etc.), mais ne renseignent pas les autres bornes. Contrairement à Chargemap, ces applis ne publient pas de commentaires des utilisateurs. Or, ils sont précieux à ce stade du développement du marché, où toutes les bornes ne se valent pas. Yoann Nussbaumer, diplômé en multimédia, possédait une agence de création de sites web, qu'il a arrêtée pour se consacrer à ce projet. "J'ai un papa mécanicien qui m'a transmis le virus de l'automobile. Je voulais être designer automobile, explique-t-il. En 2008, j'ai découvert la Tesla Roadster, un magnifique coupé sportif. Je me suis dit qu'il allait se passer quelque chose avec la voiture électrique. Alors j'ai créé un blog, Automobile Propre." Qui existe toujours et demeure une référence. "Il attire environ 2 à 3 millions de visiteurs uniques par mois", ajoute Yoann Nussbaumer. En 2010, celui-ci crée l'appli Chargemap, car il voulait s'acheter une voiture électrique, une Nissan Leaf à l'époque, et avait du mal à trouver des bornes. Estimant qu'il n'était pas le seul à avoir ce problème, il invente cette espèce de Tripadvisor de la voiture électrique, une appli répertoriant le maximum de bornes, en plus d'Automobile Propre. Les utilisateurs des Tesla, comme aujourd'hui Yoann Nussbaumer, ont de moins en moins besoin de ce service. La marque a en effet développé au fil des ans son propre réseau de bornes, bien signalé sur les systèmes de navigation des véhicules. Les autres marques (VW, Peugeot, Renault, Nissan, etc.) ne vont pas aussi loin, même si les navigateurs contiennent des infos sur les points de charge. Comme elles ne contrôlent pas de réseau de charge (*), les automobilistes doivent se débrouiller avec les dizaines de réseaux mis en place un peu partout en Europe, de qualité et de performance variable. C'est le public idéal pour l'appli Chargemap. En 2017, celle-ci a ajouté une carte de chargement multi-réseaux et est devenu un MSP. L'application répertorie un maximum de bornes, y compris celles que le Chargemap Pass ne permet pas d'utiliser, pour que l'appli reste utilisable par les porteurs d'autres cartes de recharge. La carte Chargemap Pass est utilisée par des flottes, surtout en France, ou est distribuée par des marques comme Mazda (France) à ses clients ayant opté pour une voiture électrique. Chargemap affronte une forte concurrence, mais mise sur l'atout que représente la communauté des utilisateurs de l'appli. Elle a dépassé les 100.000 cartes distribuées. Reste à développer d'autres marchés, comme l'Allemagne ou la Belgique.(*) Avec une demi-exception, Ionity, un réseau de charge rapide, dont le groupe VW, Daimler, BMW, Ford et Hyundai sont actionnaires.