Comme le mentionnait le New York Times dans un article du 16 mars 2019, de grandes villes américaines comme Philadelphie ou Memphis, privées de leur filière de recyclage chinoise abandonnent leurs efforts en matière de recyclage. Une honte ? Une hérésie ? Peut-être....

Mais surtout une opportunité manquée face au défi incroyable du recyclage du plastique. Il est temps de reprendre notre destin et de faire de notre addiction au plastique, un comportement sain et raisonné respectueux de la terre et de ses ressources naturelles.

Le rassemblement plutôt que la division

L'impact négatif de la surconsommation du plastique n'est plus à démontrer : bilan carbone élevé, épuisement des ressources de pétrole, pollution de nos océans, impact sur la faune et flore... Sans parler des quantités de micro-plastiques qu'il génère et qui se retrouvent dans nos organismes via les crustacés que nous ingérons.

Comme le pétrole, lui aussi fortement décrié, le plastique présente pourtant des propriétés positives que nous gaspillons de manière souvent inconsciente à force de la considérer comme une commodité, un banal emballage dont la durée de vie correspond trop souvent à la durée d'usage ou de consommation du produit qu'il contient.

Mais s'il est utilisé de manière consciente et efficace, ce déchet devient une ressource aux potentialités de réutilisation et de recyclage.

Diaboliser le plastique et ceux qui y ont recours nous semble contreproductif. Ce faisant, nous risquons de segmenter notre société entre celles et ceux - les "vertueux" qui auraient banni le plastique de leur vie et les "mauvais" qui ne pourraient pas se passer des services que leur plastique rend encore dans leur vie de tous les jours.

Or, il y a fort à parier que la majorité des citoyens se trouvent dans la seconde catégorie. C'est ceux-là même qui ont un réel potentiel d'impact à grande-échelle. C'est ceux-là même qui doivent être mieux informés, mieux servis, mieux conscientisés. En stigmatisant l'utilisation du plastique, nous prenons le risque de l'"à-quoi-bonisme", celui dans lequel sont tombées les municipalités américaines mentionnées plus haut.

Aujourd'hui, des solutions existent pour tirer parti des propriétés formidables du plastiques.

Des initiatives open source pour notre bien commun

En 2012, Frosch a lancé l'initiative "Recyclate". L'objectif : placer les emballages en PET (plastique transparent, le plus recyclable des plastiques) dans un circuit de recyclage fermé et utiliser les déchets en PET des sacs PMC comme matière première à part entière. Grâce à une technologie de tri innovante (la spectroscopie, laser à grande vitesse), Recyclate permet d'obtenir des matériaux recyclés de haute qualité et provenant des sacs pour PMC.

Désormais, pour fabriquer ses bouteilles, Frosch n'utilise plus de nouvelles matières premières brutes ou de PET vierge. La dernière génération de nos bouteilles en PET transparentes constituée à 100 % de PET recyclé et sont à leur tour 100% recyclables.

Nous souhaitons contribuer à la généralisation de l'utilisation du plastique recyclé, solution parfois écartée par les entreprises en raison d'un coût plus élevé que le plastique vierge ou issu de la pétrochimie. Nous travaillons donc en innovation ouverte afin de laisser cette technologie à disposition des industriels.

L'écologie est en effet l'affaire de chacun et ne doit pas devenir un secteur de concurrence. Les États, entreprises et individus doivent travailler de concert et dans la même direction. C'est en misant sur cette dynamique que de plus en plus d'acteurs utiliseront le plastique recyclé, ce qui permettrait notamment de réduire considérablement le déversement de débris plastiques dans les océans.

Des fourmis avec les colibris

Nous avons tous entendu parler de cette fable du petit colibri qui fait sa part du boulot en emportant quelques gouttes d'eau pour éteindre le feu face à l'incendie qui ravage la forêt. Face aux défis auxquels nous faisons face, des pistes existent dans la mise en place de solutions structurées, comme celle qu'encourage la Région wallonne à travers son appel à projets pour la création d'une filière wallonne du recyclage du plastique. Organisons-nous et mobilisons-nous comme des fourmis.

Depuis plusieurs années déjà, le rôle d'une marque a évolué. D'un simple fabricant, les marques sont aujourd'hui des vecteurs d'action. Notre rôle n'est plus seulement de produire des produits d'entretien écologiques à impact environnemental très faible mais surtout de contribuer à une prise de conscience globale de nos actes d'achats, de consommation et de gestion de nos déchets. Et pour ce faire, rien ne vaut les actes et les faits tangibles plutôt que les beaux discours. Alors, ensemble, sur base d'informations concrètes, de données fiables, prenons les actes qui pourront faire avancer les choses.

Benoit Renauld, Directeur Général Frosch Benelux