Dans les grands chambardements de la crise sanitaire, cette décision de la RTBF est passée quasiment inaperçue sur les écrans. Elle marque pourtant la fin d'une époque et de certaines habitudes liées à "la télévision de papa". Depuis que 2021 a pointé le bout de son nez, il n'y a en effet plus de JT en deuxième partie de soirée sur les chaînes télé de la RTBF. Et pour s'informer, les amateurs d'actualité chaude sont donc priés d'aller voir ailleurs, à la concurrence ou sur le site web du service public.
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Dans les grands chambardements de la crise sanitaire, cette décision de la RTBF est passée quasiment inaperçue sur les écrans. Elle marque pourtant la fin d'une époque et de certaines habitudes liées à "la télévision de papa". Depuis que 2021 a pointé le bout de son nez, il n'y a en effet plus de JT en deuxième partie de soirée sur les chaînes télé de la RTBF. Et pour s'informer, les amateurs d'actualité chaude sont donc priés d'aller voir ailleurs, à la concurrence ou sur le site web du service public. Certes, le bouleversement n'est pas spectaculaire. Cela faisait plus d'un an déjà que la capsule Vews sur la Deux (devenue entretemps Tipik) s'était débarrassée de son présentateur vedette pour proposer un condensé d'infos "tout en images" avec des effets de style pour le moins discutables. A l'époque, ce changement de concept posait déjà question, d'autant que la chaîne d'info en continu LN24 venait à peine de débarquer dans le paysage francophone. Bref, supprimer un JT "classique" en fin de soirée à la RTBF était déjà du pain bénit pour ce nouvel acteur médiatique en novembre 2019. Mais voir aujourd'hui le dernier rendez-vous d'actu du service public retiré des programmes du soir - fût-il "tout en images" - était carrément inespéré pour LN24. La capsule Vews ne passe toutefois pas à la trappe. Formatée pour le public des jeunes adultes, elle est simplement avancée à 19h55 sur la chaîne Tipik, à l'heure où la grand-messe du JT de la Une diffuse ses derniers sujets. La RTBF commet-elle une erreur stratégique en laissant désormais le boulevard de l'info télévisée à LN24 en deuxième partie de soirée? Du côté de la cité Reyers, on réfute cette vision des choses tout en assumant pleinement le nouveau positionnement choisi. "La RTBF est aujourd'hui un média global et notre façon d'aborder l'information répond à l'obligation, inscrite dans le contrat de gestion, de toucher tous les publics, répond sa porte-parole Axelle Pollet. Or, pour nous assurer de toucher ces publics, nous devons développer toute une offre, sous les formes les plus complémentaires et variées, qui passent par de nouveaux formats comme Instagram, par exemple. Il ne faut donc pas voir cette décision dans une logique d'appauvrissement de l'info mais, au contraire, dans une logique d'optimisation multimédias." La RTBF l'a d'ailleurs noté ces derniers mois: les 15-24 ans ont quelque peu délaissé ses chaînes de télé en 2020 (-8% d'audience sur cette cible) pour consommer davantage ses contenus sur les smartphones, tablettes et portables (+21%). "Cela conforte notre positionnement stratégique d'aller à la rencontre de ces jeunes pour les embarquer sur de nouveaux formats et les informer dans leurs codes", ajoute Axelle Pollet. L'année dernière, la RTBF s'est en effet réinventée pour proposer une offre davantage créative et digitale sur ses différentes plateformes. "En 2020, une personne sur deux en Fédération Wallonie- Bruxelles a été en contact avec les médias digitaux de la RTBF, conclut sa porte- parole. Au total, ce sont donc 2,2 millions d'internautes qui ont consulté chaque mois les sites, les players ou les applications de la RTBF. Ce qui fait d'elle le premier média digital francophone du pays."