Au printemps 2019, Acerta, le prestataire de services RH, interrogeait des CEO et des dirigeants sur les formations de leur personnel. A l'heure où tout le monde parle de marché en pénurie, de formation continue et de reskilling (formation d'un candidat recruté à un poste pour lequel il n'aurait pas toutes les compétences requises au préalable) à cause du digital, les résultats publiés la semaine dernière sont proprement édifiants. A quels travailleurs ces CEO et autres dirigeants proposent-ils plus facilement une formation ? Pour 77 %, la réponse est simple : à ceux qui le demandent. Pour 67 % d'entre eux, en fonction de leurs prestations, de leur implication et de leur employabilité. Et pour 51 %, à ceux qui semblent vouloir quitter l'entreprise. En d'autres termes, pour la moitié des entreprises belges, les formations sont vues comme un incentive dans le but de garder le travailleur. " Ces résultats indiquent une position réactive, voire négative, des employeurs, analyse Benoît Caufriez, directeur d'Acerta Consult. Les formations sont vues comme un dernier recours plutôt qu'une première opportunité. Cela pourrait s'améliorer. "

L'autre grande leçon de l'enquête est liée à l'âge. Au-delà de 20 ans d'ancienneté, seules 9 % des entreprises sont enclines à encore former. " Les formations peuvent représenter une plus-value et le travailleur en bénéficie peu importe son âge, son ancienneté ou son statut, explique pourtant Benoît Caufriez. Les travailleurs avec la plus longue ancienneté doivent être gardés tout aussi motivés et employables. Ce sont précisément ces travailleurs qui peuvent bénéficier de formations pour maîtriser de nouvelles technologies et de nouveaux procédés. Que voudriez-vous encore apprendre ? Telle est la question que l'employeur devrait poser régulièrement et pendant toute leur carrière à ses collaborateurs. " Enfin, seule une entreprise sur trois évalue clairement si la formation a atteint son but. Et 18 % ne le font pas du tout.