C'est un nouveau coup dur pour tous les bars et cafés de Bruxelles, qui devront fermer boutique pour un mois supplémentaire, dès demain (jeudi 8 octobre). "Quand les bars devaient fermer à 23h00, les gens continuaient leur soirée dans les parcs, ou chez eux. Donc ça revient au même, voire pire. Comment affirmer avec certitude que les bars sont davantage vecteurs du virus ?", s'interroge Philippe Trine, Président de la Fédération Horeca Bruxelles.
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C'est un nouveau coup dur pour tous les bars et cafés de Bruxelles, qui devront fermer boutique pour un mois supplémentaire, dès demain (jeudi 8 octobre). "Quand les bars devaient fermer à 23h00, les gens continuaient leur soirée dans les parcs, ou chez eux. Donc ça revient au même, voire pire. Comment affirmer avec certitude que les bars sont davantage vecteurs du virus ?", s'interroge Philippe Trine, Président de la Fédération Horeca Bruxelles. L'Horeca, un des secteurs le plus touchés par la crise, déplore fortement ce nouveau mois de fermeture totale. "En attendant, les pouvoir publics doivent aider à la survie. Car c'est bien de survie dont on parle. Toute la profession souffre terriblement depuis le mois de mars". Pour Philippe Trine, les compensations financières de toutes sortes sont urgentes pour le secteur. "Les loyers et la Sabam ne devraient plus être payés. Par exemple, une boîte de nuit comme le Fuse à Bruxelles doit payer 9.000 euros de Sabam par mois. Ils sont fermés depuis 7 mois, et la Sabam continue à facturer".Philippe Trine pointe également un manque de distinction entre les bars. "Le problème est qu'on met tous les cafés et les bars dans le même sac. C'est un peu dérangeant. Car il y a différents types de bars et de cafés : il y a le bar où l'on sert un café et un croissant le matin. Et le bar qui -en temps normal- ouvre à minuit jusqu'à 7 heures du matin. Ce sont des établissements très différents. C'est malheureusement impossible pour le gouvernement, vu la loi, de faire la distinction.""Il y a des bars qui font absolument tout pour respecter ces mesures", poursuit Philippe Trine. "Mais comme on fait un groupement de cafés, bars, et monde de la nuit, fatalement, beaucoup ne savent pas les respecter." Quant au fait que les restaurants peuvent eux restés ouverts, avec des tables allant jusqu'à 10 personnes, le Président de la Fédération Horeca Bruxelles s'en réjouit. "Les restaurants ont investi énormément. Dans des plexiglass et bien d'autres choses pour respecter les mesures en place. Il ne faut pas oublier qu'un restaurant de 80 places, par exemple, se retrouve avec 40 places. Ce sont toutes des normes que les restaurateurs ont acceptées. Ils sont d'ailleurs traités par le gouvernement de 'bons élèves'. Tant mieux. Il ne doit pas y avoir de jalousie entre restaurants et bars." Quel sort sera réservé aux bars-restaurants, qui servent, en temps normal, une petite restauration? Philippe Trine rectifie d'emblée : "Ce sont des restaurants, pas des bars-restaurants. Ceux qui sont dans ce cas-là peuvent restés ouverts mais ne pourront pas servir une personne qui ne vient pas manger."Certains se demandent également si des "simples" bars pourront rester ouverts en mettant en place une petite restauration. Là aussi, la réponse est claire "S'ils sont enregistrés dans la loi en tant que bars, non, ils ne pourront pas le faire. A moins d'entreprendre toutes les démarches administratives pour changer leur statut. Ce qui prend plusieurs mois. Donc, pour un mois de fermeture, c'est impossible. Vous ne pouvez pas changer votre nom pour demain matin", résume Philippe Trine, qui attend de voir si la fermeture des bars et cafés aura un réel impact dans les chiffres de contamination. "Dans un mois, on verra si le gouvernement avait raison ou pas. Si on voit que rien n'a changé, et que la courbe continue à augmenter, que va-t-on faire? Les universités, les fêtes estudiantines qui se finissent dans les kots, les clubs de sport, les rassemblements clandestins : tout ça fait aussi circuler le virus. Les bars ne sont pas plus vecteurs qu'un autre domaine", plaide-t-il. Doit-on s'attendre à une rébellion de certains gérants de bars ou cafés, qui n'en peuvent plus de la situation ? "On s'attend à ce genre de choses, oui. Il y a déjà eu des appels à sortir dans la rue pour faire du bruit avec des casseroles.""C'est pour éviter cela que le gouvernement doit aller très vite dans la compensation. Sans quoi cela risque de provoquer des excès. Si on ne mange pas à midi et qu'on ne mange pas ce soir, on va devenir méchants demain matin", résume Philippe Trine. Un changement de gouvernement qui tombe mal, selon le Président. "Le ministre Ducarme n'est plus là. Il a fait beaucoup pour les classes moyennes et l'Horeca. J'espère que le ministre Clarinval fera la même chose et qu'il poursuivra cette même politique." La décision entraînera inévitablement une augmentation des faillites. "On s'attendait déjà à 1.600 faillites à Bruxelles en été. Avec ce nouveau coup d'arrêt d'un mois, on peut encore prévoir plus. Même les restaurants travaillent à perte. Sans compter toutes les répercussions sur le personnel. C'est un drame. Pour le moral aussi, c'est terrible."